LA REVANCHE DU FRELON VERT
Titre: Fury of the dragon - Green Hornet 2
Réalisateur: William Beaudine / Robert L. Friend / Seymour Robbie
Interprètes: Van Williams

 

Bruce Lee
Walter Brooke
 
 
 
 
Année: 1976 [série originale: 1966]
Genre: Aventures / Science-fiction / Policier
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Deux ans après la sortie d’un premier long-métrage « compilation » regroupant quatre épisodes légèrement écourtés et remontés de la série télévisée « Le Frelon Vert », de rusés producteurs tentent d’exploiter encore davantage la popularité grandissante du regretté Bruce Lee. La série télévisée comptant vingt-six épisodes, proposer un second digest ne pose pas de problèmes insurmontables et LA REVANCHE DU FRELON VERT débarque donc sur les écrans en 1976 (sous le titre original de FURY OF THE DRAGON) agrémenté d’un nouveau générique typiquement seventies mettant au premier plan Bruce Lee, lequel n’a pourtant que le second rôle, celui du side-kick expert en arts martiaux Kato aidant le super héros masqué le Frelon Vert dans ses missions.

Ce deuxième film reprend logiquement le principe du FRELON VERT en mettant bout à bout quatre épisodes sans lien entre eux. Les transitions sont par conséquent et logiquement toujours aussi abruptes et le métrage s’apparente, tout comme le précédent, à une suite d’intrigues indépendantes.

Aucun effort n’est entrepris pour conférer un minimum de « liant » aux différents épisodes proposés mais, par contre, les producteurs vont ruser pour augmenter le temps de présence à l’écran de Bruce Lee et le nombre de combats. LA REVANCHE DU FRELON VERT va simplement intercaler dans les différents scénarios des scènes de bagarres puisées dans d’autres épisodes de la série télé. Evidemment le procédé s’avère souvent grossier et voyant, le montage ne pouvant donner la moindre fluidité à des passages provenant de sources diverses. Les héros passent donc d’une pièce à l’autre en castagnant des figurants tombant comme des mouches sous les coups de Bruce Lee. La cohérence et la logique en prennent bien sûr un coup mais avouons que LA REVANCHE DU FRELON VERT se révèle plus mouvementé et rythmé que le premier long-métrage consacré au héros masqué.

Hélas, les épisodes choisis ne sont pas franchement palpitant en dépit d’un certain kitsch sixties parfois divertissant. Les intrigues policières, malheureusement, manquent grandement d’originalité et le dynamique duo ne trouve aucun adversaire à sa mesure, se contentant de mettre hors d’état de nuire de très banals gangsters. Soucieux de réalisme, les producteurs de la série confrontaient en effet le Frelon Vert et Kato à des criminels de droit commun et non pas à des super vilains flamboyants.

Notons toutefois une sympathique idée, dans le second épisode : Green Hornet, blessé au bras par des flics véreux, ne peut se voir admis à l’hôpital sous peine de trahir son identité secrète, celle du journaliste Britt Reid. Mais ce dernier imagine d’être touché par une balle devant moult témoins, agressé par un Kato courroucé suite à un éditorial incendiant Green Hornet. Reid peut donc être soigné sans risquer de dévoiler son secret. Une séquence réussie et bien menée, d'ailleurs reprise quasiment à l'identique dans la version de Michel Gondry du GREEN HORNET en 2011. Dommage qu'elle contraste avec le peu d’imagination dont font preuve les scénaristes pour le reste des intrigues, même si la présence de la voiture Black Beauty, équipée de nombreux gadgets à la James Bond, donne un peu d’intérêt à l’ensemble, de même que le célèbre thème musical ensuite réutilisé par Quentin Tarantino pour KILL BILL.

A l’image de la première « anthologie » consacrée au Frelon Vert, ce second volume s’adresse uniquement aux nostalgique du kitsch et, surtout, aux admirateurs inconditionnels de Bruce Lee. Plus outrageusement commercial que LE FRELON VERT, ce deuxième film met davantage en vedette le Petit Dragon mais use, pour ce faire, d’artifices de montage assez grossiers et quasiment malhonnêtes. L’ensemble se laisse donc voir sans déplaisir mais ne dépasse pas le niveau d’une amusante curiosité, raisonnablement divertissante mais sans beaucoup d’intérêt autre qu’historiques.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2011