FUTURE KICK
Titre: Future Kick
Réalisateur: Damian Klaus
Interprètes: Don 'The Dragon' Wilson

 

Meg Foster
Chris Penn
Eb Lottimer
Al Ruscio
Jeff Pomerantz
Linda Dona
Année: 1991
Genre: Science-fiction / Action
Pays: USA
Editeur
Critique:

Cet incroyable micmac science-fictionnel, produit avec un budget misérable par Roger Corman en 1991, s’inspire outrageusement de tous les classiques SF de la décennie antérieure. Les références sont donc nombreuses mais concernent essentiellement TERMINATOR, BLADE RUNNER, ROBOCOP et TOTAL RECALL, sans oublier le très bis CYBORG de Van Damme, ici totalement pillés au sein d’un univers cyberpunk alors populaire, notamment via les romans de William Gibson. La scène de combat entre deux adversaires par jeu vidéo interposé de JAMAIS PLUS JAMAIS se voit, elle-aussi, décalquée à pas moins de deux reprises.

En l’an 2025, la Terre, polluée et dévastée, est laissée à l’abandon aux mains des multinationales toutes puissantes (refrain connu) et les nantis se sont réfugiés sur la Lune. Même les Cybérons, des androïdes redoutables conçus par les corporations afin de maintenir l’ordre, se sont rebellés en constatant la corruption de leurs créateurs. La plupart ont été détruits mais Walker (Wilson) demeure actif en tant que chasseur de primes. Un spécialiste de la réalité virtuelle, Howard Morgan, entre ensuite en possession d’une disquette (tout à fait ! Une disquette !) qui incrimine les dirigeants dans un trafic d’organes. Après son assassinat, sa veuve demande la protection de Walker… Dirigé par Damian Klaus, dont ce fut heureusement l’unique méfait pour le Septième Art, FUTURE KICK donne la vedette à la star maison de la Concorde, le kickboxer multi-primé Don The Dragon Wilson. Ce-dernier, révélé par les deux premiers BLOODFIST également produits par Corman, lève donc joyeusement la jambe durant quelques bastons mollement chorégraphiées placées à intervalles réguliers afin de réveiller un spectateur assoupi. Qu’il soit un cyborg (ou un androïde ou un cybéron peu importe) ne change guère la donne, l’essentiel étant de pouvoir l’admirer lorsqu’il frappe ses adversaires à coups de pieds ou de poings. Aux côtés du Dragon, nous retrouvons une apathique Meg Foster, vue dans la super production foireuse LES MAITRES DE L’UNIVERS mais également dans l’INVASION LOS ANGELES de John Carpenter et, bien plus tard, dans l’excellent LORDS OF SALEM. Complètement déphasée, Foster traverse l’intrigue l’œil hagard tandis que Chris Penn (le frère aujourd’hui décédé de Sean, vu dans les BEST OF THE BEST) joue les utilités sans beaucoup de conviction. Pour ses effets spéciaux, FUTURE KICK puise dans les productions antérieures de Corman, essentiellement LA GALAXIE DE LA TERREUR et MUTANT FORBIDDEN WORLD dont les plans « spaciaux » se voient repiqués et tranchent, par leur soin évident, avec le reste du métrage. 

Le plus drôle réside dans le flashback explicatif, situé à la 55ème minute, au cours duquel Don The Dragon Wilson nous résume tout ce qu’on savait déjà, le tout entrecoupé de stock-shots commentés avec emphase (« il y a eu une gigantesque bataille spatiale avec des combats hallucinants ») alors qu’à l’écran deux maquettes se poursuivent. Hilarant au second degré. On note aussi des emprunts à CRIMEZONE et même le slasher STRIPPED TO KILL 2, jadis incontournable dans les vidéoclubs, voit ses numéros de danse « sexy » recyclés lors de nombreux passages astucieusement situés dans des boites de nuit. Comme quoi il n’y a pas de petit profit. Ces passages de nudité (les qualifier d’érotique serait mensonger) surgissent régulièrement mais en particulier durant les séquences dialoguées, lesquelles sont sans intérêt et répétitives (des éléments de l’intrigue, pourtant simplistes, sont rabâchés à deux ou trois reprises). 

Vu la pauvreté du matériel scénaristique à sa disposition, Damian Klaus devait penser (avec raison !) que l’unique façon de maintenir l’intérêt défaillant du spectateur résidait dans des numéros de striptease. D’où un décalage déjanté (ou affligeant) entre les prétentions « sérieuses » d’une intrigue science-fictionnelle dépressive et la surabondance de nudité féminine gratuite. Les poitrines siliconées exhibées par ces demoiselles constituent cependant un des rares éléments permettant de terminer ce piteux long-métrage sans s’assoupir. 

En dépit d’une durée réduite à 75 minutes, FUTURE KICK ennuie et ce n’est certes pas le magnifique « twist ending » (façon foutage de gueule) qui va sauver de l’oubli cette hasardeuse entreprise. Nous ne le révélerons pas, ce serait du gâchis (d’autant que pratiquement toutes les chroniques disponibles ne s’en sont pas gênés), mais il vaut son pesant de cacahouètes et louche effrontément sur la copie du voisin (indices ? Schwarzenegger et la planète Mars). Bref FUTURE KICK atteint un nouveau palier dans la médiocrité et sonde les bas-fonds fangeux du cinéma d’action de série Z mais, pour toutes ces (mauvaises) raisons, il est possible d’y prendre un certain plaisir pervers. Du lourd pour une production qui mérite le qualificatif trop galvaudé de « so bad it’s good » !

Fred Pizzoferrato - Décembre 2016