SHERLOCK HOLMES ET LA MAISON DE LA PEUR
Titre: House Of Fear
Réalisateur: Roy William Neill
Interprètes: Basil Rathbone

 

Nigel Bruce
Aubrey Mather
Dennis Hoey
Paul Cavanagh
Holmes Herbert
Harry Cording
Année: 1945
Genre: Thriller / Sherlock Holmes
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Basil Rathbone revient dans cette nouvelle aventure de Sherlock Holmes, laquelle succède à LA PERLE DES BORGIAS, sortie quelques mois plus tôt, et continue la brillante saga initiée à la fin des années ’30 par LES AVENTURES DE SHERLOCK HOLMES.

Le scénario, cette fois, adapte la fameuse nouvelle « Les 5 pépins d’orange » mais ne retient de l’œuvre de Conan Doyle que l’argument de départ, préférant bâtir une intrigue originale en huis-clos qui rappele les grandes œuvres du roman policier traditionnel et, bien sûr, « Les 10 Petits Nègres » d’Agatha Christie, publié cinq ans plus tôt.

Sherlock Holmes, après avoir combattu des espions et des Nazis, retrouve ici son environnement de prédilection en voyageant, en compagnie de son inséparable Watson, au cœur de l’Ecosse mystérieuse. Toute l’intrigue prend place, en effet, dans un manoir ceinturé par une lande menaçante, baignée de brouillard, et battue par le vent et la pluie.

Une bande d’amis célibataires, qui se définissent comme les « bons camarades », ont décidés de partager leur fortune entre eux à leur décès, les survivants touchant, forcément, un pactole de plus en plus important. Or, à l’heure du diner, une mystérieuse enveloppe, adressée à l’un des « camarades », est donnée par la femme de ménage et, peu après, le « camarade » en question meurt assassiné. L’enveloppe, elle, ne contient rien d’autre qu’une poignée de pépins d’orange, symbolisant le nombre de « camarades » encore destinés à mourir.

Appelé à la rescousse, Sherlock Holmes mène l’enquête et suspecte différents personnages, lesquels ont la fâcheuse tendance à mourir tour à tour, remettant en question toutes les savantes hypothèses du prince des détectives. « C’est une étrange affaire, déclare ainsi le roi de l’énigme. Au lieu de manquer d’indices nous en avons trop, et nous avons de trop nombreux suspects. Le puzzle semble prendre forme et pourtant les pièces ne s’ajustent pas correctement ».

Basil Rathbone, incarnant à la perfection Sherlock Holmes, finira pourtant par résoudre le mystère, aidé par un Nigel Bruce (alias Watson) nettement moins bouffon que d’habitude. D’une durée, comme toujours, réduite (à peine 70 minutes), LA MAISON DE LA PEUR déroule son intrigue à un rythme échevelé, empêchant tout sentiment d’ennui. Entre les investigations de Holmes, les remarques humoristiques de Watson et les décès successifs des « bons camarades », le spectateur n’a jamais le temps de souffler.

De son côté, Roy William Neill, à présent parfaitement rodé à l’exercice, emballe le métrage avec savoir-faire et compense la faiblesse du budget en jouant sur le climat mystérieux et inquiétant. L’atmosphère proche du fantastique de l’âge d’or (LA MAISON DE LA PEUR fut, à l’époque de sa sortie, couplé à LA MALEDICTION DE LA MOMIE) se voit ainsi savamment entretenue par le cinéaste. Ce-dernier s’appuie également sur un humour noir sarcastique des plus plaisants, chacun des « bons camarades » craignant de recevoir la terrible missive, signe d’un prochain trépas, apportée par une femme de ménage imperturbable qui parait presque se délecter de ce véritable jeu de massacre.

La conclusion apporte évidemment la résolution du mystère et se révèle satisfaisante, quoique peut-être un peu prévisible, et permet d’achever le métrage sur une note largement positive. Sans être le meilleur épisode de la longue saga consacrée à Sherlock Holmes, LA MAISON DE LA PEUR demeure un divertissement très professionnellement confectionné, bien mené et agréable à suivre, qui saura contenter les fans du plus célèbre des détectives.

 

Fred Pizzoferrato - Août 2012