VENDREDI 13 - CHAPITRE 2: LE TUEUR DU VENDREDI
Titre: Friday The 13th - Part 2
Réalisateur: Steve Miner
Interprètes: Amy Steel

 

John Furey
Adrienne King
Kirsten Baker
Walt Gorney
Warrington Gillette
 
Année: 1981
Genre: Horreur / Slasher / Gore
Pays: USA
Editeur  
Critique:

VENDREDI 13, malgré des qualités objectivement réduites, fut un énorme succès, aussi imprévisible que partiellement immérité. Une séquelle devait fatalement suivre et c'est Steve Miner qui s'y colla, lançant la véritable frénésie de slashers qui devait déferler sur les écrans durant la première moitié des années 80. HALLOWEEN 2, MEURTRES A LA SAINT VALENTIN, HAPPY BIRTHDAY TO ME, SLUMBER PARTY MASSACRE,…ne furent que les premiers à s'engouffrer à la suite du succès de Jason, réitérant une recette déjà bien apprise.

Que dire, donc, de cette première suite, surtout avec le recul ? Et bien, disons: bof, bof et re-bof! Mais l'ensemble n'est pas désagréable pour autant. Avec cet épisode, la plupart des caractéristiques de la saga sont maintenant en place, même si Jason Voorhees ne possède pas encore son célèbre masque de hockey. Il est déjà, en revanche, ce croque-mitaine invincible et pratiquement immortel, largement inspiré du maniaque Michael Meyers des HALLOWEEN.

La seule survivante du massacre de Crystal Lake, Alice (Adrienne King), tente de remonter la pente dans une grande maison isolée, en dépit de ses problèmes nerveux, lorsqu'un inconnu surgit et lui plante un pic à glace dans le crâne. Exit Alice! Générique! Présentation des nouveaux personnages. Parmi eux se trouvent Jeff, sa copine Sandra, le rigolo de service Ted. Les apprentis moniteurs investissent donc le camp de vacances maudit de Crystal Lake. Très vite nous découvrons encore Terri (la très sexy mini-shortée et bien décolletée Kirsten Baker), la nympho Vicky, Mark - l'inévitable type dans un fauteuil roulant (souvenez-vous de MASSACRE A LA TRONCONNEUSE: ils ne font pas long feu!), le macho Scott, le grand chef Paul et sa copine Ginny, la plus intelligente et la plus prude du lot, les fans de slashers ont donc déjà compris qu'elle sera la seule survivante une heure et vingt minutes plus tard!

Paul leur affirme qu'ils n'ont rien à craindre du prétendu "croque-mitaine", à savoir Jason Voorhees, dont la maman a perdu la tête - au propre comme au figuré - cinq ans plus tôt. Mais qu'il ne faut pas s'approcher de son domaine, sa maudite forêt, car il est toujours vivant. Euh? Toujours vivant le gamin noyé? Ben oui, le scénariste l'a décidé alors on se tait et on continue à regarder le film. Après cette scène au coin du feu conclue par un vigoureux "vous inquiétez pas les gars, tout ça c'est juste une légende", les meurtres commencent puisque Sandra a la mauvaise idée d'aller explorer les ruines de Crystal Lake avec Jeff. Lance plantée dans le corps de deux amants en action et autre coups de couteau plus ou moins variés ponctuent le métrage jusqu'à l'inévitable combat final entre Ginny et Jason. Une dernière séquence plutôt efficace dans son jeu du chat et de la souris, d'autant que Ginny va jusqu'à "incarner" la mère décédée de Jason pour l'impressionner. Un Jason ici moins mécanique que dans les prochains épisodes, plus proche d'une sorte de retardé à mi-chemin entre Leatherface et Michael Meyers que de la machine à tuer sur patte qu'il deviendra définitivement dans le troisième volet.

Ce second chapitre, en fait, s'applique à reproduire les grandes lignes du modèle, dont le scénario tenait déjà sur un ticket de métro. Il veille à ne pas trop changer une recette commercialement porteuse mais se permet néanmoins d'abandonner complètement le côté whodunit de l'original. Ici, aucun mystère concernant l'identité du tueur, annoncée dès le départ, juste un carnage relativement distrayant. Il est intéressant de noter que les slashers suivants se partageront d'ailleurs en deux catégories, les uns imitant VENDREDI 13 premier du nom en offrant un simili mystère inspiré du policier et du giallo, les autres suivant la norme de ce TUEUR DU VENDREDI en jouant la carte du massacre pur.

Steve Miner se contente de donner au public les frissons bons marchés attendus mais se révèle un meilleur technicien que Sean S. Cunningham, réussissant même quelques scènes angoissantes ou efficaces. Au niveau des effets gore, destinés à amuser les adolescents, Carl Fullerton prend la relève de Tom Savini et livre une série de plans sanglants hélas charcutés par la censure. Dommage! Il ne s'agit pas du pire slashers sortit à la même époque mais nous sommes loin d'un bon film.

Le principal problème réside d'ailleurs dans l'impossible continuité entre les épisodes 1 et 2, le premier présentant une mère devenue folle suite à la noyade accidentelle de son fils, le second prétendant que ce même fils est toujours vivant et qu'il a la trentaine.

Si le bilan n'est pas très positif, VENDREDI 13 - LE TUEUR DU VENDREDI, reste toutefois un honnête slasher qui sa laisse voir d'un œil distrait.
Sans plus!

 

Fred Pizzoferrato - Février 2007