HOUSE
Titre: House
Réalisateur: Steve Miner
Interprètes: William Katt

 

George Wendt
Richard Moll
Kay Lenz
Mary Stavin
Susan French
 
Année: 1986
Genre: Fantastique / Comédie / Horreur
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Succès surprise des années ’80, cette modeste production comico-horrifique fut largement promotionnée comme la nouvelle œuvre de « l’équipe de VENDREDI 13 ». Bien des films tentèrent en effet, à cette époque, de grappiller la popularité de Jason mais, dans le cas de HOUSE, ce rapprochement semble légitime. On retrouve ainsi aux manettes Steve Miner (réalisateur de VENDREDI 13 CHAPITRE 2 et 3), à la production Sean Cunningham (créateur du premier VENDREDI 13) et, à la musique, Harry Manfredini compositeur du célèbre thème de Jason.

Du beau monde, auquel il faut ajouter Roger Corman (producteur exécutif non crédité) et Mac Ahlberg, talentueux directeur photo (et anciennement cinéaste porno) responsable de la bonne tenue visuelle de bien des séries B eighties. Le scénario, pour sa part, a été coécrit par Fred Dekker (sympathique réalisateur des divertissants NIGHT OF THE CREEPS et THE MONSTER SQUAD qui restera, hélas, dans l’histoire pour son désastreux ROBOCOP 3) et Ethan Wiley qui enchaina avec l’inévitable HOUSE 2 et le dispensable CHILDREN OF THE CORN 5.

Un véritable « who’s who » de l’horreur qui, pour un budget estimé à trois millions de dollars, en rapporta six fois plus aux Etats-Unis lors de son exploitation en salles. Ayant « cassé la baraque », HOUSE lança d’ailleurs une fructueuse franchise même si les différentes séquelles (HOUSE 2, HOUSE 3 : THE HORROR SHOW et HOUSE IV) entretiennent des liens souvent ténus entre elles (la deuxième « suite », par exemple, est complètement indépendante des autres).

L’écrivain à succès Roger Cobb décide de s’installer dans la maison où sa tante vient de se suicider afin de commencer son nouveau livre, une autobiographie consacrée à son expérience au Vietnam. Très vite, la demeure maudite exerce son influence sur Cobb et des monstres surgissent des placards pour tenter de l’attirer dans un autre monde…

Revu aujourd’hui, HOUSE reste un honnête témoignage du cinéma horrifique « grand public » des années ’80. Les effets de maquillages, très caoutchouteux et cartoonesques, soulignent la parenté de l’entreprise avec les bandes dessinées à la E.C. Comics tandis que la bande originale joue (déjà) la carte de la nostalgie et use à bon escient des tube sixties « You’re no good » et « Dedicated to the ones I love ».

Malheureusement, l’ensemble accuse également de nombreuses faiblesses et hésite souvent dans le ton à adopter, rendant le tout un peu boiteux. HOUSE passe ainsi d’une épouvante relativement sérieuse qui joue sur l’angoisse et le processus de deuil consécutif à la perte d’un enfant à une grosse bouffonnerie, alimentée, entre autre, par des séquences de babysitting incongrus à l’humour pachydermique.

Le background guerrier, qui situe l’origine du traumatisme du héros au Vietnam, est, lui-aussi, utilisé de manière fluctuante : aux scènes sérieuses du début succède un climax humoristique longuet durant lequel un zombie caricatural poursuit le héros à travers la demeure maléfique. HOUSE s’apparente, dès lors, à un tour de manège sans grande épaisseur, alternativement effrayant, grotesque ou amusant qui s’inspire effrontément d’EVIL DEAD (tout en anticipant étrangement sur le côté parodique d’EVIL DEAD 2) et de POLTERGEIST.

La logique de l’intrigue disparait rapidement et les prémices potentiellement terrifiantes (la maison est elle vraiment hantée ou le principal protagoniste devient il fou ?) sont rapidement abandonnées au profit (?) de frissons bon marché et de gags patauds. Certains événements importants sont présentés puis oubliés (le héros tue sa femme et cache son cadavre sans que cet acte n’ait la moindre conséquence !) et les tentatives de séduction d’une charmante voisine semblent là uniquement pour atteindre la durée réglementaire.

Plus ennuyeux, le derniers tiers s’enfonce dans l’absurde avec le retour d’un vétéran du Vietnam zombifié et une ridicule « remise à zéro » qui annule d’un coup de baguette magique tous les enjeux précédemment établis (la disparition de l’enfant et la mort de l’épouse) afin de conclure le film sur un happy end pitoyable.

Les ruptures de ton et les cassures de rythmes n’arrangent guère l’impression laissée par le long-métrage, définitivement trop inégal pour prétendre au titre de classique, même mineur, du fantastique.

En dépit de ses nombreux défauts, HOUSE demeure cependant une agréable petite production, typique des années ’80, qui saura faire sourire ou gentiment frissonner les plus réceptifs par quelques scènes plaisantes.

 

Fred Pizzoferrato - Novembre 2012