THE IMAGE OF BRUCE LEE (DIAMANTS ET KARATE)
Titre: Meng nan da zei yan zhi hu /
Storming Attack / Images of Bruce Lee
Réalisateur: Chuan Yang
Interprètes: Bruce Li

 

Chang Leih
Dana
John Cheung
Bolo Yeung
Ying-Chieh Han
 
Année: 1978
Genre: Kung Fu / Bruceploitation / Action
Pays: Hong Kong
Editeur  
Critique:

La bruceploitation connu, au cours des années ayant suivis la mort de Bruce Lee, diverses variantes, proposant tour à tour des biographies fantaisistes (STORY OF THE DRAGON, BRUCE LEE & I,…), des démarquages du JEU DE LA MORT, alors inachevé (LES 6 EPREUVES DE LA MORT, GOODBYE BRUCE LEE,…), des séquelles officieuses (BIG BOSS 2, FIST OF FURY 2,…) et, enfin, des métrages tentant d’imposer un successeur désigné pour marcher dans les pas du Petit Dragon (SALUT BRUCE LEE, BONJOUR LE TIGRE).

Au plus bas niveau, la bruceploitation s’est contentée de doter des métrages existants de titres racoleurs affichant une filiation purement fantaisiste avec Bruce Lee (THE SPIRIT OF BRUCE LEE, LIGHTNING BRUCE LEE,…). Même si IMAGES OF BRUCE LEE s’inscrit, en partie, dans cette dernière et honteuse catégorie, le film (également connu sous le titre plus passe partout de « Storming attack ») reprend néanmoins quelques tics familiers du véritable Petit Dragon et place dans le rôle principal son imitateur le plus célèbre, Bruce Li.

L’intrigue d’IMAGES OF BRUCE LEE débute par une scène involontairement drôle dans laquelle l’inspecteur Dragon, membre de la « Special Squad » (Bruce Li) tente d’empêcher une tentative de suicide. Vêtu de la célèbre tenue jaune popularisée par LE JEU DE LA MORT (mais de deux chaussures différentes !), Dragon retient le suicidaire par le bras…lequel se détache : il était en plastique. Et paf ! Le fatigué de la vie s’écrase en bas du building, félicitation à notre flic d’élite !

Enquêtant sur l’affaire, Dragon, accompagné d’un collègue simplement surnommé Moustache (!) découvre que la victime a été payée avec de l’argent contrefait dans une vente de diamants. Remontant la filière, Dragon se lance à la poursuite des faux monnayeurs, dirigés par Han Tin Lung (Ying-Chieh Han) son fils Steven (John Cheung) et le Japonais Kimura (le musclé et brutal Bolo Yeung, vu dans OPERATION DRAGON et BLOODSPORT).

Basé sur un scénario typique du polar sans imagination des seventies, IMAGES OF BRUCE LEE aligne les scènes attendues, Dragon et Moustache essayant de coincer les méchants mais se faisant immanquablement repérer. D’où de nombreux combats permettant à Bruce Li d’envoyer au tapis des figurants pas vraiment doués d’un point de vue martial.

Lors d’une séquence inspirée par le serial et les James Bond, nos héros sont toutefois capturés par le big boss qui, au lieu les abattre, décide de les asphyxier dans une pièce se remplissant lentement de gaz. Bien sûr, le méchant quitte les lieux sur un rire sardonique sans vérifier si son piège a fonctionné et les gentils s’en sortent sans une égratignure. Classique.

Jouant de la ressemblance de Bruce Li avec le véritable Petit Dragon (une demoiselle affirme même à Li qu’il devrait se lancer dans le cinéma « car il ressemble à Bruce Lee » !), IMAGES OF BRUCE LEE déroule sa très routinière intrigue en privilégiant une action martiale quasi non stop. Certes, le métrage se permet quelques clins d’œil au vrai Bruce Lee mais, dans l’ensemble, il s’agit d’un simple polar de série, agrémenté d’une dose complaisante de nudité absolument gratuite (merci Dana, spécialiste du full frontal incongru dans les kung fu bis!) et, surtout, d’une multitude de bastons. Rapide et prompt à balancer de jolis coups de pied, Bruce Li se montre très convaincant dans ces affrontements, de même que John Cheung et, bien sûr, l’inévitable Bolo Yeung. Dans une séquence rappelant manifestement LA FUREUR DE VAINCRE, Bruce Li investi ainsi le dojo des méchants et les met au tapis un par un. De la belle ouvrage.

Le combat final, pour sa part, dure quasiment un quart d’heure et débute par un classique « un contre un » dans les ruines d’un immeuble, ce qui permet quelques scènes de démolition, le méchant essayant traitreusement d’écraser Bruce sous des pans de murs. Ensuite, la baston se déplace au bord de l’eau pour un « deux contre deux » sur la plage, entrainant un final nerveux quoique longuet, le cinéaste Chuan Yang (auteur de deux Shaw Brothers horrifiques bien zarbis, HELL HAS NO BOUNDARIES et SEEDING OF A GHOST) recourant fréquemment à la slow motion pour lui donner un certain cachet.

Dans l’ensemble, les chorégraphies sont efficaces et IMAGES OF BRUCE LEE s’avère étonnamment divertissant. Bien sûr, personne n’a tourné ce métrage en espérant accoucher d’un chef d’œuvre impérissable mais, dans les limites de la bruceploitation, l’ensemble reste très recommandable. Les combats, nombreux, occupent la moitié du temps de projection et l’ambiance seventies, ainsi que la nudité charmante, permettent de passer un bon moment. IMAGES OF BRUCE LEE est donc une production dans laquelle on ne s’ennuie pas et, dans le genre, on ne peut guère en demander davantage.

 

Fred Pizzoferrato - janvier 2011