GRADUATION DAY
Titre: Graduation Day
Réalisateur: Herb Freed
Interprètes: Christopher George

 

Patch Mackenzie
Michael Pataki
Linnea Quigley
Vanna White
Carmen Argenziano
 
Année: 1981
Genre: Slasher
Pays: USA
Editeur
Critique:

Petit budget hâtivement concocté pour ramasser les miettes des succès de VENDREDI 13, HALLOWEEN et autre BAL DE L’HORREUR, le quatrième long-métrage d’Herb Freed (coupable, l’année précédente du peu apprécié LES FORCES DE L’AU-DELA) propose une intrigue extrêmement basique et à l’intérêt limité qui se contente de décalquer la majorité des slashers antérieurement sortis.

Dans une université américaine, peu avant la remise des diplômes, une jeune étudiante, Laura, meurt d’épuisement lors d’un entrainement à la course après avoir été houspillée par son coach pour se démener davantage. Peu après, une autre sportive, Paula, est assassinée dans les bois. Une ancienne « Marines », Anne, sœur de Laura, revient mener l’enquête tandis que les meurtres d’étudiants se multiplient.

Comme nombre de slashers de son époque, GRADUATION DAY bénéficie aujourd’hui d’une certaine patine qui le rend, paradoxalement, plus plaisant qu’à sa sortie. Cependant, ses nombreux défauts restent patents. La principale protagoniste, présentée comme une dure à cuire de l’armée (elle repousse sans douceurs les assauts d’un routier à la main leste durant la première bobine), apparait ainsi complètement effacée : absente d’une bonne partie du métrage, elle revient jouer son rôle de « final girl » lors du climax. Ce-dernier, d’ailleurs, peine à convaincre et s’apparente surtout à une pièce rapportée qui tente, maladroitement, de développer une ambiance poisseuse aux lisières du fantastique dans l’esprit de PSYCHOSE ou MANIAC.

En guise de plus-value, quelques comédiens « typés » fréquentent le film, notamment un Christophe George (1931 – 1983) en fin de carrière reconverti dans le slasher peu avant son décès (MORTUARY, SADIQUE A LA TRONCONNEUSE). Michael Pataki (AIRPORT 77, ROCKY IV) s’octroie pour sa part un rôle secondaire aux côtés de Vanna White (future présentatrice de La Roue de la fortune version USA) et de la scream-queen Linnea Quigley. Cette dernière bénéficie du moment le plus mémorable du long-métrage : une longue scène durant laquelle sa poursuite (seins nus bien sûr !) par le tueur est ponctuée des braillements d’un groupe de rock / glam de seconde zone, Felony. Ces derniers (que l’on retrouvera dans la bande originale de JASON LE MORT VIVANT) interprètent leur fameux « Gangsters of Rock » de près de sept minutes au milieu d’une piste de roller transformée en discothèque. Un bon moyen pour Herb Freed de « capter l’air du temps » et, surtout, de tirer à la ligne afin d’atteindre la durée réglementaire !

GRADUATION DAY utilise également le principe du whodunit, ensuite abandonné par de nombreux slashers, ce qui permet de garder un tant soit peu l’attention du spectateur jusqu’à la révélation finale. Si l’identité et les motivations du meurtriers sont assez prévisibles on a vu pire (et moins crédible) quoique les tentatives d’impliquer le coach (joué par Christopher George) s’avèrent maladroites et échouent à susciter le doute sur le véritable coupable, rapidement évident.

Les passages gore, pour leur part, restent modérés mais développent une relative originalité : corps transpercé par des pointes acérées après un saut en hauteur qui tourne mal, coups de fleuret mortel, etc. Les habituelles gorges tranchées et autres décapitations sont, elles-aussi, de la partie et les clichés coutumiers ressurgissent régulièrement, entre autre cette manie de supprimer systématiquement tous les étudiants surpris en train de se peloter ou de fumer. Rien de neuf sous le soleil !

Commercialement, GRADUATION DAY fut un succès, générant près 24 millions de dollars (soit cent fois sa mise initiale estimée à 250 000 dollars…quoique d’autres sources parlent d’un plus modeste 1900 000 dollars de recettes) et bénéficia, au fil des années, d’un statut vaguement culte qui lui valut une distribution par Troma puis une sortie en blu-ray auprès d’autres « classiques » du slasher.

Loin d’un incontournable, GRADUATION DAY se révèle un poil supérieur à sa catastrophique réputation (beaucoup le considèrent comme un des pires slashers jamais tournés !) et procure au final un aimable divertissement pour les nostalgiques indulgents. Bref, un titre anecdotique et noyé dans la masse qui se regarde pourtant sans déplaisir et atteint au final la moyenne. Ce n’est déjà pas si mal.

Fred Pizzoferrato - Mars 2015