THE GENE GENERATION ( KILLER HACKER)
Titre: The Gene Generation
Réalisateur: Pearry Reginald Teo
Interprètes: Ling Bai

 

Alec Newman
Parry Shen
Ethan Cohn
Faye Dunaway
 
 
Année: 2007
Genre: Science-Fiction
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Production de série Z conçue pour exploiter l’anatomie d’une Bai Ling en short moulant et à la poitrine compressée par un corset de cuir, THE GENE GENERATION ressemble à un film d’un autre temps, à une de ces bisseries idiotes pullulant au début des années 80 alors que les Italiens plagiaient MAD MAX à tour de bras. Dans un monde futuriste, Michelle est une tueuse à gage tentant de protéger son jeune frère Jackie, lequel à la fâcheuse tendance à se plonger régulièrement dans les ennuis. Michelle croise ainsi la route des « pirates de l’ADN », une bande de criminels à qui Jackie doit de l’argent. Sans le vouloir, la belle va se retrouver au cœur d’une véritable guerre des gangs menaçant de transformer la cité en zone de guerre.

Le cinéaste Perry Reginald Teo, âgé d’a peine 30 ans, tente avec THE GENE GENERATION (joli titre d’ailleurs !) d’offrir une œuvre de science-fiction ambitieuse en dépit d’un budget limité et d’un scenario plombé par les références. L’avenir décrit, pour commencer, s’inscrit dans un environnement à la fois technologique et rétro, mêlant des influences cyberpunk (MATRIX en tête mais aussi le sous-estimé EQUILIBRIUM) à d’autres plus orientées vers le design sombre et l’aspect intemporel de BRAZIL (la principale référence revendiquée par le cinéaste) et DARK CITY. Une technologie de pointe voisine donc avec des ordinateurs primitifs ressemblant à des grosses calculatrices antédiluviennes. La cité tentaculaire crasseuse, les personnages tourmentés et le climat emprunté au film noir doivent, pour leur part, beaucoup à BLADE RUNNER et à GHOST IN THE SHELL,. Mais le cinéaste jette encore dans la marmite d’évidentes influences de la littérature des années 80 (William Gibson et consorts en tête), un côté manga ou comic-book appuyé (le film adapte d’ailleurs une bande dessinée peu connue) et affuble la majorité du casting d’accoutrements fétichistes décidément à la mode dans la science-fiction du XXIème siècle.

Les effets spéciaux, eux, tentent de créer un univers cohérent en utilisant un budget misérable et il faut donc beaucoup d’indulgence au spectateur pour accepter cet environnement bâti de bric et de broc. Néanmoins, la bonne volonté du cinéaste transpire souvent et THE GENE GENERATION possède un soupçon de charme, cette représentation d’un avenir dystopique étant soulignée par les compositions efficaces de groupes de metal industriel bruyant à souhait. Le scénario, enfin, se montre assez nébuleux et use de grosses ficelles (la tueuse au grand cœur, le méchant plus grotesque qu’effrayant, l’inévitable romance,…) pour maintenir l’intérêt mais n’y parvient jamais vraiment.

Heureusement, la noirceur de l’intrigue se trouve compensée par une poignée de répliques rappelant les grandes heures de la punchline chère au cinéma d’action des années 80. Citons ainsi ce méchant se plaignant de devoir payer la note d’hospitalisation d’un de ses gardes du corps blessé. Bai Ling lui rétorque un résolu « je m’en occupe » avant de l’achever d’une balle dans la tête, résolvant ainsi cet épineux problème monétaire. L’attraction principale demeure bien sûr Bai Ling, toujours aussi belle sanglée dans un corset très seyant (et moulant) d’où sa poitrine menace perpétuellement de s’échapper. Dommage que la demoiselle s’en sorte nettement plus mal au niveau d’une interprétation peu inspirée mais le maigre développement de son personnage ne lui laissait de toutes manières pas beaucoup de latitude.

Le cinéaste connait heureusement les arguments de vente principaux de la série B (tendance Z quand même) et le courageux spectateur aura droit à quelques plans de nudité et une scène légèrement chaude… il ne sera donc pas venu pour rien ! Par contre la présence de la grande Faye Dunaway dans une production aussi modeste s’avère embarrassante et navrante : quelle dommage qu’une actrice de ce calibre vienne cachetonner ainsi pour une poignée de minutes à l’écran. Fais gaffe Faye, la prochaine étape c’est un direct to vidéo signé Fred Olen Ray ! Ou Uwe Boll ! Perry Reginald Teo tente parfois des idées de mise en scène audacieuses (et souvent ridicules) pour compléter le tableau et lui donner une certaine identité. Malheureusement sans vraiment convaincre, la séquence la plus mémorable (dans le mauvais sens du terme) voyant un méchant passer à travers une vitre se brisant au ralenti. Un grand moment de solitude (comment un plan aussi naze a-t-il survécu au montage) et de laideur visuelle.

Au niveau du spectacle et de l’action, quelques combats câblés plutôt amateurs, de prudents gunfights pas vraiment convaincants inspirés du cinéma hongkongais donnent un minimum de peps à THE GENE GENERATION mais échouent à dynamiser une production décidément trop pauvre par rapport à ses ambitions. THE GENE GENERATION constitue mix indigeste d’influences étrangement distrayant pour quiconque sait apprécier un nanar un poil plus ambitieux que la moyenne.

Raté à tous les niveaux mais sans prétention et donc vaguement sympathique, l’ensemble se suit péniblement mais, parfois, le réalisateur retrouve un peu l’esprit du bis d’antan et décroche au spectateur conciliant un sourire complice. C’est très peu pour convaincre mais il faudra s’en contenter.

Présenté au BIFFF - Festival International du Film Fantastique de Bruxelles - en avril 2009

 

Fred Pizzoferrato - Mai 2009