HAPPY BIRTHDAY (SOUHAITEZ NE JAMAIS ÊTRE INVITE)
Titre: Happy birthday to me
Réalisateur: J. Lee Thompson
Interprètes: Melissa Sue Anderson

 

Glenn Ford
Lawrence Dane
Sharon Acker
Matt Craven
Frances Hyland
Tracey E. Bregman
Année: 1981
Genre: Slasher
Pays: Canada
Editeur  
Critique:

Daté de 1981 et prenant comme titre une célébration festive, HAPPY BIRTHDAY TO ME s’inscrit, logiquement, dans la série des slashers surfant sur le succès de HALLOWEEN et VENDREDI 13, sans oublier le précurseur BLACK CHRISTMAS. L’exploitation de journées marquantes du calendrier s’était d’ailleurs déjà poursuivie avec MEURTRE A LA SAINT VALENTIN, CHRISTMAS EVIL et GRADUATION DAY, tous contemporains du film de J. Lee Thompson.

Heureusement, l’entreprise, en dépit de ses évidentes visées commerciales, parvient à s’élever au-dessus de la moyenne et propose un mystère solidement charpenté malgré un twist final aberrant, sur lequel nous reviendrons ultérieurement.

Virginia Wainwright, victime d’un accident de voiture ayant endommagé son cerveau et sa mémoire récente, rentre à la Crawford Academy pour une nouvelle année d’études. La demoiselle intègre alors une confrérie estudiantine élitiste qui se définit elle-même comme le « top ten » de l’école. Un de ses professeurs, Madame Patterson, tente pourtant de persuader Virginia de quitter ce groupe et de se consacrer davantage à ses études afin de rejoindre la prestigieuse université d’Harvard.

Un peu plus tard, au cours d’un jeu nocturne, les jeunes membres du « top ten » se lancent un défi qui consiste à franchir un pont mobile à bord d’une voiture roulant à vive allure. Choquée, Virginia réagit très mal à ce jeu, lequel réactive certains traumatismes enfouis dans sa mémoire et liés à sa mère, décédée dans un accident de voiture dans des circonstances similaires. Aidé d’un psychologue, le docteur Faraday, Virginia tente de reconstituer le puzzle de son passé enfoui. Malheureusement, dans le même temps, plusieurs de ses amis meurent, victime d’un mystérieux assassin. Peu à peu, la jeune femme, à l’approche de son dix-huitième anniversaire, suspecte qu’elle pourrait bien commettre elle-même les meurtres…sans en avoir conscience.

Si le scénario de HAPPY BIRTHDAY TO ME n’a, finalement, rien de novateur, le long-métrage du vétéran J. Lee Thompson se distingue cependant de la cohorte d’oeuvrettes similaires en misant sur davantage sur le suspense que sur le gore gratuit. Le « whodunit », classique mais efficace, maintient, en effet, l’attention du spectateur en éveil jusqu’au twist final, une révélation surprenante mais aussi, malheureusement, risible par son invraisemblance complète.

Les meurtres, de leur côté, manquent un peu de mordant mais compensent leur sobriété relative par une vraie originalité, en particulier lors du célèbre « crime à la brochette », d’ailleurs repris comme illustration par certaines affiches. Mention spéciale, également, pour cet adolescent dont l’écharpe est coincée par le maniaque dans les roues tournoyantes d’une moto. A la différence de la plupart de ses confrères, J. Lee Thompson dirige le film avec maîtrise et montre son solide métier.

Le bonhomme, souvent largement sous-estimé, a, en effet, réalisé quelques petits classiques comme LES NERFS A VIF, LES CANONS DE NAVARONNE ou deux sympathique épisodes de LA PLANETE DES SINGES. On lui doit aussi le bizarre western horrifique LE BISON BLANC et le brutal JUSTICIER DE MINUIT qui mixe les thématiques du vigilante avec les excès sanglants du slasher. Malheureusement, J. Lee Thompson, aujourd’hui, est surtout associé à ses médiocres films d’action des années ’80, lesquels servirent la soupe à Richard Chamberlain (le piteux remake de ALLAN QUATERMAIN ET LES MINES DU ROI SALOMON) ou Charles Bronson (LA LOI DE MURPHY, KINJITE, LE MESSAGE DE LA MORT, UN JUSTICIER DANS LA VILLE IV).

Avec HAPPY BIRTHDAY TO ME, le cinéaste montrait cependant une évidente aptitude à dispenser quelques frissons et composait des plans simples mais efficaces, loin de l’amateurisme d’une grosse partie des slashers de la même époque, souvent torchés par des débutants dénué de la plus élémentaire technique.

L’interprétation de Melissa Sue Anderson (célèbre pour son rôle récurent dans « La petite maison dans la prairie ») s’avère, pour sa part, digne d’éloge et réussit à crédibiliser un scénario parfois bien invraisemblance. A ses côtés, il est toujours plaisant de retrouver ce vieux cow-boy vieillissant de Glenn Ford (3:10 TO YUMA, JUBAL) en psychanalyste caricatural. Matt Craven (USS ALABAMA, DEVIL, L’ECHELLE DE JACOB) complète cette distribution plus solide que de coutume. Le ton général, pour sa part, oscille entre le sérieux et un humour largement perceptible qui frôle, parfois, la parodie ou le pastiche sans jamais y sombrer totalement.

Hélas, s’il possède d’indéniables qualités qui le distinguent de la masse bêlantes des titres interchangeables sortis durant la première moitié des années ’80, HAPPY BIRTHDAY TO ME souffre également de longueurs et d’un rythme parfois mollasson. D’une durée de 110 minutes, le (trop) long-métrage aurait probablement gagné à se voir amputé d’un bon quart d’heure afin de gagner en efficacité.

Le twist final reste, lui, discutable et peu crédible même si, pour une fois, il se révèle vraiment surprenant et mémorables. Bref, en dépit de quelques bémols qui l’empêchent d’accéder au rang de véritable classique du slasher, le film de J. Lee Thompson n’a toutefois aucun mal à dépasser, de la tête et les épaules, la plupart de ses concurrents.

A voir pour les fans du genre…et même les autres qui y trouveront un honnête suspense et une poignée de meurtres imaginatifs. Ce qui est déjà beaucoup !

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2012