LE GORILLE
Titre: The Gorilla
Réalisateur: Allan Dwan
Interprètes: Al Ritz

 

Harry Ritz
Jimmy Ritz
Lionel Atwill
Bela Lugosi
Wally Vernon
Patsy Kelly
Année: 1939
Genre: Policier / Comédie / Epouvante
Pays: USA
Editeur Bach Films
2/6
Critique:

La première version de cette pièce écrite par Ralph Spence fut filmée en 1927 par Alfred Santell avec Walter Pidgeon dans le rôle du tueur costumé. Trois ans plus tard, Bryan Foy en livre un remake sonore, reprenant Walter Pidgeon mais offrant à celui-ci le rôle du héros à la poursuite du criminel déguisé en singe.

Plusieurs pièces de théâtre à succès (The Bat, The Cat And The Canary) se lancèrent durant les années 20 dans la parodie des films d'épouvante alors en vogue, avant de se voir elles-mêmes adaptées pour l'écran. La troisième et dernière version à ce jour de ce GORILLE est apparemment la seule encore visible aujourd'hui. Elle donne l'occasion aux Ritz Brothers de démontrer leur totale absence de talent comique, dans une veine proche sans doute des Deux Nigauds (Abbot & Costello) ou des Three Stooges.

Les duos (ou trios) comiques ont pullulés aux Etats-Unis durant les années 30 et 40, avant de disparaître définitivement afin de faire mentir le slogan "c'était mieux avant". Car l'humour des Ritz Brothers se révèle franchement pénible. Mais ces gags lourdingues ne constituent pas, loin de là, le seul grief à l'encontre du film.

Le scénario, tout d'abord, joue la carte du "murder mystery" à l'ancienne, avec toutes les portes dissimulées et autres passages secrets que le genre implique. Tout commence lorsque Kitty (Patsy Kelly) voit sa fenêtre brisée par une pierre à laquelle est attachée une lettre de menace. Celle-ci est adressée à son patron, Walter Stevens (Lionel Atwill), condamné à mort par le redoutable Gorille, un tueur professionnel. Notre Gorille a déjà assassiné cinq personnes pour leur argent, rendant la police impuissante en expédiant de nombreuses intimidations, non seulement à sa véritable cible mais également à d'autres personnes. Mais, avec l'arrivée de la nièce de Stevens, accompagnée de son fiancée Jack, la liste des suspects et des victimes potentiels s'accroit. Walter Stevens décide courageusement de ne pas appeler la police mais de faire appel à trois détectives qui auront la lourde tache de stopper le tueur déguisé en singe. Les détectives sont donc Mulligan, Harrigan et Garrity, interpréta par Al, Harry et Jimmy Ritz. Ce sont des crétins peureux bien décidés à divertir le spectateur par une série de pitreries absolument affligeantes, entre les traditionnels quiproquos, portes qui claquent, disparitions mystérieuses et autres gags balourds.

Le film suit donc son cours, en privilégiant largement l'aspect humoristique (ou supposé!) au détriment de l'angoisse ou même de l'intrigue policière. Dans les cinq dernières minutes, tout sera résolu par hasard et le calvaire du spectateur prendra fin. Car, si ce genre d'humour slapstick pouvait probablement fonctionner dans les années 30, il a, aujourd'hui, pris un sacré coup de vieux.

Les Ritz Brothers s'avèrent complètement insupportables et leur jeu semble souvent outrancier: comme Sammy dans un épisode de Scooby-Doo, les trois frères passent leur temps à hurler de terreur et à lancer des répliques idiotes. Seuls Lionel Atwill et Bela Lugosi parviennent à donner un peu d'intérêt à cette pantalonnade insipide, laquelle ne dure heureusement que 67 minutes. Ce qui est déjà beaucoup trop!

LE GORILLE est donc strictement réservé aux fans de l'humour burlesque et lourdingue de l'entre-deux guerres. Si il y en a!

 

octobre 2006