HELLRAISER - HELLSEEKER
Titre: Hellraiser VI - Hellseeker
Réalisateur: Rick Bota
Interprètes: Dean Winter

 

Ashley Laurence
Doug Bradley
Rachel Hayward
 
 
 
Année: 2002
Genre: Horreur
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Ce sixième volet se centre sur un personnage bien connu des fans de la saga: Kirsty Cotton, déjà vue dans les deux premiers épisodes. Celle-ci a disparu, apparemment noyée dans sa voiture après que son mari, Trevor, ait perdu le contrôle du véhicule. Notre homme s'en est sorti mais il commence à souffrir d'hallucinations et, rapidement, le spectateur commence à douter de ce qu'il voit…

Précédé d'une médiocre réputation, HELLSEEKER n'est pas un mauvais film, surtout compte tenu de sa condition de direct-to-dvd à petit budget manifestement entrepris dans l'unique but de faire dépenser leurs sous aux fanatiques de Pinhead. Il ouvre de nouvelles perspectives et développe quelque peu la mythologie précédemment mise en place même si, paradoxalement, l'univers de HELLRAISER n'est pas véritablement exploité. Pinhead, par exemple, est placé largement en retrait et n'intervient que dans les dernières minutes de métrage. Ashley Laurence, déjà vue dans le même rôle, celui de Kirsty, dans les deux premiers épisodes, revient pour sa part dans ce sixième épisode, à la grande joie des fans de la saga.

Le réalisateur Rick Bota, dont c'était le premier film, mène plutôt bien sa barque, dans les limites de ses modestes ambitions: la photographie est soignée, avec des tonalités très froides et un peu déprimantes, et la mise en scène s'avère d'une honnête facture, même si elle utilise beaucoup d'effets "mode" à présent un peu usés. Les interprètes, manifestement, y croient un minimum et parviennent à se montrer relativement crédibles. Dommage que Doug Bradley manque, pour sa part, d'un peu de conviction. Le pauvre homme-qui avoue ne tourner des HELLRAISER que pour le fric - a bien du mal à se montrer effrayant mais le caractère iconique de son maquillage suffit généralement à lui donner un certain charisme.

Pour un direct-to-dvd, HELLSEEKER se montre également assez frileux au niveau du gore et du sexe, deux mamelles pourtant indissociables de l'univers des Cénobites, ces démons transformant la douleur en plaisir. Les séquences érotiques ne sont vraiment pas mémorables, les actrices ne daignant même pas tomber le haut. Difficile dès lors d'accrocher à l'ambiance d'un métrage qui évacue largement les aspects sado-masos des précédents volets. Pas beaucoup plus d'enthousiasme au niveau du gore, désespérément sage. Nous pouvions naïvement croire que, libérés des contraintes de la censure cinématographique, la série allait retrouver la sauvagerie des origines mais, malheureusement, il n'en est rien. Au contraire.

Pour le reste HELLSEEKER se montre cependant agréable à suivre. Avec une durée réduite à environ 80 minutes, le spectateur n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer et il peut même prendre plaisir à suivre ce puzzle macabre, jusqu'à une conclusion sous forme de petit twist. Rien de très original ni novateur à ce niveau et seuls les spectateurs les moins attentifs seront véritablement surpris par cette fin sinon assez prévisible.

Quiconque a vu ANGEL HEART ou L'ECHELLE DE JACOB, par exemple, comprendra assez vite où Rick Bota souhaite en venir. Mais, malgré ses nombreuses faiblesses, HELLSEEKER mérite bien une petite vision pour les inconditionnels de la saga. Ce n'est sûrement pas un chef d'œuvre de l'horreur mais, au minimum, il s'agit d'un petit divertissement fantastique pas du tout déshonorant. Donc, pourquoi pas?

Fred Pizzoferrato - Mai 2007