HALLOWEEN - LA NUIT DES MASQUES
Titre: Halloween
Réalisateur: John Carpenter
Interprètes: Jamie Lee Curtis

 

Donald Pleasence
Nancy Loomis
P.J. Soles
Nick Castle
 
 
Année: 1978
Genre: Slasher
Pays: USA
Editeur Opening


Critique:

Avec HALLOWEEN, réalisé en 1978, John Carpenter donnait ses lettres de noblesses à un sous-genre du cinéma d'horreur qui devint fort rentable au début de la décennie suivante: le slasher. Bien sûr, les tueurs fous massacrant des jeunes fêtards n'avaient pas attendu le cinéaste pour se manifester, comme en témoigne des titres comme DRIVE IN MASSACRE et GORE GORE GIRLS ou, dans un registre plus respectable, le PSYCHOSE de Hitchcock, BLACK CHRISTMAS ou de nombreux gialli à commencer par le classique BAIE SANGLANTE.

Néanmoins HALLOWEEN allait véritablement codifié le genre en présentant un serial killer iconique personnifiant à ce point le Mal que les anglophones le surnommèrent "The Shape", autrement dit "la Forme". Cette Forme maléfique c'est évidemment Michael Myers, un jeune garçon de 6 ans qui, pour une raison inconnue, tue sa sœur le soir d'Halloween, en 1963. Interné pendant quinze ans, il s'échappe peu avant la nuit d'Halloween et retourne vers sa ville natale d'Haddonfield…le carnage peut recommencer et seul le docteur Sam Loomis (Donald Pleasence) semble à même de stopper le meurtrier.

HALLOWEEN permis à John Carpenter de démontrer l'étendue de son talent en optant pour un budget restreint et en misant essentiellement sur l'attente, l'angoisse et l'atmosphère. En baptisant son médecin héroïque (mais également au bord de la folie obsessionnelle) du même nom que le personnage incarné par John Gavin dans PSYCHOSE, le cinéaste assume pleinement ses influences et se réfère bien davantage au maître du suspense qu'à l'horreur proprement dite, à la différence de sa sanglante descendance. N'oublions pas non plus que Jamie Lee Curtis n'est autre que la fille de Janet Leigh, ce qui renvoie une nouvelle fois à l'œuvre fondatrice de Hitchcock.

Avec son utilisation magistrale de l'image (et sa manière d'user des ombres, par exemple), son thème musical imparable et sa personnification glaçante de la peur en la personne de Myers et de son masque légendaire, HALLOWEEN demeure un modèle d'épouvante suggestive. Le seul bémol que l'ont peut trouver au film de Carpenter ne lui incombe aucunement: trente ans plus tard, HALLOWEEN a été tellement pillé que les spectateurs le découvrant pour la première fois risquent de ne pas l'apprécier à sa juste valeur.

Vampirisé par des centaines (littéralement!) imitations, affaiblis par une longue suite de séquelles souvent peu inspirées, HALLOWEEN ne fera sans doute plus autant frissonner les amateurs du genre. Le rythme, aujourd'hui, est pensé différemment et le genre, dans son ensemble, est souvent pris avec plus de second degré, comme en témoigne la popularité de SCREAM et autres URBAN LEGENDS. La progression vers le final pourra sembler légèrement ennuyeuse à certains spectateurs ayant été biberonnés aux titres de Wes Craven (et ce quel que soit l'opinion que l'on puisse avoir sur cette saga) ou à la boucherie pure de slashers à la SAW.

La première partie du métrage, conçue pour installer l'effroi, souffre très probablement de nombreuses longueurs et séquences pas vraiment utiles au déroulement de l'intrigue mais les apparitions furtives de Myers suffisent pourtant à instaurer un vrai climat d'angoisse. En dépit des défauts du métrage, chacun reconnaîtra toutefois la maîtrise de la mise en scène et l'efficacité inégalée d'un final propre à provoquer quelques sursauts, même après de nombreuses visions. Alors, oui, HALLOWEEN a légèrement vieilli, comme beaucoup de métrages de la même époque d'ailleurs. Mais qu'importe, cela demeure un incontournable du slasher et, probablement, le meilleur représentant de ce sous-genre pauvre en œuvres réellement marquantes.

Bref, une date du cinéma d'horreur, à voir ou à revoir!

Fred Pizzoferrato - Novembre 2007