THE HILLS RUN RED
Titre: The Hills Run Red
Réalisateur: Dave Parker
Interprètes: Tad Hilgenbrinck

 

Sophie Monk
Janet Montgomery
William Sadler
Alex Wyndham
Ewan Bailey
Danko Jordanov
Année: 2009
Genre: Horreur / Slasher
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Dave Parker gravite dans le cinéma de genre depuis le début des années ’90, ayant occupé les postes les plus divers sur des productions variées. On le retrouve ainsi scénariste sur le très décrié HOUSE OF THE DEAD de Uwe Boll, monteur sur une série de making of consacrés tant à TONNERRE DE FEU qu’à SUPERMAN RETURNS, figurant dans des productions fauchées comme WITCHOUSE 2, etc.

Son quart heure de gloire, Dave Parker l’obtient en 2000 en réalisant un très sympathique hommage aux longs métrages de zombies italiens intitulés THE DEAD HATE THE LIVING. Un film non exempt de défauts mais ayant suscité suffisamment d’intérêts pour que les fans de cinéma horrifiques ne lui vouent un semblant de culte et placent logiquement quelques espoirs en Dave Parker. Pourtant, il faut attendre près de 10 ans pour que ce dernier ne revienne derrière la caméra, via THE HILLS RUN RED.

Précédé d’une réputation enviable, le film ne s’avère pas tout à fait à la hauteur des attentes mais s’avère suffisamment intéressant pour s’élever au dessus de la masse de slashers interchangeables produits depuis une bonne décennie. THE HILLS RUN RED débute de « belle » manière via une séquence assez atroce détaillant les mutilations faciales que s’inflige un jeune garçon visiblement sacrément perturbé. Une entrée en matière des plus efficaces, quoique typique, qui annonce immédiatement la couleur (bien rouge donc !) avant que le soufflet ne retombe au cours des trente minutes suivantes. Celles-ci sont consacrées à Tyler, un fanatique du cinéma horrifique passionné par la vie et l’histoire d’un cinéaste maudit, Wilson Wyler Concannon, et de son « chef d’œuvre », un slasher intitulé « The Hill Runs Red », réalisé en 1982 et rapidement retiré des salles car considéré comme trop dérangeant. Depuis, le film est considéré comme une sorte de Graal par les fans de productions extrêmes qui désespèrent de mettre la main sur une copie complète.

Après quelques recherches, Tyler finit par retrouver la trace de la fille de Concannon, la belle Alexa, laquelle a sombré dans la drogue et la prostitution. Tyler parvient toutefois à la désintoxiquer (avec une rapidité assez peu crédible) puisque en trois jours Alexa est redevenue « clean » et accepte de l’aider dans sa quête du métrage perdu. Pendant ce temps, Serina, la petite amie de Tyler, ne perd pas de temps et le trompe avec son meilleur ami, Lalo. Le quatuor décide finalement de remonter aux sources de « The Hills Run Red » pour tourner un documentaire dans les forêts où le film fut jadis mis en scène. Une mauvaise idée, bien évidemment…

Dans le style « post moderne » du cinéma d’épouvante récent, le scénario de David J. Schow (MASSACRE A LA TRONCONNEUSE 3, THE CROW, CRITTERS 3 et 4,…) emmène donc une bande d’amateurs de slasher vers une forêt isolée où ils vont, bien sur, tomber aux mains d’un psychopathe masqué, surnommé Babyface. THE HILLS RUN RED joue donc sur les clichés du genre lorsqu’un des héros précise qu’il a bien emporté des fusées éclairantes, un téléphone portable fonctionnel et un pistolet, ce que les personnages de slasher oublient systématiquement. De sages précautions toutefois insuffisantes pour se débarrasser du redoutable Babyface, tueur au visage mutilé dissimulé derrière un masque de poupée en apparence immortel. Car même en appelant la police et en utilisant le révolver pour se défendre, nos pauvres cinéastes amateurs n’ont aucune chance face à la rage sanguinaire du redoutable Babyface, un croquemitaine au look étudié et menaçant, dans la lignée de ces glorieux prédécesseurs.

Si le scénario prend son temps pour présenter les personnages, la seconde moitié du métrage accélère grandement le rythme et ne laisse plus guère aux spectateurs le temps de souffler. Les 20 dernières minutes s’emballent même totalement en multipliant les retournements de situations et autres twists, allant de l’attendu au surprenant, du bien amené au raté et du crédible à l’invraisemblable. A défaut de donner une vraie consistance au script, cette surenchère permet de ne pas s’ennuyer une seconde, chose assez rare dans un slasher pour être souligné.

Au niveau du gore, THE HILLS RUN RED se montre généreux et parfois même inventif, en particulier lors d’un écartèlement très graphique ou dans une scène de torture particulièrement barbare flirtant avec le torture porn même si le cinéaste la présente avec un certain second degré distancié. L’abus d’effets numériques amoindrit toutefois la portée de certains passages gore en dépit de la bonne volonté d’un Dave Parker généreux au niveau de la tripaille.

Quelque peu hésitant sur la direction a adopter, le film navigue entre le côté rétro assumé (typique des « classiques » du tout début des années 80), le clin d’œil auto-parodique à la SCREAM et le retour aux sources vantés, par exemple, par le récent BUTCHER. L’amateur éclairé pensera également à des productions moins connues comme POP CORN, le sketche LA FIN ABSOLUE DU MONDE de John Carpenter ou même, lors de certaines déambulations forestières, au BLAIR WITCH PROJECT revisité à la manière de VENDREDI 13, MASSACRE A LA TRONCONNEUSE, DELIVRANCE ou CARNAGE. Bref, de bonnes références pour un cinéaste qui connaît ses classiques mais n’hésite pas à jouer des attentes des fans en proposant l’un ou l’autre retournement de situations efficaces.

Au niveau des interprètes, William Sadler (DIE HARD 2, DEMON KNIGHT, SHAWSHANK REDEMPTION,…), dans le rôle du cinéaste devenu maniaque homicide, emporte largement le morceau et livre une très impressionnante performance, au point que l’on regrette que Dave Parker ne lui ait pas accordé davantage de temps de présence. Sophie Monk se montre elle aussi à son avantage, tant dans son jeu convaincant que par sa propension à apparaître régulièrement dénudée et / ou couverte de sang. Le reste du casting, par contre, s’avère peu crédible et il est difficile de s’identifier aux personnages principaux. En dépit d’un minimum de caractérisation et des louables efforts de l’équipe pour éviter les clichés les plus éculés du genre, la sauce ne prend pas vraiment et leur sort n’émeut guère le spectateur. Le suspense n’est pas toujours au rendez-vous, lui non plus, mais la durée restreinte (75 minutes hors générique) évite les trop longues déambulations inutiles ou les insupportables tunnels de dialogues, conférant au film un rythme suffisamment soutenu pour éviter tout sentiment d’ennui.

Sans être une totale réussite, THE HILLS RUN RED se montre distrayant et agréable à suivre. Sa durée réduite, ses quelques twists efficaces et son final macabre à souhait élèvent le produit au-dessus de la moyenne, tout comme la quantité généreuse de sang et de nudité offertes aux amateurs. Dans la masse des slashers récents et des nombreux direct to dvd horrifiques, THE HILLS RUN RED tire donc son épingle du jeu et constitue une petite surprise plutôt plaisante à déguster avec plaisir à condition de ne pas en attendre un chef d’œuvre impérissable.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2010