HAUNTED

Titre: Haunted
Réalisateur: Lewis Gilbert
Interprètes: Aidan Quinn

 

Kate Beckinsale
Anthony Andrews
John Gielgud
Anna Massey
Alex Lowe
Année: 1995
Genre: Fantastique
Pays: Grande-Bretagne
Editeur
Critique:
Réalisé en 1995, HAUNTED apparait comme une production totalement anachronique, venant bien après les classiques de la « gothic ghost story » et avant le récent retour en grâce de ce genre de film avec LA DAME EN NOIR, INSIDIOUS ou CONJURING. Adapté d’un roman de James Herbert (« Dis-moi qui tu hantes »), HAUNTED anticipe également sur LES AUTRES et quelques autres réussites de l’épouvante classique du début du XXIème siècle comme L’ORPHELINAT ou L’ECHINE DU DIABLE.

Le professeur David Ash est, en 1928, un farouche adversaire des spirites et autres médiums, dont il se plait à démasquer les frauduleuses activités. Un jour, Ash est contacté par Robert, Simon et Christina Meriell afin qu’il vienne prouver à leur vieillissante nanny que leur demeure familiale n’est pas hantée, contrairement à ce qu’elle pense. Sur place, Ash va pourtant, pour la première fois de sa carrière, se trouver confronté à des phénomènes de hantises inexplicables.



Le cinéaste londonien Lewis Gilbert (né en 1920) a signé quelques belles réussites, notamment LES MUTINES DU TEMERAIRE, avant d’atteindre la notoriété grâce à trois « James Bond » (ON NE VIT QUE DEUX FOIS, L’ESPION QUI M’AIMAIT et MOONRAKER). Pour son avant-dernier long-métrage, Gilbert s’attaque à un roman de James Herbert, valeur sûre de l’horreur britannique ayant vendu plus de cinquante millions de livres. Si ce-dernier est réputé pour ses bouquins rentre-dedans et très sanglants comme FOG, LE SOMBRE ou la trilogie des RATS, Herbet adopta, parfois, une approche plus subtile et un fantastique plus allusif, notamment avec sa saga consacrée au « chasseur de fantômes » David Ash dont « Dis-moi qui tu hantes » constitue le premier volet.



Feutré, HAUNTED délaisse les frissons, à l’exception de l’une ou l’autre brèves scènes, pour se consacrer à la romance. Une approche valable mais qui risque de s’aliéner les amateurs d’angoisse. Le long-métrage manque également d’ampleur et son rythme lénifiant en accentue les défauts, à savoir un manque patent d’action et des effets spéciaux pas toujours convaincants. Cependant, ses qualités sont, elles aussi, indéniables : une bonne interprétation, un côté gothique et romantique travaillé, une photographie très réussie et quelques passages sexy avec une Beckinsale dénudée impeccablement mise en valeur.

Pour les lecteurs du roman, le twist final ne sera pas une surprise mais les spectateurs n’ayant pas connaissance de la source littéraire du film semble trouver ce retournement de situation surprenant et particulièrement marquant.

Dans l’ensemble, HAUNTED se suit donc avec plaisir : en dépit de ses défauts criants voici un honnête et plaisant récit de fantôme « old school ».

Fred Pizzoferrato - Octobre 2017