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Critique: |
Kidnappée par son ancien amant, Sandy se retrouve dans une maison en compagnie de trois personnes ayant jadis voulu abuser d'elle. Après avoir tué son amant, elle se retourne contre les prisonniers. L'exemple typique du cinéma amateur le plus excessif et d'un goût douteux. Vu le budget et les conditions de tournage, l'image est granuleuse et terne, les mouvements de caméra hasardeux et le son horrible. Les acteurs, par contre, sont plutôt convaincants, en particulier Emily Haack qui paye de sa personne et livre une performance extrême, dans le plein sens du mot. Doté d'un physique grassouillet mais néanmoins sensuel, cette actrice au look punk se livre de manière impudique à une caméra qui la filme en gros plan alors qu'elle enfonce un morceau de bois dans son intimité durant plus de cinq minutes. Hardcore et hardgore, même combat? Apparemment puisque la volonté principale du cinéaste (déjà responsable d'un ICE FROM THE SUN réputé) est de choquer à tout crin! Mais, malgré une durée restreinte, Eric Stanze éprouve apparemment quelques difficultés à tenir la distance et donne en pâture au malheureux spectateurs des séquences bizarres, polarisées et étranges: il filme ainsi une église ou un cimetière durant de longues minutes, bercé par une bande son assez crispante. Après une demi-heure, Stanze se lance dans les humiliations promises: suite au meurtre de son ancien amant, éventré à coup de barre de fer, Sandy règle leur compte aux trois prisonniers qui, tous, ont voulu l'abuser à un moment donné. Le premier lui proposa de la drogue contre du sexe mais Sandy refusa. Elle le force d'abord à uriner dans son pantalon avant de lui brûler le visage et les couilles avec une cigarette. La victime défèque alors sur le sol et Sandy l'oblige à manger ses excréments jusqu'à la lie. Vu ses protestations, la jeune femme lui enfonce la merde dans la gorge et le tue à coup de hache. Bon appétit… Le second prisonnier exigea jadis de Sandy une fellation en échange d'une promotion. Aujourd'hui, elle le force à sodomiser le cadavre de son compagnon mais, devant son refus, lui tire une balle entre les jambes et le laisse se vider de son sang.
Ce genre de métrage laisse au spectateur une profonde impression de malaise et ouvre des interrogations sur les limites de la censure. Peut-on vraiment tout montrer? La question reste posée mais le caractère volontiers extrême, le mélange suffoquant de pornographie, de violences malsaines et de tortures horribles réserve en tout cas la vision de I SPIT ON YOUR GRAVE à un public adulte, majeur et très averti. Cela dit, on peut se demander, plus simplement, quel est le véritable but d'un tel produit, auquel il est difficile de prendre le moindre plaisir. Une volonté de choquer, sans doute. Mais pourquoi une telle hargne? On ressort de cette heure et quelques minutes de projection avec un sentiment de dégoût tenace. Les scènes gore sont très amateurs et d'une violence pure qui s'éloigne radicalement du divertissement sanglant coutumier. Quant aux séquences érotiques ou carrément pornos, elles ne provoquent pas la moindre excitation, plutôt une aversion prolongée. Seule la curiosité peut, en fait, motiver la vision de cette production d'un intérêt limité et, de plus, assez mal fichue. I PISS ON YOUR GRAVE mérite sa place au hit-parade des productions les plus extrêmes et atroces, aux côtés de titres comme AUGUST UNDERGROUND MORDUM ou THE MAN-NIAC. Beurk! Mieux vaut s'en doute regarder un Lucio Fulci ou un Gregory Dark mais, pour ceux qui veulent à tout prix voir un métrage horrible, sanglant et pseudo-porno, I SPIT ON YOUR GRAVE est disponible. |
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Fred Pizzoferrato - Juin 2007 |
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