THE HIDEOUS SUN DEMON
Titre: The Hideous Sun Demon
Réalisateur: Robert Clarke & Tom Boutross
Interprètes: Robert Clarke

 

Patricia Manning
Nan Peterson
Patrick Whyte
Fred La Porta
Peter Similuk
 
Année: 1959
Genre: Science Fiction / horreur
Pays: USA
Editeur Artus Films
Critique:

Réalisé en 1958, HIDEOUS SUN DEMON constitue le projet personnel de Robert Clarke, ici acteur, scénariste, producteur et réalisateur. Familier de la science-fiction horrifique à petit budget, Clarke a joué, au cours d’une carrière de près de soixante ans, dans près de 150 films et séries télévisées même si son titre de gloire reste ce HIDEOUS SUN DEMON devenu culte.

L’intrigue, basique, se veut une variation sur le mythe de Jekyll et Hyde mais rappelle surtout les premières aventures du professeur Quatermass, comme LA MARQUE et LE MONSTRE. Une idée de base similaire fut ensuite reprise, avec davantage de réussite, par le très sympathique LE MONSTRE VIENT DE L’ESPACE. Un scientifique alcoolique nommé Gil travaille dans son laboratoire lorsqu’il est victime d’un terrible accident. Car, comme le déclare sentencieusement son patron « la science et le whisky ne font pas bon ménage ».

Bref, Gil souffre à partir de ce moment d’un mal franchement bizarre qui le rend extrêmement sensible au rayonnement solaire. Défendu par sa copine, Gil est emmené à l’hôpital où, sous l’influence du soleil, il se transforme en un horrible monstre caoutchouteux. Ou, pour reprendre la terminologie employée pour le titre, un « hideux démon solaire ». En fuite, Gil, après avoir retrouvé sa forme humaine, échoue dans un bar louche et tombe en admiration devant une chanteuse de jazz, hélas maquée avec un maffieux de bas étage. Sentant la transformation s’approcher après une nuit romantique sur la plage, Gil abandonne sa conquête. Mais pourra t’il longtemps contenir le « hideux démon » qui vit en lui ?

Simple, linéaire, HIDEOUS SUN DEMON ne perd guère de temps à développer ses personnages ou à étoffer son scénario minimaliste. Au lieu de bâtir le moindre suspense, Robert Clarke joue résolument la carte de la série B et dévoile son monstre après une dizaine de minutes de projection. Cette tactique, plutôt payante, évite aux spectateurs de trop s’ennuyer car, malheureusement, entre les scènes « horrifiques » (celles où Clarke est transformé en monstre), le long-métrage sombre dans le mélo pseudo romantique insipide et se concentre sur la relation du héros « maudit » et d’une chanteuse de jazz. Une bonne excuse pour deux intermèdes musicaux au piano pas vraiment utiles à l’intrigue mais sans doute nécessaires pour atteindre la durée réglementaire, pourtant réduite à environ 70 minutes.

En dépit d’un budget très restreint, le monstre en lui-même n’est pas trop mal fichu et le costume parvient à faire, vaguement, illusion, du moins selon les standards du bis des années ’50. Le look du « démon solaire » rappelle d’ailleurs celui de L’ETRANGE CREATURE DU LAC NOIR ou, plus encore, de IT, THE TERROR FROM BEYOND SPACE tourné, comme c’est étonnant, l’année précédente.

La prestation de Robert Clarke, pour sa part, oscille entre le convaincant et le piteux selon les scènes mais reste, globalement, un peu au-dessus de la moyenne. Quelques notes d’humour et une ambiance mélancolique, proche du film noir, rendent également THE HIDEOUS SUN DEMON sympathique, tout comme sa très courte durée qui lui confère un rythme appréciable.

Sans être un grand film, cette petite production demeure donc plaisante et, franchement, ce n’est déjà pas si mal pour ce style de nanars fauché. Dans l’ensemble, THE HIDEOUS SUN DEMON ne vole pas très haut et aura sans doute du mal à passionner le public actuel mais les nostalgiques du bis des fifties y trouveront, probablement, matière à se divertir durant un peu plus d’une heure. Parfois, on n’en demande pas davantage…

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2012