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I SPIT ON YOUR GRAVE constitue un des plus fameux exemple des fameuses Video-Nasty, ces films bannis en leur temps (au milieu des années 80) par la censure britannique. Il appartient à un des sous-genres les plus incriminés lors de la vague "Nasty", à savoir le rape and revenge, genre associant nudité et violences, même si cette association est loin d'avoir le côté "érotique" des Nazi-exploitations, lesquels ont une évidente volonté de titiller le spectateur mâle, à l'image des Women In Prison, des Nunsploitations, des porno-peplums, etc. Le Rape And Revenge, lui, n'a pas ce côté "sexy", ce qui le rend parfois encore plus indéfendable aux yeux de certains, puisque les réelles motivations des cinéastes sont souvent floues. Quoiqu'il en soit I SPIT ON YOUR GRAVE est aujourd'hui considéré comme la référence absolue de ce type de cinéma, aux côtés du DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE de Wes Craven qui lança véritablement cette mode. Car, durant les années 70, un grand nombre de métrages suivirent cette voie comme par exemple LA PROIE DE L'AUTO-STOP, LA BÊTE TUE DE SANG FROID, L'ANGE DE LA VENGEANCE, LA MAISON AU FOND DU PARC, EXPOSE, etc.
L'édition en DVD de I SPIT ON YOUR GRAVE permet donc de faire le point sur cette œuvre importante à l'intrigue minimaliste. Une jeune femme, Jennifer Hill (interprétée par Camille Keaton) se rend à la campagne pour écrire son premier roman après une série de nouvelles publiées dans des magazines féminins. Très vite, quatre types du patelin vont s'intéresser à elle, immédiatement identifiée comme "une salope des grandes villes". Johnny, le pompiste, Matthew, un livreur de superette un peu attardé, Stanley et Andy, deux glandeurs obsédés. Rapidement, cette bande d'abrutis décide de violer Jennifer et de forcer Matthew à la tuer ensuite. Néanmoins, l'attardé ne peut se résoudre à poignardé la jeune femme agonisante et la laisse pour morte. Deux semaines plus tard, Jennifer se vengera…
Camille Keaton offre une composition très courageuse et pleinement convaincante, contrairement à Richard Pace (le demeuré) qui cabotine outrageusement et devient rapidement irritant. Les trois autres acteurs masculins ne sont guère plus que des silhouettes de machos débiles et fiers de l'être, même si le personnage de Johnny a droit à un minimum de caractérisation, il possède même une famille mais on n'en saura guère plus sur sa vie. Violemment critiqué, tant par le critique Roger Ebert (qui le qualifie de "pire film jamais tourné") que par de nombreux groupes féministes (au nom de sa prétendue "pornographie de la violence"), I SPIT ON YOUR GRAVE est pourtant un cri de rage, une expérience limite et un authentique plaidoyer pour les femmes. Il est particulièrement incroyable d'entendre parfois, à son encontre qu'il s'agit "simplement d'un film érotique avec quelques meurtres sanglants" car l'ensemble n'est aucunement érotique et n'est guère porté sur le gore. Il s'agit d'un drame dans lequel la volonté d'exploitation s'efface au profit d'une démarche revendicatrice, l'ensemble ressemblant donc davantage aux CHIENS DE PAILLE qu'à DERNIERE MAISON SUR LA GAUCHE, tourné, lui, dans la volonté manifeste de choquer le public. Néanmoins, l'ensemble demeure si déplaisant pour le spectateur qu'il est difficile d'avoir envie de le revoir une seconde fois. |
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Fred Pizzoferrato - Février 2007 |
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