HOSPITAL MASSACRE
Titre: Hospital Massacre / X Ray
Réalisateur: Boaz Davidson
Interprètes: Barbi Benton

 

Charles Lucia
Jon Van Ness
John Warner Williams
Den Surles
Gloria Jean Morrison
Karen Smith
Année: 1983
Genre: Slasher
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Produit par les redoutables Golan et Globus et réalisé à la fin du premier « âge d’or » du slasher, HOSPITAL MASSACRE développe, dans ses premières minutes, d’intéressantes velléités parodiques. Ainsi, quand une petite fille s’empare d’un grand couteau c’est, simplement, pour couper un gâteau et si un liquide rouge coule de la bouche d’un type louche il y a de fortes chances qu’il s’agisse de ketchup. Après cette introduction un minimum prometteuse le métrage sombre, hélas, dans les clichés coutumiers mais garde un niveau d’improbabilité si élevé qu’une volonté parodique ne peut être complètement exclue.

Comme souvent, HOSPITAL MASSACRE débute par une saynète innocente se déroulant au tout début des années ’60. Le jeune Gorky Harold envoie à sa voisine, Susan, une petite déclaration romantique à l’occasion de la Saint Valentin. Hélas, la fillette y réagit par un grand éclat de rire désobligeant et déchire la missive avec son frère, David. Le pauvre Gorky le prend très mal et profite de l’absence momentanée de Susan pour assassiner David en l’empalant sur un porte manteau (sic!).

Dix neuf années s’écoulent (refrain connu) et la petite fille s’est transformée en une belle trentenaire incarnée par la playmate « poumonée » Barbi Benton dans un de ses rares rôles pour les grands écrans (on la revit l’année suivante dans DEATHSTALKER mais l’essentiel de sa carrière se déroula sur les plateaux des séries télévisées). Susan doit passer des examens de routine à l’hôpital mais un mystérieux sadique échange ses résultats avec d’autres, très négatifs, amenant une réaction délirante de l’équipe médicale qui impose à la demoiselle une mesure de quarantaine au sein de l’hôpital. Pendant ce temps, le tueur commence à décimer les médecins, infirmières, secrétaires et autres membres du personnel…Bien sûr, personne ne croit Susan lorsqu’elle ouvre un cadeau de Saint Valentin contenant une tête humaine décapitée mais, au vu du taux de décès, l’hôpital devient rapidement un gigantesque cimetière.

Dans la tradition du slasher en milieu hospitalier, HOSPITAL MASSACRE ne tient, hélas, absolument pas la distance face aux nettement plus convaincants HALLOWEEN 2 et TERREUR A L’HOPITAL CENTRAL. Le film met en vedette Barbi Benton (dévoilée quasiment sous toutes les coutures dans une scène d’examen médical tenant surtout du « si on jouait au docteur ? » d’un film érotique soft), laquelle effectue un boulot honnête en courant en petite tenue devant le maniaque et en hurlant à pleins poumons (et ils sont imposants).

A l’exception de notre ancienne playmate, les acteurs sont, dans l’ensemble, médiocres mais le manque sidérant de développement et de caractérisation rendait, de toutes manières, leurs efforts inutiles. Dans HOSPITAL MASSACRE, les personnages n’existent tout simplement pas. Ce ne sont même pas les clichés sur pattes habituels du genre (le blagueur, la pucelle, le geek, le mauvais garçon et la salope), juste des silhouettes apparaissant à l’écran le temps de mourir sous les coups du tueur. L’identité de ce dernier se révèle, en outre, tellement évidente que le spectateur espère un twist pour terminer le métrage sur une note plus positive mais le retournement attendu ne survient jamais et le tout se conclut dans la banalité.

La mise en scène de Boaz Davidson, pour sa part, ne s’élève jamais au dessus du fonctionnel et du routinier. Réalisateur d’une vingtaine de long-métrages, pour la plupart oubliés (style AMERICAN CYBORG), Davidson lança toutefois la fructueuse série de « sexy comedies » israéliennes LEMON POPSICLE dont il dirigea quatre volets (sur neuf !) et le remake du premier, THE LAST AMERICAN VIRGIN. Par la suite, Davidson se reconvertit dans la production avec sa compagnie Nu Image, laquelle gravit les échelons en passant du Z numérique style SHARK ATTACK aux super productions comme JOHN RAMBO ou CONAN LE BARBARE.

Heureusement, le décorum médical s’avère utilisé à bon escient et permet une ou deux scènes intéressantes, comme ces patients immobilisés par des bandages qui les recouvrent entièrement à la manière de momies. Les meurtres en eux-mêmes restent classiques : coups de poignard, visage plongé dans l’acide, étranglement, décapitation à la scie, injection mortelle, empalement,…La plupart se déroulent hors champs et se montrent, par conséquent, timorés et sans le moindre punch, rendant l’entreprise languissante.

En dépit de sa durée réduite, HOSPITAL MASSACRE manque de nerf pour captiver le spectateur et ses idées carrément absurdes (une carte de Saint Valentin déchirée entraine un massacre soigneusement mitonné après une vingtaine d’années) le rendent particulièrement stupide. Etonnant de la part du scénariste et romancier Marc Behn, auteur ayant inspiré CHARADE et MORTELLE RANDONNEE.

Peu aidé par un des scénarios les plus ridicules et invraisemblables de l’histoire du slasher (pourtant peu réputée pour sa crédibilité), HOSPITAL MASSACRE reste un film moyen et sans grand intérêt dans lequel quelques touches d’humour et d’originalité surnagent au-dessus d’un océan de platitude. A réserver aux fans purs et durs qui gouteront, peut-être, une bêtise à ce point assumée qu’elle frise l’auto-parodie.

 

Fred Pizzoferrato - Juin 2011