MORTELLES CONFESSIONS

Titre: House of mortal sin
Réalisateur: Pete Walker
Interprètes: Anthony Sharp

 

Susan Penhaligon
Stephanie Beacham
Norman Eshley
Sheila Keith
Hilda Barry
Année: 1976
Genre: Thriller / Epouvante
Pays: Grande Bretagne
Editeur Artus (Blu ray)
Critique:
Belle réussite pour ce thriller britannique signé de Pete Walker, connu pour son amour du giallo comme en témoignent DIE SCREAMING MARIANNE, THE COMEBACK et SCHIZO. Ici il livre sa version personnelle du classique « prêtre cinglé souhaitant purifier l’humanité en supprimant les jeunes filles délurées ».

Jenny, après s’être séparée de son petit copain Terry, se rend chez son ami Bernard, lequel a intégré l’Eglise catholique. Peu après, Jenny se confesse à un autre prêtre, Xavier Meldrum, à qui elle confie s’être fait avortée. Elle découvre également que Xavier Meldrum a enregistré sa confession. L’homme de Dieu tue ensuite Terry et poursuit Jenny, laquelle essaie de convaincre sa sœur et Bernard de la menace qui pèse sur elle.



Plus nuancé qu’on ne le pense dans son discours sur la rigueur morale et le conservatisme (Walker n’y était pas, semble t’il, totalement opposé), le cinéaste livre ici un efficace récit sur un thème déjà fréquemment abordé dans le giallo, à savoir le prêtre devenu fou. L’ensemble se montre efficace, abordant divers thèmes liés à la religion, pointant du doigt la frustration du vieux prêtre et son célibat comme une cause possible de son basculement. Le jeune prêtre, pour sa part, envisage de démissionner de l’Eglise pour vivre au grand jour une relation amoureuse interdite.

Le ton se veut donc dramatique mais Walker négocie également son suspense policier de belle manière, ponctué d’une poignée de scènes sanglantes réussies.



Les interprètes, pour leur part, se montrent très convaincants : Anthony Sharp (ORANGE MECANIQUE, BARRY LINDON) livre une belle prestation dans un rôle originellement prévu pour Peter Cushing. Susan Penhaligon (PATRICK), de son côté, assure le niveau requis de douceur, de vulnérabilité et d’innocence afin que le spectateur s’inquiète de son sort aux côtés de Stephanie Beachman (« Dynastie », DRACULA 73). En dépit de l’une ou l’autre invraisemblance dans les réactions des protagonistes et de quelques facilités de scénario, MORTELLES CONFESSIONS se révèle un thriller réussi et très plaisant à suivre, présenté dans une copie blu ray de qualité qui permet de (re)découvrir le film dans les meilleures conditions avec, en prime, un bonus d’Alain Petit sur le cinéaste.


Fred Pizzoferrato - Octobre 2017