HELL NIGHT – UNE NUIT EN ENFER
Titre: Hell Night
Réalisateur: Tom DeSimone
Interprètes: Linda Blair

 

Vincent Van Patten
Peter Barton
Kevin Brophy
Jenny Neumann
Suki Goodwin
Carey Fox
Année: 1981
Genre: Horreur / Fantastique / Slasher
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Petite production routinière, HELL NIGHT a acquis, au fil des années, une certaine notoriété et s’est élevé au rang d’oeuvrette culte des années ’80, probablement grâce à la présence de Linda Blair et à une affiche particulièrement réussie. La vision du métrage, malheureusement, confirme les craintes : il s’agit, simplement, d’un banal slasher sans beaucoup d’intérêt en dépit de quelques éléments peu convaincants le rapprochant des histoires de maisons hantées à l’ancienne.

L’intrigue de HELL NIGHT s’avère, par conséquent, très classique et typique du cinéma d’épouvante du début des années ’80, présentant, une fois de plus, quatre étudiants forcés de participer au rite d’initiation d’une confrérie universitaire. La timide Marty (Linda Blair), la chaudasse Denise, le dragueur Seth et son pote Jeff doivent passer la nuit dans le manoir abandonné d’un certain Raymond Garth, lequel, douze ans auparavant, a assassiné son épouse Lillian et son enfant difforme. Cependant, le fils cadet des Garth, Andrew, a disparu après le massacre et la rumeur prétend, bien sûr, qu’il hante encore la demeure familiale. Des prémices déjà vus et revus depuis les origines du cinéma d’épouvante. La suite, hélas, n’innove guère non plus puisque les quatre bizuts, enfermés derrière les grilles du Garth Manor, vont être soumis aux blagues des membres de la fraternité, lesquels sont rapidement décimés par un mystérieux assassin.

Comme nombre de métrages similaires sortis à la même époque, HELL NIGHT souffre d’une exposition excessivement longue censée nous intéresser aux personnages. Malheureusement, ceux-ci sont à peine caractérisés même si, avouons-le, le film offre l’un ou l’autre « twists » par rapport aux conventions attendues. Ainsi, l’obsédé rigolard qui se définit comme complètement futile fait preuve, dans une situation périlleuse, d’un véritable héroïsme envers ses compagnons d’infortune. Quelques touches bienvenues dans un océan de conformisme et de banalité mais rien qui ne permette de crier au chef d’œuvre oublié des années ’80, loin de là.

A l’exception de Linda Blair (L’EXORCISTE), les interprètes ne se montrent pas vraiment concernés par les péripéties attendues du scénario. Ils accomplissent toutefois un travail honnête, en tout cas supérieur à la (faible) moyenne des slashers du début des eighties. Heureusement, Mac Ahlberg, réalisateur réputé d’oeuvrettes érotiques (FLOSSIE, BEL AMI, FANNY HILL) reconverti directeur de la photographie (il travailla sur d’innombrables séries B mais aussi sur des blockbusters comme LE FLIC DE BEVERLY HILLS 3) assure la bonne tenue visuelle de HELL NIGHT, un apport crucial vu le grand nombre de scènes se déroulant dans la pénombre.

La mise en scène est, pour sa part, assurée par Tom DeSimone, prolifique pourvoyeur de porno gay durant les années ’70, reconverti dans l’exploitation durant les années ’80 (REFORM SCHOOL GIRLS, QUARTIER DE FEMMES, ANGLEL 3) et dans les séries télévisées par la suite. DeSimone, pour sa première incursion hors du carcan X, fait son possible mais ne peut compenser la médiocrité d’un scénario sans surprise, signé par Randy Feldman, futur auteur du poussif TANGO & CASH. Enfin, Irwin Yablans (HALLOWEEN), bien décidé à capitaliser sur la vague du slasher qu’il a lui-même initiée quelques années auparavant, assure la production aux côtés de Chuck Russell, futur réalisateur de FREDDY 3 et THE BLOB.

Si quelques dialogues bien écrits étonnent dans un film de ce style, il faut hélas attendre près d’une heure de projection pour que HELL NIGHT commence, enfin, à s’animer un peu. Bien trop long (une heure quarante pour une intrigue linéaire et simpliste à laquelle il aurait été opportun de retrancher vingt bonnes minutes), le métrage se révèle languissant et son rythme anémique découragera sans doute la plupart des amateurs.

Toutefois, si la première heure se révèle assoupie, la seconde partie de HELL NIGHT s’avère, à contrario, plus nerveuse mais tout aussi banale et routinière, le cinéaste suivant une Linda Blair hurlante qui fuit les habitants du manoir lancés à sa poursuite. La véritable nature de ces derniers reste, d’ailleurs, obscure et si Tom DeSimone ménage le suspense en ne dévoilant les créatures que durant les dernières minutes, il néglige d’expliquer leur nature exacte. Fantômes ? Revenants ? Psychopathes ? Difficile de trancher, d’autant que le scénario n’évite pas de grossières erreurs comme la présence, après une douzaine d’années, des corps d’anciennes victimes apparemment laissés dans la demeure maudite.

Niveau gore, HELL NIGHT propose une poignée de meurtres raisonnablement sanglants mais insuffisamment inventifs pour que l’on puisse conseiller le métrage aux amateurs tant l’ensemble se révèle ennuyeux et paresseux à tous points de vue.

Curiosité de série dénuée de la moindre originalité, HELL NIGHT a pourtant gagné au fil du temps ses galons d’œuvre culte des années ’80 et, à l’instar de nombreuses productions similaires, s’est paré d’un parfum nostalgique prononcé. Son manque complet de nudité et son nombre restreint de victimes en font pourtant un film sans saveur et complètement noyé dans la masse, dont la vision sera réservée aux inconditionnels de Linda Blair. Bref, un titre médiocre à oublier sans remords.

 

Fred Pizzoferrato - Mai 2011