FURY OF THE WOLFMAN
Titre: La furia del Hombre Lobo
Réalisateur: José María Zabalza
Interprètes: Paul Naschy

 

Perla Cristal
Mark Stevens
Verónica Luján
Miguel de la Riva
Pilar Zorrilla
José Marco
Année: 1972
Genre: Fantastique / Horreur
Pays: Espagne
Editeur  
Critique:

Troisième épisode de la saga El Hombre Lobo (ou quatrième, l’existence effective de LES NUITS DU LOUP GAROU reste sujette à caution), FURY OF THE WOLFMAN propose une intrigue peu originale dans la lignée de nombreuses productions antérieures consacrées à la lycanthropie mais qui s’avère suffisamment déjantée pour susciter l’intérêt.

Waldemar Daninsky est, dans cet épisode, un professeur d’université de retour d’une périlleuse expédition dans les montagnes tibétaines. Il en est le seul survivant et, depuis, souffre de cauchemars récurrents dans lesquels il se voit attaqué par une créature inconnue. Son épouse, Erika, s’inquiète de son comportement et entretient parallèlement une liaison avec un de ses étudiants. En réalité, Waldemar a été mordu par un Yéti et a contracté le virus de la lycanthropie. Après avoir tué son épouse, l’enseignant s’enfuit et décède dans un accident. Une de ses collègues, la doctoresse Ilona Ehrmann, déterre par la suite son cadavre qu’elle ressuscite, pliant la volonté du défunt à ses désirs. Le pauvre Waldemar devient l’un des nombreux sujets d’expérience de la scientifique folle qui ramène également à la vie Erika, elle-même à présent atteinte de lycanthropie. Les deux anciens amants, transformés en loup-garou, s’affrontent sous le regard d’une jeune étudiante, Karen, tombée amoureuse de Daninsky.

Peu apprécié par Paul Naschy, qui le considérait comme le pire film auquel il avait participé, rejetant le blâme sur l’incompétence du réalisateur, FURY OF THE WOLFMAN manque en effet de cohérence et l’intrigue parait brouillonne, les trop nombreuses lignes narratives aboutissant à un résultat confus et rarement passionnant. Le montage, trop haché, aboutit également à des incohérences, le film passant de la vision de Daninsky, enchainé et fouetté par son ennemie, à la croisade meurtrière du loup-garou.

Cependant, tout n’est pas négatif pour autant : quelques scènes fonctionnent plaisamment, la bande originale (qui mélange compositions d’inspiration classique et titre lounge) possède le charme des musiques de film des années ’70 et le scénario, certes maladroit, rassemble néanmoins suffisamment d’ingrédients (savant fou, loup-garou, mort-vivant, contrôle mental,…) pour contenter les amateurs d’un fantastique nostalgique.

Le climax, délirant, voit Paul Naschy combattre son ex épouse, revenue d’entre les morts et également transformée en loup (louve ?) garou. Une idée farfelue mais sympathique qui semble issue d’une bande dessinée horrifique d’antan et une conclusion positive pour un film imparfait mais divertissant. Un soupçon d’érotisme et de sadisme, une pincée de violence, une bonne rasade de romantisme tragique (comme toujours, le loup-garou ne peut mourir que des mains d’une femme aimante) compensent les faiblesses d’un long-métrage pas franchement réussi mais rarement ennuyeux.

 

Fred Pizzoferrato - Mai 2016