L'INITIATION DE ROSALIE
Titre: L'Initiation de Rosalie / Rosalie se découvre
Réalisateur: Michel Lemoine
Interprètes: Olinka

 

Gabriel Pontello
Virginie Chevrier
André Kay
Agnès Ardant
Dominique Saint Claire
 
Année: 1984
Genre: Porno / Erotique
Pays: France
Editeur Bach Films
Critique:

Connu sous différents titres (notamment “Rosalie se découvre”) cette petite production suit le parcours de Rosalie, jeune fille plutôt timide qui quitte provisoirement sa petite ville de province (et, accessoirement, son fiancé) pour se rendre à Zurich. Là, elle devient assistante du docteur Palmer, un coureur invétéré qui ne reste pas longtemps insensible à ses charmes.

Typique de son époque, le long-métrage de l’acteur et réalisateur Michel Lemoine (dissimulé sous son pseudonyme coutumier de Michel Leblanc) déroule le traditionnel récit d’initiation (le titre ne trompe donc pas !) d’une jeune fille prude partie se dévergonder dans la métropole. Rien de bien neuf mais un classicisme efficace pour du porno vintage d’autant que la demoiselle bénéficie de la plastique de la très belle Olinka Hardiman. Cette dernière, après ses débuts discrets dans EMMANUELLE A CANNES, joua beaucoup de sa ressemblance avec Marylin Monroe et, dès le début des eighties (et le bien nommé LES NUITS DE MARYLIN qui reste sans doute son œuvre la plus connue), on la vit ainsi incarner un sosie délurée de la star disparue dans une demi-douzaine de pornos d’intérêt variable.

L’INITIATION DE ROSALIE se révèle caractéristique d’une période révolue du hard et, comme le qualifie l’indispensable Christophe Bier dans les bonus, constitue un porno « frais » et joyeux, loin de la vulgarité et des spécificités du X actuel. Bénéficiant d’une intrigue banale mais acceptable saupoudrée d’une pincée d’humour, d’une photographie classieuse, de décors champêtres agréables et d’un réel soin au niveau technique, le film se regarde donc sans le moindre ennui. Les scènes sexy, elles, se succèdent avec une belle régularité mais sans lasser l’(a)mateur: dans un cabinet médical, sur le capot d’une voiture, en pleine nature dans les montagnes suisses, dans un magasin de vêtement (l’inévitable et réussi passage saphique), etc.

Rien de très original mais un ensemble bien mené et sans temps morts, l’intrigue basique permettant de passer, de manière très fluide, d’un passage chaud au suivant sans négliger un soupçon de comédie pour occuper le spectateur entre deux galipettes.

Quoique présenté dans sa version soft (comme tous les films de la collection « Erotisme à la française » édités par Bach Films), L’INITIATION DE ROSALIE n’a pas trop à en souffrir (contrairement à LA MAISON DES FANTASMES par exemple qui perd tout son charme et son potentiel ainsi censuré) et demeure suffisamment explicite (l’ensemble frôle souvent le hard mais évite les gros plans gynécologiques) pour contenter l’amateur d’érotisme.

Le physique irréprochable d’Olinka (et de ses copines), les saynètes (volontairement ?) clichées (notamment celle de la salle d’attente qui réussit à se montrer à la fois drôle, débile et sexy), le rythme vivifiant et la bonne humeur généralisée (jusqu’au bal masqué final qui vire à l’orgie avant une conclusion très fleur bleue gentiment moralisatrice) rendent cette INITIATION DE ROSALIE bien sympathique pour les nostalgiques. Plaisant.

Fred Pizzoferrato - Aout 2015