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Critique: |
Après le succès d'HALLOWEEN, le slasher devint une valeur sûre du cinéma d'épouvante et suscita rapidement l'enthousiasme des copistes avec des titres comme LE MONSTRE DU TRAIN, THE DAY AFTER HALLOWEEN, TOOLBOX MURDERS, etc. Néanmoins, ce sera VENDREDI 13 qui, en 1980, définira réellement le genre au point qu'il se vit à son tour plagier à tour de bras.
Le film a coûté environ trois cent milles dollars. Il va en rapporter près de 70 millions, soit environ 200 fois sa mise initiale. Du jamais vu. Aussitôt les copies défilent, jusqu' à la saturation. Combien font encore illusion aujourd'hui? Pas plus d'une demi-douzaine, et encore. Citons CARNAGE, THE MUTILATOR, SLEEPAWAY CAMP, BODY COUNT ou CAUCHEMARS A DAYTONA BEACH, parmi une masse immense. Les quelques métrages précités sont les arbres qui cachent la forêt dans une production comptant plus de cent titres, la plupart sorti entre 1980 et 1984. L'intrigue de VENDREDI 13 est simple à souhait. En 1958, deux moniteurs du camp de vacances de Crystal Lake s'éloignent pour un gros calin, rapidement interrompu par quelques coups de couteau sanguinaires. Le camp est ensuite fermé mais, une vingtaine d'années plus tard, quelques personnes décident de se réouverture. A son postulat proche d'HALLOWEEN, le métrage ajoute donc une petite touche du BAIE SANGLANTE de Mario Bava et se permet également une révélation finale, invraisemblable, typique des thrillers italiens. Si la construction de l'intrigue et le final lorgnent avec insistance sur l'oeuvre de John Carpenter, le résultat n'atteint pas - loin s'en faut - la même qualité. Pour l'ultime séquence - celle d'un Jason ressuscité venant prendre sa revanche sur la dernière survivante - Cunningham ne se prive pas d'utiliser un procédé popularisé, bien plus efficacement, par CARRIE, à savoir le coup du cauchemar pouvant devenir réalité, et vice et versa.
La musique d'Harry Manfredini - stressante, énervante ou insupportable selon les sensibilités de chacun, contribue également au climat angoissant entretenu vaille que vaille par Sean Cunningham même si l'attraction principale réside dans les effets signés Tom Savini et les jeunes demoiselles tombant le haut à intervalles réguliers. Ce n'est pas grand-chose mais, au moins, il n'y a ni tromperie sur la marchandise ni volonté d'intellectualisation: juste l'envie de montrer des filles dénudées brutalement assassinées. Pour information, VENDREDI 13 fut également le premier gore distribué par une Major Company, à savoir la Warner, ouvrant la porte à une plus grande permissivité dans le domaine de l'horreur cinématographique. Son importance historique est donc indéniable même si son intérêt intrinsèque s'avère finalement limité. L'ensemble n'est donc pas aussi mauvais que certains l'ont prétendu mais il ne peut pas, non plus, prétendre au statut de classique. |
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Fred Pizzoferrato - Février 2007 |
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