GHOST RIDER 2: L'ESPRIT DE VENGEANCE
Titre: Ghost Rider: Spirit of Vengeance
Réalisateur: Mark Neveldine & Brian Taylor
Interprètes: Nicolas Cage

 

Violante Placido
Ciarán Hinds
Idris Elba
Johnny Whitworth
Fergus Riordan
Christophe Lambert
Année: 2011
Genre: Action / Fantastique / Super Héros
Pays: USA
Editeur  
Critique:

En dépit de critiques globalement très négatives et d’un budget important de 110 millions de dollars, le premier (et plutôt sympathique) GHOST RIDER se révéla, à terme, rentable puisqu’il termina sa course aux alentours de 230 millions de recettes. Largement suffisant pour envisager la mise sur pied d’une séquelle dans laquelle Nicolas Cage reprend le rôle du motard infernal.

Johnny Blaze voyage en Europe, essayant de contenir en lui le démoniaque Ghost Rider, l’esprit de la vengeance. Un moine, Moreau, le contacte et lui propose de le débarrasser de ce démon en échange de son aide. Moreau cherche, en effet, à sauver un jeune garçon, Danny, qui serait en réalité le fils du diable, prêt à hériter des pouvoirs de son père à l’occasion de son treizième anniversaire. Mais des satanistes tentent, eux aussi, de mettre la main sur Danny et Johnny Blaze devra libérer son enfer personnel pour sauver l’âme du gamin…

GHOST RIDER 2 place aux postes de metteur en scène le dynamique duo de l’action décérébrée, Mark Neveldine et Brian Taylor, coupables de l’apocalyptique diptyque HYPER TENSION avec Jason Statham. Malheureusement, leur œuvre suivante, le piteux ULTIMATE GAME, fut loin de retrouver l’atmosphère de folie furieuse de leur début, une impression que confirme GHOST RIDER 2, bien trop sage en dépit de l’une ou l’autre scène déviante qui en justifient la vision pour les plus pervers.

Avec un budget revu à la baisse et même diminué de moitié en comparaison du premier film, GHOST RIDER 2 fut cependant rentable lui aussi (rapportant, au final, plus de 100 millions de dollars). Converti en 3D et voulu comme une grosse production, l’ensemble s’apparente toutefois à une série B (ou Z) destinée au marché des vidéoclubs. L’essentiel du long-métrage se limite d’ailleurs à des scènes d’action certes potables mais absolument pas mémorables, semblables à celles qui encombrent les DTV. Des explosions prudentes, quelques cascades et des apparitions fréquentes d’un Ghost Rider très peu convaincant (il ressemble à une animation de jeu vidéo) occupent l’essentiel du temps de projection.

Malgré un côté cheap préjudiciable et des effets spéciaux souvent piteux, cette relative générosité rend néanmoins GHOST RIDER potable durant son visionnage même si, dès le lendemain, tous souvenirs en aura disparu. On sauve néanmoins une scène rigolote, typique du duo Neveldine et Taylor, au cours de laquelle le motard fantôme pisse du napalm ! Dommage que le reste de l’entreprise soit, pour sa part, si banale et manque de ce grain de folie pure habituellement associé aux œuvres des cinéastes.

La classification PG 13 imposée n’a pas dû, elle non plus, leur permettre d’exprimer tout leur potentiel et explique l’éloignement du produit fini avec ses origines, à savoir un comic-book nettement plus sombre et violent. Hélas, le scénario trahit, en effet, un pénible gloubi-boulga de clichés pas franchement novateurs qui brodent sur les thèmes de l’enfant maléfique, de la lourde hérédité et des pactes démoniaques. La présence de moines de chocs capables de lutter contre les forces du Mal avec l’aide des technologies modernes constitue une autre convention servie sans beaucoup d’inspiration.

Les quelques idées intéressantes (comme ce suppôt de Satan auquel on offre le pouvoir de putréfier tout ce qu’il touche) restent, elles aussi, inabouties. Du gâchis ! Au rayon du casting, Nicolas Cage saborde complètement ses talents d’acteur pour livrer une performance hallucinante qui sombre rapidement dans un cabotinage éhonté et absurde. Hélas, cela ne suffit même pas à rendre GHOST RIDER 2 réellement divertissant quoique le comédien aille très loin dans le bis gouleyant lorsqu’il essaie de contenir le démon en grimaçant des « je le sens qui gratte à la porte ». Le reste de la distribution verse dans les mêmes outrances, à commencer par le pourtant réputé Idris Elba, totalement à côté de la plaque en moine adepte de bons vins. Dans le rôle du méchant, Ciaran Hinds semble cependant décidé à en remontrer à tout le reste de la distribution en jouant constamment dans le registre du « y en a un peu plus je vous le mets quand même ? ». Les fans de Christophe Lambert guetteront, eux, les quelques secondes de présence de leur idole. Bref, chacun est ici en roue libre et avance, droit dans le mur, à la vitesse d’un cheval au galop. Ou d’une moto privée de frein.

A la fois bien trop « too much » pour prétendre être un bon film et paradoxalement trop réservé et timoré pour satisfaire les adeptes de cornichoneries cinématographiques assumées, GHOST RIDER 2 reste donc une œuvre bâtarde et en grande partie ratée.

Cependant, quelques passages amusants et un rythme soutenu (le tout est expédié en environ 80 minutes) en rendent la vision acceptable pour les inconditionnels de nanars. Mais il faut se contenter de peu pour y trouver le moindre plaisir authentique.

 

Fred Pizzoferrato - Mai 2013