HORROR HOSPITAL: LA GRIFFE DE FRANKENSTEIN
Titre: Horror Hospital / Computer Killers
Réalisateur: Antony Balch
Interprètes: Michael Gough

 

Robin Askwith
Vanessa Shaw
Dennis Price
Ellen Pollock
Skip Martin
Kurt Christian
Année: 1973
Genre: Comédie / Horreur / Culte
Pays: Grande-Bretagne
Editeur Artus Films
Critique:

Cette production atypique, mieux connue sous son titre original de HORROR HOSPITAL, semble puiser aux mêmes références que le célèbre ROCKY HORROR PICTURE SHOW, sorti quelques mois plus tard. En effet, il mise, lui-aussi, sur un humour volontiers absurde ou parodique additionné de nombreux clins d’œil ironiques aux classiques de l’épouvante. Malheureusement, la sauce ne prend pas et retombe lamentablement, victime de ses références mal digérée et d’une folie sombrant dans le n’importe quoi plus ou moins volontaire.

Jason, un jeune auteur compositeur en mal de reconnaissance décide de s’offrir des vacances et choisit pour cela un séjour campagnard dans un antique castel recommandé par « Hairy Holiday ». Une fois sur place, il rencontre Judy, une demoiselle tout aussi libérée, mais également le propriétaire du château, le redoutable Docteur Storm. Ce-dernier perpétue de terribles expériences de contrôle mental et, aidé de motards quasiment robotisés, utilise ses invités pour les transformer en esclaves soumis et lobotomisés. Bien sûr, le docteur Storm rêve de conquérir le monde et de prendre le pouvoir afin de sauver la planète de la décadence. Les deux hippies pourront ils stopper ses terribles projets ?

Réalisateur peu connu, Anthony Balch (décédé prématurément d’un cancer à 42 ans), est le responsable de la version parlante du fameux HAXAN, raconté par son ami William Burroughs. Ses deux uniques mises en scènes sont SECRETS OF SEX, un film érotique surréaliste, et cet HORROR HOSPITAL particulièrement saugrenu.

Si le début du long-métrage s’avère amusant et raille gentiment l’idéologie hippie par l’entremise d’un couple « libre » décidé à profiter de « vacances chevelues », la suite verse, hélas, dans un délire mal maitrisé. Evoluant perpétuellement sur un fil tendu entre le sérieux et la parodie, HORROR HOSPITAL fatigue rapidement les plus conciliants tant les réactions inappropriées et stupides du personnage principal paraissent à la fois aberrantes et hors de propos. Ainsi, notre baba cool ne s’inquiète pas d’une chambre au lit couvert de sang (« j’espère que vous serez moins salissant que vos prédécesseurs » déclare son hôte), d’une assemblée de jeunes manifestement « zombifiés » ou même de l’assassinat d’un innocent par une meute de motards. A ce moment, la coupe est pleine et les limites de l’acceptable, y compris dans une comédie horrifique, sont franchies. Le spectateur se résout par conséquent à suivre l’heure suivante d’un œil détaché en essayant de prendre le tout au second degré, sans toujours parvenir à s’amuser de ce monceau d’absurdités.

Les interprètes, pour leur part, sont médiocres et leur jeu oscille entre l’indifférence endormie et les gesticulations hystériques. Seul le toujours impeccable Michael Gough (vu dans plus de 170 long-métrages mais aujourd’hui surtout connu pour avoir incarné le majordome Alfred dans le BATMAN de Tim Burton et ses trois séquelles) garde sa dignité et offre une composition classieuse et délectable qui tranche radicalement avec le reste de la distribution.

En dépit de l’une ou l’autre idée amusante (comme cette limousine équipée de lames destinées à décapiter les fuyards et d’un panier récupérant la tête tranchée) et d’un ton décalé proche, parfois, d’un épisode de « Chapeau melon et botte de cuir », l’ensemble parait forcé et inutilement branché. La mode étant, par définition, ce qui se démode le plus vite, HORROR HOSPITAL ne fera plus rire grand monde aujourd’hui.

Comme bien des films référentiels de ces années « pop », HORROR HOSPITAL a affreusement mal vieilli. Son humour absurde et son esthétisme, très ancrée dans leur époque, apparaissent, à présent, anachroniques sans toutefois posséder le moindre charme suranné.

Le film est donc une piètre et pesante bouffonnerie, plus pénible qu’amusante, dont la vision ne peut être conseillée qu’aux inconditionnels de la comédie horrifique des seventies.

 

Fred Pizzoferrato - Mai 2013