ECHEC ET MORT
Titre: Hard to Kill
Réalisateur: Bruce Malmuth
Interprètes: Steven Seagal

 

Kelly LeBrock
William Sadler
Frederick Coffin
Bonnie Burroughs
Andrew Bloch
 
Année: 1990
Genre: Action
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Second long métrage de Steven Seagal, ECHEC ET MORT fut tourné durant son bref « âge d’or », bien avant la période DTV et le surpoids. Un âge d’or d’une demi-douzaine d’années qui débute dès son liminaire NICO, solide polar bien emballé, et se termine avec la superproduction ULTIME DECISION dans laquelle Saumon Agile se fait voler la vedette par Kurt Russell.

Si par la suite Seagal n’a plus guère tourné d’œuvres marquantes (ou même potables), ses premiers long-métrages demeurent de solides divertissements qui se revoient avec plaisir et nostalgie.

Dans cet efficace thriller d’action, Seagal campe Mason Storm (pas moins !) un père de famille aimant qui voit sa femme massacrée par des méchants suite à une enquête sur un politicien véreux, Vernon Trent. Mason est également abattu mais survit. Cependant un de ses collègues cache son état et le déclare mort pour assurer sa sécurité. Après sept ans dans le coma, Mason se réveille mais se trouve aussitôt dans le collimateur des méchants, alertés par une imprudente infirmière, Andy Stewart (Kelly LeBrock, alias UNE CREATURE DE REVE et épouse du veinard Seagal à l’époque du tournage). Mason fuit donc en compagnie de la demoiselle, réapprend les arts martiaux et prépare la contre-attaque contre Trent, devenu sénateur.

Réalisateur rare responsable du plaisant LES FAUCONS DE LA NUIT avec Stallone, Bruce Malmuth emballe efficacement son ECHEC ET MORT rondement mené et maintient un rythme soutenu aidé par une durée adéquatement retreinte à 96 minutes. Le film est ponctué de répliques typiques de l’époque, empreintes d’une philosophie orientale martiale basique (« si tu veux être le meilleur apprend à faire le bien car faire le mal est facile ») et de punchline irrésistibles : « Tu paieras ma facture sénateur : à la banque du sang ».

Pour un actioner à budget moyen, ECHEC ET MORT bénéficie d’un scénario un poil plus intéressant et original que de coutume qui alterne moments quasi comiques (le réveil de Seagal barbu est digne d’HIBERNATUS), passages idiots (le même comateux après sept ans de sommeil peut fuir l’hôpital…Tarantino s’en est-il souvenu pour KILL BILL ?) et scènes de poursuites, bastons et fusillades correctes. Pour les bagarres, Seagal use de mouvements précis et reste sobre, démontrant sa supériorité par quelques prises bien placées.

Sans verser dans l’outrance, le film dispense une violence sèche et relativement réaliste, loin des excès allant bientôt dominer le blockbuster burné. La musique à base de saxo peut irriter mais ancre le produit dans son époque et le montage parfois abrupt (ainsi que les problèmes de continuité) s’explique par la volonté de la Warner, laquelle a remonté le film pour en réduire la durée (assurant davantage de séances) et le transformer en « pur » actioner.

Après une montée en puissance sympathique mais quelque peu mollassonne selon les standards actuels, ECHEC ET MORT lâche la purée durant une dernière demi-heure qui additionne les poursuites, les tirs de riotgun, les combats et les mises à mort sanglantes, Seagal se la jouant pur « justicier armé » décidé à éradiquer la vermine corrompue.

Dans la pléthorique filmographie de Seagal ECHEC ET MORT s’apparente bien plus à une honnête série B divertissante qu’à un des innombrables nanars dont il se portera coupable par la suite. Fun !

 

Fred Pizzoferrato - Août 2014