HOUSE ON SORORITY ROW
Titre: The House on Sorority Row
Réalisateur: Mark Rosman
Interprètes: Kate McNeil

 

Eileen Davidson
Janis Ward
Robin Meloy
Harley Jane Kozak
Jodi Draigie
Ellen Dorsher
Année: 1983
Genre: Slasher
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Dirigé par Mark Rosman, HOUSE ON SORORITY ROW a acquis, au fil des années, une réputation enviable de petit classique du slasher. Situé dans une maison estudiantine américaine, le métrage adopte une approche « less is more » réjouissante qui l’éloigne des spectacles grand-guignolesques ayant suivi le succès de VENDREDI 13. Ici, l’essentiel réside dans le suspense, l’intrigue quasi policière (avec un semblant de whodunit et une poignée de fausses-pistes correctes) et une ambiance soignée, en particuliers lors d’un climax efficace dont les couleurs contrastées semblent inspirées par le giallo.

Pour fêter la fin de l’année scolaire, sept jeunes filles décident d’organiser une soirée dansante dans leur maison estudiantine dirigée d’une main de fer par Madame Slater. Cette dernière, qui cache un lourd secret lié à une grossesse difficile survenue vingt ans plus tôt, refuse de laisser les demoiselles inviter leurs amis, provoquant une violente dispute. La tyrannique directrice finit par crever le matelas d’eau de Vicky, la « chef » de la sororité, en pleine nuit d’amour avec son petit ami. Révoltée, Vicky envisage de jouer un tour pendable à Madame Slater. Contre l’avis de la réservée et intelligente Katherine, l’arrogante demoiselle menace la directrice avec un révolver, supposé déchargé. Hélas, un coup part néanmoins et atteint Madame Slater, qui tombe dans la piscine et disparait dans l'eau croupie. Refusant d’appeler la police, les jeunes filles sauvent les apparences et laissent la soirée prévue se dérouler comme prévu. Mais, durant celle-ci, plusieurs d’entre elles tombent sous les coups d’un assassin mystérieux…

Débutant de manière très classique, HOUSE ON SORORITY ROW empile durant sa première partie la plupart des conventions du slasher : demoiselles délurées, fête universitaire, blague qui tourne mal, fausses pistes, traumatisme ayant des répercussions dramatiques sur le présent,…Rien de neuf, ces éléments étant déjà vus et revu en 1982. Toutefois, Mark Rosman mitonne les différents ingrédients avec suffisamment de savoir-faire pour rendre l’ensemble agréable en dépit de ses longueurs et d’un rythme parfois déficient.

Cependant, le dernier tiers du long-métrage s’accélère et propose plusieurs retournements de situations adroitement gérés avant l’inévitable confrontation entre l’intrépide « final girl » et l’iconique tueur grimé en clown. Le jeu du chat et de la souris, qui a le bon goût de ne point s’éterniser, se déroule dans une maison où l’héroïne tente de survivre face aux assauts du croquemitaine armé d’une canne meurtrière.

Eclairages stylisés où dominent les couleurs chaudes, angles de caméra étudiés pour accroitre le suspense et, bien sûr, résurrection finale attendue du « boogeyman » sont au menu, certes prévisible mais bien cuisiné par le débutant inspiré Mark Rosman. Ce-dernier, hélas, consacra la suite de sa carrière aux téléfilms ou aux produits familiaux de consommation courante.

Slasher archétypal, HOUSE ON SORORITY ROW aligne toutes les conventions du genre pour un résultat franchement peu original ou surprenant mais qui parvient, malgré tout, à s’élever au-dessus de la moyenne.

Dans un style encombré, le film réussit à tirer son épingle du jeu et s’impose même comme une petite mais réelle réussite du slasher des années ’80.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2015