LE GEANT DE LA VALLEE DES ROIS

Titre: Maciste nella valle dei Re
Réalisateur: Carlo Campogalliani
Interprètes: Mark Forest

 

Chelo Alonso
Vira Silenti
Angelo Zanolli
Federica Ranchi
Carlo Tamberlani
Zvonimir Rogoz
Année: 1960
Genre: Péplum
Pays: Italie  / France / Yougoslavie
Editeur
Critique:
Surnom donné à Hercule selon certains spécialistes de la mythologie, Maciste devient un personnage indépendant en apparaissant pour la première fois dans CABIRIA en 1914. Devenu très populaire, cet archétype du redresseur de torts antique s’impose comme le plus authentique héros italien en apparaissant dans de nombreux films avant de connaitre sa traversée du désert après la fin du muet. Vu le succès des péplums mythologiques au début des sixties, l’Italie relance le valeureux guerrier avec ce GEANT DE LA VALLEE DES ROIS réalisé par le spécialiste Carlo Campogalliani également réalisateur de LA FUREUR D’HERCULE (alias URSUS) et de LA TERREUR DES BARBARES, sans compter, justement, quelques Maciste des années ‘20. A noter que vu la faible popularité de Maciste hors de l’Italie, le titre français le désigne simplement comme « le Géant » tandis que l’anglais le présente comme le « Son of Samson ».

Comédien devant au péplum sa célébrité (il en tourna une douzaine dont sept « Maciste »), Mark Forrest est donc un vaillant guerrier voyageant dans l’Egypte antique. Il se nomme Maciste ce qui, affirme-t-il, veut dire « celui né du roc ». Comme toujours il s’oppose à une cruelle reine, Smedes, venue de Perse et ayant assassiné son époux, le bienveillant Pharaon Amirtee dévasté par les brutalités commises en son nom. Opposé à l’esclavage et à la tyrannie, Maciste souhaite libérer le pays de l’oppression en compagnie de Kenamum, fils du Pharaon défunt. Hélas, les deux hommes tombent sous la coupe de Smedes et de ses enchantements maléfiques : Kenamum perd la mémoire et Maciste se languit pour les beaux yeux de la souveraine. Mais la révolte continue de gronder…

LE GEANT DE LA VALLEE DES ROIS développe une intrigue des plus classiques, laquelle resservira, à peine modifiée, dans une large partie des « muscle opera » italien des années ’60. Si le long-métrage se veut plus historique et moins porté sur la fantasy que les titres ultérieurs, Maciste, comme toujours, effectue divers exploits qui permettent d’exploiter sa force surhumaine. Il combat un lion, brise un rocher pour trouver de l’eau ou redresse un obélisque menaçant de s’effondrer. Cette dernière séquence est d’ailleurs convaincante et use à bon escient d’un décor de qualité, conférant au film une réelle plus-value. Le rythme est enlevé et le budget suffisant pour rendre crédible la reconstitution de l’Egypte antique, lieu assez peu exploité par le péplum italien et dont le cinéaste tire adroitement partie pour composer de belles images s’appuyant sur le passé antique du pays.


Campogallini recourt également au sadisme à de nombreuses reprises : dès l’entame on aperçoit des prisonniers agonisant enterré vivant dans le sable dont seule la tête dépasse alors que rodent des serpents. Nous avons également droit à diverses tortures et flagellations, des victimes jetées aux crocodiles et de généreuses giclées de sang lors des combats. Une violence surprenante pour un long-métrage de 1960, lequel flirte avec le gore lorsque, par exemple, un homme est tué d’un coup de lance en pleine bouche. L’action se montre donc bien présente et rend l’ensemble divertissant, tout comme la présence toujours appréciable de jeunes demoiselles admirablement mises en valeurs par de somptueux costumes. Autre scène étonnante pour l’époque : en début de film un jeune homme affirme être, en réalité, une jeune femme déguisée et, pour le prouver, ouvre sa chemise et dévoile sa poitrine.

Avec son intrigue classique mais bien menée ponctuée de scènes d’action efficaces et étonnamment violente, LE GEANT DE LA VALLEE DES ROIS s’impose comme un des « Maciste » les plus divertissants. Dommage que les nombreuses séquelles tournées les cinq années suivantes ne se hissèrent que rarement à ce niveau.

Fred Pizzoferrato - Mars 2017