L'OMBRE BLANCHE
Titre: The Glimmer Man
Réalisateur: John Gray
Interprètes: Steven Seagal

 

Keenen Ivory Wayans
Bob Gunton
Brian Cox
John M. Jackson
Michelle Johnson
Stephen Tobolowsky
Année: 1996
Genre: Polar / Action
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Réalisé en 1996, L’OMBRE BLANCHE amorce déjà le déclin de Steven Seagal mais reste un divertissement sympathique qui se suit sans ennui. Si le film hésite un peu trop sur son orientation, entre thriller « sérieux », instants comiques et passages de baston obligatoires destinés à contenter les inconditionnels de la star au catogan, le tout se regarde avec plaisir, bien aidé par une durée adéquatement réduite à 91 minutes.

Dans ce métrage bâtard, Saumon Agile se montre brutal (quoique la violence aille à l’encontre de sa religion nous rappelle-t’il) dans son rôle de Jack Cole, sorte de hippie sur le retour toujours prêt à balancer des considérations philosophico-mystiques tirées du « traité du zen pour les Nuls ».

Ancien agent du gouvernement surnommé « the glimmer man », Cole traque un tueur en série en compagnie de son nouveau partenaire, Jim Campbell et soupçonne l’implication de la mafia russe dans divers meurtres sadiques. En dépit de quelques petites touches intéressantes du scénario, L’OMBRE BLANCHE se conforme à la (bonne) moyenne des films de Seagal durant la première partie de sa carrière, avant l’enfer du direct to vidéo.

Peu de changement à une formule rodée, notamment dans l’interprétation, forcément limitée mais correcte, de Seagal qui se contente ici (comme souvent) d’être simplement…lui-même ou du moins une version fantasmée de lui-même. En reprenant encore et encore ce personnage interchangeable de flic dur à cuir mais brave type, adepte des philosophies orientales et des citations confucéennes (pour ne pas dire confuses), Seagal compense les faiblesses de son jeu et donne le change en dépit de sa légendaire inexpressivité.

A ses côtés, son partenaire, (Keenan Ivory Wayans), joue le Black débonnaire, rigolo mais sensible (il pleure toutes les larmes de son corps devant CASABLANCA). Ces deux héros, très caricaturaux, développent toutefois une bonne alchimie et leur numéro (assoupi pour l’un, cabotin et presque hystérique pour l’autre) reste plaisant pour les nostalgiques du « buddy movie ».

Car le métrage suit clairement cette voie, celle, traditionnelle, des deux flics antagonistes qui se révèlent en réalité copains comme cochons et finissent par botter le cul des méchants durant un dernier acte musclé ne lésinant pas sur les idées stupidement distrayante comme cette carte de banque équipée d’une lame rétractable qu’aurait aimé posséder James Bond.

Si, au niveau action, L’OMBRE BLANCHE se montre plutôt chiche, une scène liminaire efficace (une prise d’otage dans un lycée) et une belle bagarre dans un restaurant, hargneuse à souhait, démontrent les qualités de combattant d’un Saumon Agile pas encore rattrapé par l’âge et l’embonpoint. Quelques poursuites et explosions se chargent, en outre, de réveiller le spectateur et donnent un minimum d’ampleur à ce projet au budget confortable de près de 45 millions de dollars. Dix ans plus tard, une telle somme permettra le tournage d’une dizaine de productions miteuses avec un Seagal ventripotent. Triste évolution!

Dans l’ensemble, L’OMBRE BLANCHE demeure un Seagal tout à fait sympathique pour ses admirateurs. Les autres s’abstiendront et se reporteront sur PIEGE EN HAUTE MER.

 

Fred Pizzoferrato - Octobre 2014