ILSA: ULTIMES PERVERSIONS
Titre: Greta - haus ohne männer / Greta la Tortionnaire / Le Pénitencier des Femmes Perverses / Ilsa The Wicked Garden / Greta The Mad Butcher / Wanda The Wicked Warden / Ilsa - The Absolute Power / Greta The Sadist / Greta The Torturer
Réalisateur: Jésus Franco
Interprètes: Dyanne Thorne

 

Tania Busselier
Lina Romay
Erik Falk
Jésus Franco
 
 
Année: Allemagne / Suisse
Genre: Sexploitation / Women In Prison / Horreur / Erotique / Gore
Pays: 1977
Editeur  
3 /6
Critique:

Dans un pays d'Amérique Latine, la doctoresse Ilsa / Greta soigne les perversions sexuelles et les nymphomanes. Mais une patiente, Rosa Philips, s'échappe et prévient le docteur Arcos (Jésus Franco himself!) en parlant de mauvais traitements. Ramenée, l'évadée est emprisonnée dans un horrible cachot. La sœur de Rosa, Abby, décide d'enquêter et s'introduit dans la clinique. Elle découvre que sa sœur est toujours vivante et que Greta se sert de sa clinique comme couverture pour supprimer les opposants à la dictature. Elle alimente aussi un fructueux marché de snuff movies en filmant les tortures sexuelles, viols et meurtres de ses victimes.

Ce soi-disant quatrième volet de la saga ILSA est, en fait, un démarquage pirate de la trilogie officielle. On reconnaît là les procédés de Jésus Franco qui reprend l'interprète de Ilsa, à savoir Dyanne Thorne, et lui offre un rôle identique, celle de la tortionnaire Greta dans un métrage à la thématique semblable. Le réalisateur est à ce moment en pleine vague Women In Prison / sexploitation et tourne quatre titres bien sévères dont le plus célèbre (parce que banni dans plusieurs pays) est sans doute SADOMANIA. "L'œuvre" de Franco tombe un peu dans l'oubli, noyé dans une filmographie pléthorique, jusqu'au début des années 80. A cette époque, histoire d'attirer davantage le client, les personnes possédant les droits de la sage Ilsa acquièrent ceux de ce GRETA LA TORTIONNAIRES et le rebaptisent ILSA - THE WICKED WARDEN, la série "officielle" connaissant une importante popularité en vidéo. Par un petit procédé facile, le doublage transforme la méchante Greta Lupino en Ilsa…Bref, une embrouille supplémentaire.

Sexploitation oblige, le cinéaste ne se prive pas pour en donner au spectateur pour son argent. Dyanne Thorne, la poitrine énorme et les rondeurs sensuelles, viole de jeunes femmes avant de les torturer. On note que les victimes ont subies une ablation des mamelons, un œil arraché, un visage carbonisé, des coups divers, des flagellations, etc. Sexe et sadisme se mêlent avec frénésie, au long de nonante minutes bien éprouvantes. La plupart des séquences violentes sont cependant hors champs et le gore est par conséquent nettement moins présent que dans les épisodes officiels.

La scène la plus choc intervient lorsque Ilsa plante de nombreuses aiguilles dans la poitrine de son amante et esclave, dite Numéro 10, avant de lui faire violemment l'amour. Le métal pénètre la chair de la victime et amène la sadique doctoresse à l'extase. Niveau érotisme, le cinéaste détaille complaisamment l'anatomie des demoiselles, toujours vêtues d'une simple blouse. Il accumule bien sûr les passages sous la douche, les crêpages de chignon, les caresses saphiques et les coups de fouet claquant sur des corps martyrisés pour y laisser de longues balafres sanguinolentes. La routine de la sexploitation, donc.

Franco verse aussi dans la scatologie pure lorsque l'héroïne se voit contrainte de lécher avec application l'anus d'une prisonnière qui vient de déféquer après une sérieuse crise de diarrhée. Toute la finesse du bon cinéma populaire! Notons enfin une finale totalement délirante qui voit les jeunes incarcérées se venger en dévorant Ilsa vivante, tandis que le directeur de la prison filme la scène avec satisfaction. Un passage brutal et sanglant à souhait: les dents des détenues s'enfoncent dans la chair et la déchire alors que le sang gicle abondamment. A ces images atroces, Franco intercale des plans de jungle nous montrant des fauves dévorant leur proie, sans que l'on saisisse réellement le message qu'il désire véhiculer. Peut-être montre t'il que le pire prédateur reste l'homme (enfin, ici la femme) ou que les prisonnières ne valent pas mieux que leur tortionnaire. Plus probablement désire t'il simplement choquer le spectateur et, par la même occasion, s'offrir un petit tour de piste pour ses prochains monuments filmiques style MONDO CANNIBAL.

Rarement un film de prison de femmes (ou WIP - à savoir Women In Prison) s'est-il montré aussi complaisant, à tel point toutefois qu'il est difficile de prendre cela autrement qu'au second degré. On devine le réalisateur sous l'influence des fameux fumetti italiens, ces bandes dessinées pour adultes qui détaillent à longueur de pages meurtres et sadisme sexuel.

Il est évident que ces ULTIMES PERVERSIONS ne constituent pas un bon film dans le vrai sens du terme mais les amateurs de déviances et de cinéma choquant devraient y trouver leur compte en matière d'érotisme et de sadisme forcené.

Fred Pizzoferrato - Juillet 2007