GODZILLA's REVENGE: ALL MONSTERS ATTACK!
Titre: Gojira-Minira-Gabara: Oru kaijû daishingeki
Réalisateur: Ishirô Honda
Interprètes: Tomonori Yazaki

 

Hideyo Amamoto
Sachio Sakai
Kazuo Suzuki
Kenji Sahara
Machiko Naka
Shigeki Ishida
Année: 1969
Genre: Kaiju Eiga / Science Fiction / Film familial
Pays: Japon
Editeur  
Critique:

Après l’excellent LES ENVAHISSEURS ATTAQUENT, le dixième épisode de l’interminable saga Godzilla verse totalement dans l’infantilisme le plus niais en centrant entièrement l’intrigue sur un insupportable gamin. Ce dernier, nommé Ichiro, est un petit garçon vivant paisiblement chez ses parents et dont le principal souci réside dans un sale gosse de son âge, nommé Gabera, et sa bande de petites frappes pré-pubères. Bref Ichiro se voit poursuivi et ennuyé sur le chemin entre l’école et la maison par les méchants avant de se réfugier dans un magasin de jouet local tenu par un adulte sympathique mais un peu déjanté nommé Shinpei Inami. Le bonhomme a inventé un petit ordinateur dont il semble très fier et avec lequel va s’amuser Ichiro pour échapper à la triste réalité. Ensuite, le gamin s’imagine transporter sur Monster Island où il va vivre diverses aventures en compagnie de Godzilla et ses amis.

L’essentiel du métrage se déroule donc dans l’imagination de ce pénible gamin, une manière aisée d’économiser sur le budget puisque le réalisateur Ishiro Honda va simplement reprendre les principales séquences d’action de divers épisodes précédents. Les combats des tout récents (à l’époque) EBIRAH CONTRE GODZILLA et du FILS DE GODZILLA sont les plus pillés afin de proposer au public une dose de baston entre le Roi des Monstres et ses principaux adversaires, comme Angiras, Gorosaurus, la mante religieuse Kamakira ou l’araignée géante Kumonga.

Entre ces séquences d’archives, le chenapan discute avec Minya, le fils de Godzilla, car oui, le monstre, tel Casimir, parle ! GODZILLA’s REVENGE plonge dès lors dans les tréfonds de la stupidité la plus crasse et transforme le métrage en un ersatz des épisodes les plus puérils de la torture volante Gamera. Sur Monster Island, Ichiro découvre que Minya, lui aussi, connaît des difficultés et se voit maltraité par le monstre Gabera (non ? Si !). Heureusement, Minya peut compter sur son papa, lequel lui apprend consciencieusement à maîtriser son feu nucléaire afin de se défendre. Minya et Godzilla finiront par neutraliser le monstre Gabera alors que, dans le monde réel, le petit garçon devient la cible de deux voleurs de banque dont il a accidentellement découvert l’identité. Son expérience sur Monster Island lui aura toutefois servi et lui permettra de faire triompher la justice…c’est beau !

A condition de l’envisager comme un conte de fées soucieux d’offrir un message positif à son jeune public, GODZILLA’s REVENGE pourra peut-être intéresser les moins de 6 ans, audience à laquelle il semble exclusivement destiné. Pour les adultes appréciant les combats de monstres géants, les destructions massives et les scénarios science-fictionnels délirants, le métrage apparaîtra par contre insipide et ennuyeux.

En dépit d’une durée réduite (à peine 70 minutes !), GODZILLA’s REVENGE devrait plonger dans la perplexité, voire la consternation, tout individu normalement constitué et ce ne sont pas les pénibles performances des acteurs ou l’insupportable musique qui arrangeront la situation, loin de là !

Prévisible et raté, le métrage délivre simplement son petit message aux gamins fans de kaiju et leur offre l’un ou l’autre combats issus des archives de la saga afin d’atteindre péniblement le temps de projection réglementaire.

D’une médiocrité abyssale, GODZILLA’s REVENGE constitue probablement le pire épisode de la saga, celui où l’infantilisme et la bêtise atteignent un niveau critique et en rendent la vision insupportable, y compris pour les plus fidèles admirateurs du Big G. Même les pathétiques épisodes réalisés par Jun Fukuda dans les années ’70 se révèlent, à tout prendre, plus divertissants que cette entreprise lamentable. Les seules séquences un tant soit peu intéressantes (les duels de monstres) provenant de films antérieurs, GODZILLA’s REVENGE s’avère non seulement nul mais en outre malhonnête et antipathique.

Bref, l’épisode à oublier…

 

Fred Pizzoferrato - Août 2016