FRANKENHOOKER
Titre: Frankenhooker
Réalisateur: Frank Henenlotter
Interprètes: James Lorinz

 

Patty Mullen
Joanne Ritchie
C.K. Steefel
J.J. Clark
Helmar Augustus Cooper
Louise Lasser
Année: 1990
Genre: Horreur / Comédie
Pays: USA
Editeur Carlotta (Blu ray)
Critique:

Entre deux BASKET CASE destinés à rassurer les investisseurs, Frank Henenlotter emballe sa propre version du mythe de Frankenstein revisité par le bon mauvais goût qui le caractérise. L’intrigue, volontiers référentielle et proche de la parodie, concerne un jeune homme, Jeffrey, passionné d’expériences médicales. Lorsque sa fiancée Elizabeth décède dans un accident de tondeuse à gazon il décide de la récréer après lui avoir confectionné un corps parfait à partir des cadavres d’une dizaines de prostituées.

Transposant le célèbre roman dans l’univers habituel du cinéaste, à savoir un Time Square crasseux où des prostituées défoncées au crack voisinent avec tout un petit monde interlope paressant dans des bars lépreux, FRANKENHOOKER amuse mais ne tient pas toujours la distance. Comme dans ses précédents films, Henenlotter développe une véritable affection pour ses personnages de marginaux peu gâtés par l’existence mais le film demeure souvent trop classique pour convaincre totalement.

Quelque peu répétitif, surtout dans un deuxième acte (après le retour à la vie de la « fiancée » campée par une Patty Mulen fraichement élue « Penthouse pet of the month ») qui ne semble aller nulle part, le long métrage comporte cependant quelques séquences mémorables dont celle, bien connue et appréciée, des « putes explosives ».

Toutefois, le film reste relativement sage au niveau de l’horreur et de la nudité, le cinéaste se focalisant surtout sur l’humour pour proposer une parodie relativement amusante et divertissante. Les défauts coutumiers du cinéaste (qui, pour certains, sont également des qualités) sont à nouveau bien présents avec des comédiens pas toujours très convaincants, des effets spéciaux bricolés (plutôt charmant y compris dans leur maladresse), un rythme quelque peu défaillant et une approche « à l’arrache » de la mise en scène qui aboutit à une oeuvrette brute de décoffrage très estimable pour laquelle on éprouve inévitablement, si on aime l’horreur de série B », une certaine tendresse. Plaisant.

Fred Pizzoferrato - Septembre 2016