CRIMES AU MUSEE DES HORREURS
Titre: Horrors of the Black Museum
Réalisateur: Arthur Crabtree
Interprètes: Michael Gough

 

June Cunningham
Graham Curnow
Shirley Anne Field
Gerald Anderson
 
 
Année: 1959
Genre: Epouvante / Slasher
Pays: Grande Bretagne
Editeur  


Critique:

Si le gore est né en 1963 avec la sortie du classique BLOOD FEAST de Hershell Gordon Lewis, le cinéma influencé par le Grand-Guignol existait déjà depuis un certain temps. Et, par sa gratuité, sa cruauté et l'inventivité de ses meurtres, CRIMES AU MUSEE DES HORREURS peut être considéré comme le lointain inspirateur des slashers gore ayant pullulés au début des eighties.

Après une interminable introduction consacrée à l'hypnose, une jeune fille est tuée par une paire de jumelle piégée: deux lames lui percent les yeux! L'écrivain Bancroft (joué par Michael Gough) en est responsable, même si il n'hésite pas à rendre visite à la police et a joué ainsi au chat et à la souris. Bancroft possède un musée du crime, de la torture et des horreurs dans la cave de sa demeure et il n'hésite pas à mettre en scène des meurtres ingénieux avec le matériel dont il dispose. Outre les jumelles, l'homme utilise par exemple une sorte de lit transformé en guillotine, etc. Il délaisse d'ailleurs les basses besognes à son assistant, Rick (Graham Curnow) qu'il contrôle via une drogue et hypnotise pour le forcer à tuer.

CRIMES AU MUSEE DES HORREURS appartient évidemment à son époque et semblera sans doute plutôt ennuyeux aux spectateurs d'aujourd'hui. Les recettes utilisées ici furent d'ailleurs reprises avec davantage de réussite dans L'ABOMINABLE Dr PHIBES ou THEÂTRE DE SANG. Néanmoins, ce film de série mérite d'être redécouvert. Michael Gough se montre inspiré dans son interprétation très cabotine, sans doute fort éloignée d'un jeu d'acteur juste mais certainement amusante. Le scénario, lui, n'avance pas vraiment et s'apparente à un fil conducteur ténu destiné à relier les meurtres toujours inventifs et décidément délirants.

Œuvre purement commerciale destinée à concurrencer la Hammer en proposant davantage de violences gratuites, CRIMES AU MUSEE DES HORREURS s'avère plutôt sympathique de part son côté ouvertement gratuit, commercial et racoleur. Le cinéaste ne se prive d'aucun effet pour provoquer un petit frisson et l'ensemble, quoique daté et dépassé à maints égards, parvient encore à amuser les nostalgiques. Les très belles couleurs lui confèrent cette teinte éclatante et une photographie très vintage qui ajoute encore aux charmes surannés de cette modeste production.

En résume, ce véritable petit classique du cinéma d'exploitation mériterait sans doute un remake moderne mais cette version datant de près d'un demi-siècle reste un très honnête divertissement aujourd'hui délicieusement campy!

Fred Pizzoferrato - Aout 2007