GARTER COLT

Titre: Giarrettiera Colt
Réalisateur: Gian Rocco
Interprètes: Nicoletta Machiavelli

 

Claudio Camaso
Walter Barnes
Marisa Solinas
Gaspare Zola
Elvira Cortese
Franco Bucceri
Année: 1968
Genre: Western
Pays: Italie
Editeur
Critique:
Tourné en Sardaigne en pleine folie du western à l’italienne, GARTER COLT parait complètement bizarre, les scènes étranges se succédant sans véritable volonté de les lier. D’où l’impression d’assister à une œuvrette erratique constituée de séquences non connectées, véritable agglomérat de saynètes alternativement sérieuses et humoristiques, brutales et légères.

Deux officiers français, Carlos et Jean, se retrouvent, en 1867, en pleine guerre au Mexique. Ils prennent une diligence et se rencontrent une magnifique demoiselle, Lulu, grande spécialiste de la gâchette qui trimballe un Colt dans sa jarretière. Ils se heurtent également à un bandit complètement cinglé, Red, et un Général révolutionnaire qui trafique des armes. Difficile d’estimer si ce long-métrage obscur est sérieux, volontairement parodique ou simplement involontairement drôle. Les scènes insolites sont donc légions sans que l’on comprenne vraiment les raisons de toute cette bizarrerie plus ou moins assumée. Ainsi quelques cow-boys s’emparent d’un Mexicain et décident de le pendre. Lorsqu’il demande pourquoi, les cow-boys lui répondent « vous les Mexicains vous faites toujours la révolution », à quoi le pauvre homme proteste « mais il s’agit de la première fois ! ». L’héroïne intervient alors et dégaine son Colt (caché, comme le titre l’indique, dans sa jarretière) mais c’est un autre type qui est pendu…un général mexicain débarque alors tandis qu’une prostituée obèse récupère la corde pour la vendre en guise de porte-bonheur.



On note aussi que l’héroïne, Lulu, se promène en compagnie d’un bébé dans son landau qui se révèle être un nain adepte du pistolet joué par Arnaldo Fabrizio, familier des péplums de l’époque. Lulu utilise la personne de petite taille comme espion afin de gagner au poker (il regarde les mains de ses adversaires et renseigne la belle) tandis qu’un officier français préfère se servir, lui, d’un perroquet dressé. D’ailleurs, au cours d’une fusillade, le perroquet, coincé entre deux, feux affirme « je suis neutre ! ».

Les acteurs paraissent, pour leur part, en roue libre. Claudio Camaso, alias Claudio Volonte (le frère de Gian Maria) incarne un révolutionnaire totalement fou et livre une performance assez déjantée. Le comédien connaitra une fin tragique quelques années plus tard puisqu’il se rendra coupable d’un meurtre avant de se suicider durant sa détention. Superbement mise en valeur, la belle Nicoletta Machiavelli traverse l’aventure vêtue d’un décolleté incroyablement plongeant et son six-coups, dont elle use avec une précision surnaturelle, glissé dans sa jarretière.



Le corps de Machiavelli constitue l’attraction principale du film, lequel se veut sexy avec une petite dose de nudité assez étonnante pour le genre et l’époque. D’ailleurs les filles sont toutes jolies mais pas forcément traitées avec égard : trainées avec brutalité, agressées, violées,… Le cinéaste veut peut-être dire quelque chose mais tout cela reste confus et brouillon. Pourtant, en dépit d’un scénario peu passionnant, le film n’est pas bâclé, au contraire : on sent une vraie recherche dans les plans, la mise en scène, la photographie.



Nous sommes loin du western italien bas de gamme mais tout cela ne parvient pas à passionner, c’est même plutôt ennuyeux, voire pénible. Atypique et original, GARTER COLT l’est très certainement mais il est également raté.

Une vraie curiosité, réservée aux plus aventureux défricheurs du bis italien, car arriver au bout du visionnage relève de la gageure. Certains pourront aimer, la majorité détestera, autant le savoir avant de commencer le visionnage.

Fred Pizzoferrato - Mai 2017