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Petit classique du bis sorti au tout début des seventies, BUVEURS DE SANG se distingue par un scénario bien déjanté. Une bande de hippies satanistes débarquent ainsi dans une petite communauté rurale très conventionnelle. Après le viol d'une demoiselle, surprise à assister à un rite satanique, son grand père décide de régler le contentieux à coups de fusil. Mais les hippies le droguent, laissant à un jeune garçon le soin de venger l'affront: il abat un chien enragé et injecte le sang contaminé dans des tartes qu'il offre à nos baba-cools, lesquels le deviennent évidement beaucoup moins (cool!) et se changent en tarés assoiffés de sang. BUVEURS DE SANG voulait probablement surpasser les métrages de Hershell Gordon Lewis, alors mètre étalon du genre et il y a en partie réussi. Si, aujourd'hui, on a fait bien pire, le film devait produire son petit effet à l'époque de sa sortie, les effets gore - quoique brefs et maladroits - étant plutôt nombreux. Femme enceinte se suicidant à coup de pieu dans le ventre, membre tranché au couteau électrique, fourche plantée dans une gorge, tir de fusil en pleine tête à bout portant, décapitation,…le cinéaste sait se montrer généreux. Il ne résiste pas, non plus, à proposer quelques plans "mondo" à base d'animaux tués: les rats et un poulet passent ainsi de vie à trépas pour offrir un peu plus d'horreur aux spectateurs. Pas très fin mais les Italiens firent bien pire dans la décennie suivante… Malgré toute cette bonne volonté, BUVEURS DE SANG reste quand même assez ennuyeux. Mais la durée réduite et les quelques bonnes idées du scénario compensent en partie un rythme assez anémique, surtout durant les quarante premières minutes où il ne se passe pas grand-chose. Le métrage se distingue néanmoins par un final hystérique qui voit les infectés prendre d'assaut les derniers survivants, menés par une jeune femme qui finit par les repousser à coup de jets d'eau, nos enragés ayant en effet peur de ce liquide! C'est bien stupide mais cela donne un semblant d'originalité à ce décalque sinon conventionnel de LA NUIT DES MORTS VIVANTS.
Dépassé au niveau du gore et trop mal fichu pour vraiment passionner BUVEURS DE SANG garde cependant pour lui une certaine naïveté réjouissante et une ambiance de douce folie générée en partie par l'amateurisme de l'équipe. Il se laisse donc regarder d'un œil distrait et saura encore intéressé les historiens du cinéma d'horreur. C'est objectivement très Z et complètement ringard mais on peut encore trouver moyen d'y prendre un certain plaisir et de s'y amuser, comme d'un BLOODFEAST ou d'un GORE GORE GIRLS. Un classique mineur du cinéma "grindhouse", que Jerry Gross sortit opportunément avec un film datant de 1964 qu'il rebaptisa joyeusement I EAT YOUR SKIN pour livrer la parfaite double affiche du gore Z. Et rien que pour cette brillante idée, il lui sera beaucoup pardonné! |
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Fred Pizzoferrato - Juillet 2007 |
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