NOCES SANGLANTES
Titre: He knows you're alone
Réalisateur: Armand Mastroianni
Interprètes: Don Scardino

 

Caitlin O'Heaney
Elizabeth Kemp
Tom Rolfing
Tom Hanks
James Rebhorn
Patsy Pease
Année: 1980
Genre: Thriller / Slasher / Epouvante
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Réalisé peu après le triomphe de HALLOWEEN, ce premier long-métrage d’Armand Mastroianni (le cousin de Marcello) tente d’en reproduire les recettes tout en adoptant une structure plus proche du thriller policier que du pur film d’épouvante. Le tueur, tout d’abord, n’est même pas masqué et se voit privé de la dimension « surnaturelle » que possèdent de nombreux « psychokillers » increvables.

L’intrigue, elle, reste classique et confronte une jeune femme s’apprêtant à convoler à un psychopathe dont les cibles privilégiées sont, justement, de futures mariées. Un inspecteur de police dont la fiancée fut jadis assassinée par le criminel tente de stopper le carnage…

La meilleure séquence de NOCES SANGLANTES reste, sans hésitation possible, l’introduction. Celle-ci reconstitue la fameuse légende urbaine de la demoiselle découvrant son petit copain, après qu’il ait quitté sa voiture, pendu au-dessus de celle-ci. NOCES SANGLANTES révèle, ensuite, qu’il s’agit simplement d’un film regardé par deux copines dans une salle de cinéma. Lorsqu’une des deux, réagissant aux images vues sur l’écran, pousse un hurlement de terreur, l’assassin en profite pour lui planter un couteau dans le dos. Le meurtre passe, ainsi, inaperçu. Ce premier quart d’heure fort réussi inspira, quinze ans plus tard, une séquence similaire, sous forme d’hommage plus ou moins assumé, dans SCREAM 2. Malheureusement, la suite de NOCES SANGLANTES ne parvient jamais, loin de là, à égaler le niveau de cette très efficace introduction et se contente de décalquer servilement HALLOWEEN.

Comme dans le classique de John Carpenter, le tueur apparaît, tel un spectre malfaisant, pour effrayer l’héroïne avant de disparaître. Le double assassinat de deux amoureux, l’enquêteur obstiné souhaitant « avoir une seconde chance »,…NOCES SANGLANTES joue, durant toutes ces scènes, la carte de l’hommage (ou de la photocopie), y compris dans sa mise en scène, laquelle reprend, avec plus ou moins de bonheur, tous les trucs usités par John Carpenter. La bande sonore, minimaliste, paye, elle-aussi, son tribut à HALLOWEEN et, sans toutefois en retrouver l’efficacité, elle s’avère adaptée aux images et, dans l’ensemble, réussie.

Peu original, ce premier essai de Mastroianni (qui reviendra au genre avec UN TUEUR DANS LA VILLE et quelques modestes séries B avant de se reconvertir pour la télévision) possède, toutefois, l’une ou l’autre qualité par rapport à la majorité des slashers. Les personnages, quoique transparents, agissent ainsi avec un peu plus de logique que de coutume. La plupart d’entre eux évitent ainsi les clichés des teenagers « chair à canon » du cinéma d’horreur même si leur caractérisation reste rudimentaire. Les acteurs se contentent, par conséquent, du service minimum, y compris Tom Hanks qui effectuait là de peu remarquables débuts.

A mi parcours, NOCES SANGLANTES ménage quelques considérations, peu originales mais sympathiques, sur le besoin d’avoir peur en regardant des films d’horreur ou en fréquentant les attractions de fêtes foraines, prétexte à une visite de train fantôme assez plaisamment emballée. Hélas, le reste du film manque de punch et, sans surprise, Mastroianni multiplie les « jump scare » foireux et autres fausses peurs, sans oublier l’inévitable séquence de douche, empruntée à PSYCHOSE.

Pour un slasher des années ‘80, le métrage se montre d’ailleurs incroyablement gentillet, reléguant hors champ la plupart des meurtres et oubliant tout suspense. Seule la fameuse « scène de l’aquarium », plutôt adroite en dépit d’une tête décapitée peu crédible (sur laquelle, heureusement, le cinéaste ne s’attarde guère) relève le niveau horrifique d’un métrage timoré. La course poursuite finale débouche, pour sa part, sur un climax précipité et bâclé avant une pirouette finale prévisible mais sympathique, typique de son époque.

Malgré quelques points appréciables (une structure proche du thriller, une volonté de privilégier l’angoisse plutôt que recourir aux facilités du gore), NOCES SANGLANTES échoue à maintenir l’intérêt et se révèle, en définitive, ennuyeux et banal. Sa mollesse, son manque flagrant d’érotisme ou d’horreur et son côté « policier » le rapproche, en outre, d’un téléfilm quelconque et rend sa vision largement dispensable même si on a vu bien pire dans le genre. A réserver aux inconditionnels

 

Fred Pizzoferrato - Juin 2011