HORROR RISES FROM THE TOMB
Titre: El espanto surge de la tumba
Réalisateur: Carlos Aured
Interprètes: Paul Naschy

 

Emma Cohen
Víctor Alcázar
Helga Liné
Cristina Suriani
Betsabé Ruiz
Luis Ciges
Année: 1973
Genre: Epouvante
Pays: Espagne
Editeur  
Critique:

Réalisé par Carlos Aured, le collaborateur habituel de Paul Naschy au début des années ’70, HORROR RISES FROM THE TOMB bénéficie généralement d’une bonne réputation auprès des admirateurs de la star espagnole de l’épouvante qui le considèrent même comme un de ses meilleurs films. Pourtant, la vision du long-métrage tempère les ardeurs et de nombreux défauts, principalement un rythme assoupi, empêchent de le considérer comme une grande réussite.

Comme bien des titres traitant de malédictions ancestrales frappant une famille, HORROR RISES FROM THE TOMB débute au Moyen-âge, non loin de la ville française de Carcassonne. Deux notables, Armand du Marnac (Paul Naschy bien évidemment) et Andre Roland (Victor Alcazar) s’apprêtent à rendre justice en exécutant deux sorciers : Alaric du Marnac, le frère d’Armand (joué également par Naschy) et sa compagne, Mabille de Lancre, coupables de nombreux crimes atroces comme les sacrifices humains, le cannibalisme et le commerce non équitable…pardon démoniaque.

Bien sûr, les deux suppôts de Satan prononcent avant de périr une terrible malédiction, laquelle retombera non seulement sur leurs bourreaux mais également, sinon ce ne serait pas drôle et le film serait déjà terminé, sur leurs descendants. Mais le sortilège ne prendra effet que cinq cents ans plus tard comme quoi il n’est pas nécessaire de se presser ni de trop s’inquiéter. Justement, cinq siècles (à quelques minutes près) s’écoulent et nous retrouvons un duo de joyeux amis composés de Hugo du Marnac (Naschy dans un troisième rôle) et Maurice Roland (Alcazar dans un second rôle…petit joueur va !), escortés de leurs copines respectives Sylvia et Paula.

Le quatuor arrange une petite soirée pépère à déguster de la liqueur et à discuter du monde spirite avec leurs amis Gail et Sean qui, justement, connaissent une médium talentueuse nommée Irina Kormorova. Ah ben ça, ça tombe bien alors !

Quelques temps plus tard, une séance de spiritisme est, bien sûr, organisée, au cours de laquelle Irina contacte l’ancêtre de Hugo, le cruel Alaric, dont la tête fut jadis séparée de son corps afin d’empêcher son retour à la vie. Alaric renseigne son descendant sur les lieux de sa (ou plutôt ses) sépulture(s) et notre joyeuse bande, à savoir Hugo, Maurice, Sylvia et Paula, roulent vers le château familial pour une partie de chasse au trésor improvisée.

En chemin, ils sont attaqués et « carjackés » par des bandits, lesquels sont à leur tour agressés par une bande de justiciers qui tuent nos brigands sans autre forme de procès. Un incident fortuit dont l’utilité sur l’intrigue reste à démontrer mais poursuivons. Arrivés au castel, Hugo et Maurice, aidés du maitre d’hôtel Gaston, se mettent à la recherche du corps décapité d’Alaric sans comprendre qu’il s’agit d’une mauvaise idée car nos amis n’ont, hélas, pas vus suffisamment de films d’horreur.

Evidemment, ce qui devait arriver finit par se produire (après une petite heure de projection quand même !) et notre redoutable sorcier revient d’entre les morts…comme le titre nous l’indiquait depuis le départ. En effet, « l’horreur se dresse hors de la tombe ».

Plein de bonne volonté mais quelque peu maladroit, Paul Naschy enquille les clichés : il crée un personnage de noble sataniste inspiré de Gilles de Rais (qu’il reprendra dans PANIC BEATS et, quelque peu altéré, dans EL MARISCAL DEL INFIERNO) et ajoute à son intrigue des zombies, un décapité vivant, des scènes de possession, du spiritisme, une sorcière inspirée par la comtesse Bathory, quelques passages sexy, une profusion d’effets gore surprenante pour l’époque et un prologue moyenâgeux inspiré de films comme LE GRAND INQUISITEUR.

De la bonne volonté certes mais le manque de cohérence empêche de lier l’ensemble en un tout harmonieux et HORROR RISES FROM THE TOMB ressemble souvent à un patchwork de scènes disparates et variablement inspirées. Et, entre les moments d’exploitation, relativement satisfaisants, le long-métrage suscite surtout un ennui poli d’où surnage seulement la bonne interprétation du sympathique Naschy.

Le pire défaut du film reste, toutefois, cette atroce musique d’ambiance composée essentiellement d’un seul riff d’orgue, très basique et répété à l’envie tout au long de la projection au point d’épuiser les plus indulgents.

Témoignage important de l’évolution du cinéma horrifique européen, HORROR RISES FROM THE TOMB fut, en son temps, un joli succès commercial et semble avoir marqué durablement certains amateurs. Toutefois, vu avec davantage d’objectivité, le premier long-métrage de Carlos Aured apparaît comme très moyen, pour ne pas dire médiocre et sera, par conséquent, essentiellement conseillé aux admirateurs de Paul Naschy.

 

Fred Pizzoferrato - Septembre 2012