THE IMAGE
Titre: Punishment of Anne
Réalisateur: Radley Metzger
Interprètes: Rebecca Brooke

 

Carl Parker
Marilyn Roberts
Yvette Hiver
Michelle Vence
 
 
Année: 1975
Genre: Erotique / Porno
Pays: USA
Editeur  


Critique:

Ecritt en 1956 par Catherine Robbe-Grillet sous le pseudonyme de Jean de Berg, L'Image s'est rapidement imposé comme un classique de la littérature érotique inspirée par le SM, prenant place aux côtés d'Histoire d'O, son évidente référence. Il fallut une vingtaine d'années pour que le cinéma s'empare de ce récit audacieux et Radley Metzger, grand manitou du porno chic en livra une adaptation d'une fidélité exemplaire, à mi chemin entre l'érotisme plus BCBG alors triomphant (EMMANUELLE, HISTOIRE D'O, MADAME CLAUDE) et le hard pur et dur qui vivait ses dernières heures de gloire avant de sombrer dans la médiocrité des productions vidéo de bas étage.


Metzger n'a pas son pareil pour offrir au public des spectacles de haute tenue, à la fois sensuelle, réflexifs, intelligents et stimulants et, après THE OPENING OF MISTY BEETHOVEN et THE PRIVATE AFTERNOON OF PAMELA MANN, il récidive avec une histoire simple mais bien menée.
Au cours d'une soirée mondaine, Jean, un homme revenu de tout, rencontre Claire, une de ses anciennes amies. Claire révèle alors à Jean qu'elle a une jeune femme, Anne, comme esclave et lui propose de participer en spectateur de plus en plus actif à la dépravation complète de la belle nymphette.


Jean accompagne donc les deux jeunes femmes dans le jardin des roses de Paris et découvre que Anne semble trouver beaucoup de plaisir dans sa complète soumission à Claire, au point de réclamer plus ou moins ouvertement de plus en plus d'humiliations et de punitions.
Rebecca Brooke, l'interprète d'Anne, montre beaucoup de conviction dans son jeu et ses yeux sont continuellement partagés entre l'expectative, la crainte, la douleur et le plaisir.


Carl Parker, pour sa part, parvient à se montrer convaincant dans son rôle d'homme blasé redécouvrant le sexe et l'amour. Son rôle, assez similaire à celui de Jamie Gillis dans STORY OF JOANNA (à la thématique quasiment identique), est travaillé et intéressant, sorte de pivot central de la relation trouble entre les deux jeunes femmes.


THE IMAGE navigue donc dans les eaux de l'érotisme et du hard, incluant des actes de sexe oraux, des scènes de flagellation et deux séquences montrant Anne uriner sous les ordres de Claire. Par contre, on n'y trouve aucune scènes de pénétrations explicites. Si la plus grande partie du métrage se révèle sensuelle et relativement délicate compte tenu du sujet, le dernier quart d'heure, beaucoup plus cru et explicite, risque de secouer les spectateurs à l'estomac délicat, Metzger nous invitant à une séance de dressage éprouvante et cepandant fortement érotique.

Si le film possède donc de nombreuses qualités (décors soignés, sens cinématographique réel, séquences érotiques nombreuses,…) il faut malheureusement signaler que le tout manque parfois un peu de rythme ou de véritable énergie. Les personnages, quoique plus développés que dans la vaste majorité du genre, manquent un peu de personnalité et ne sont pas très élaborés. Les passages utilisant une voix off ou se voulant plus philosophiques sont, eux aussi, un peu pesant et ralentissent le rythme d'un métrage un peu contemplatif et vaguement ennuyeux.

En définitive THE IMAGE est à la fois une semi-réussite et un semi-échec. Il s'élève par de nombreux aspects au-dessus de l'adaptation frileuse d'HISTOIRE D'O par Just Jaeckin mais ne retrouve pas les qualités du STORY OF JOANNA de Gerard Damiano. Trop lent, l'intrigue est également trop longuement mise en place pour que le spectateur ne sente pas poindre une certaine lassitude et un certain ennui. Cepandant, les qualités esthétiques réelles et la réussite brute des dernières minutes relèvent le niveau d'un métrage en définitive plutôt agréable à l'œil.

THE IMAGE mérite donc une vision, d'autant que le cinéma porno a rarement livré des productions aussi esthétiques et visuellement soignées, mais Metzger est pourtant passé en partie à côté de son sujet et rate donc le chef d'œuvre escompté. Reste un porno soft, beau, bien ficelé et sensuel. C'est déjà beaucoup!

Fred Pizzoferrato - Mai 2008