HUSH
Titre:  Hush
Réalisateur:  Mike Flanagan
Interprètes:  Kate Siegel

 

 John Gallagher Jr
 Michael Trucco
Samantha Sloyan
Emma Graves
 
Année: 2016
Genre: Epouvante / Thriller / Slasher
Pays: USA
Editeur
Critique:

Moins original que son précédent OCCULUS, moins ambitieux également, le nouveau thriller horrifique de Mike Flannagan fonctionne néanmoins efficacement et, avec une belle économie de moyens, ramasse toute son intrigue dans une maison isolée au fond des bois. Là vit une jeune romancière à succès, Maddie Young, sourde et muette depuis qu’elle a contracté, à 13 ans, une méningite. Elle travaille à son second roman et apprend le langage des signes à sa voisine, Sarah, laquelle est, un soir, brutalement tuée par un inconnu armé d’une arbalète. Le déséquilibré entame avec Maddie un cruel jeu du chat et de la souris, rôdant autour de la maison tout en lui affirmant pouvoir y pénétrer à l’heure de son choix.

Produit par Jason Blum, grand spécialiste des petits budgets horrifiques à haut potentiel angoissant et des franchises à succès des années 2000 (PARANORMAL ACTIVITY, INSIDIOUS, SINISTER, AMERICAN NIGHTMARE, OUIJA), HUSH surprend par sa concision (environ 80 minutes hors générique), son cadre restreint (un décor bien exploité) et son jusqu’au-boutisme : 5 acteurs (dont deux mènent la danse durant les trois quarts du temps de projection) et des dialogues réduits à leur minimum (pratiquement tout le long-métrage en est d’ailleurs exempté). Ces contraintes, associés à un budget restreint (environ un million de dollars) et un tournage rapide (18 jours) sont finalement utilisées à bon escient par Flannagan et son épouse, Kate Siegel, qui campe ici la sourde muette terrorisée par un tueur mystérieux. Le cinéaste livre par conséquent sa propre version des classiques  histoires à suspense ou une personne déficiente se voit traquée par un déséquilibré utilisant le handicap de sa victime pour la terroriser. On pense bien sûr à SEULE DANS LA NUIT et TERREUR AVEUGLE en visionnant ce un jeu mortel entre une demoiselle apeurée et un maniaque adepte de l’arbalète.

Le long-métrage se contente dès lors (sans que cela soit péjoratif) de proposer un pur « ride » dans lequel la tension faiblit rarement, notre écrivaine isolée tentant de survivre aux assauts du sadique jubilant. Un film concept ramassé, qui va jusqu’au bout de son idée (laquelle aurait jadis pu servir à une série comme « Alfred Hitchcock présente » ou « Night Gallery ») sans en dévier. Le cinéaste ne s’embarrasse pas de sous-intrigues inutiles ou de flashbacks sans intérêt quoique l’un ou l’autre rebondissement relance le sujet durant un dernier acte plus nerveux qui se conforme davantage aux codes du slasher. Moins maitrisé qu’OCCULUS et manquant sans doute de la profondeur thématique  et dramatique du plus émouvant BEFORE I WAKE, cette pure série B de suspense et d’épouvante supportera sans doute plus difficilement un revisionnage mais, en l’état, elle réussit son pari de coller le spectateur à son siège durant une bonne heure de tension. Et c’est déjà beaucoup en ces temps de jump scare faisandés et d’angoisse vue et revue.

Fred Pizzoferrato - Décembre 2016