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Critique: |
Symptomatique de la peur des soucoupes volantes et, par extension, du « péril rouge » ayant saisi l’Amérique au début des années ’50, LES ENVAHISSEURS DE LA PLANETE ROUGE est une série B très datée en dépit de sa bonne réputation et de son statut de classique culte de la science-fiction. Précédant de quelques années le nettement plus convaincant L’INVASION DES PROFANATEURS DE SEPULTURES, le film met en vedette un enfant, insupportable tête à claques « je sais tout » promus spectateur d’une invasion extraterrestre imminente. Assistant depuis sa chambre à l’atterrissage d’une soucoupe volante, le jeune David MacLean prévient ses parents. Aussitôt son père, George, part à la recherche du mystérieux objet avant de disparaître derrière une colline. Son épouse, Mary, prévient rapidement la police mais George ne tarde pas à rentrer à la maison. David remarque toutefois que le comportement de son paternel a radicalement changé et il le soupçonne d’être tombé sous l’emprise d’une intelligence extraterrestre. Devant le scepticisme des autorités, David trouve finalement refuge auprès d’une infirmière et d’un astronome fasciné par les phénomènes d’OVNI. Ayant réussi à les convaincre, David et ses nouveaux amis avertissent l’armée américaine afin de repousser l’invasion venue de la planète rouge.
Initialement envisagé en 3D (une option finalement abandonnée pour raisons budgétaires), le long métrage de William Cameron Menzies garde cependant des traces de ce procédé par certains cadrages dans lesquels les objets sont résolument dirigés vers le spectateur. Débutant de belle manière part des décors très artificiels saturés de couleurs et entretenant, durant une petite demi-heure, un intéressant climat de paranoïa, LES ENVAHISSEURS DE LA PLANETE ROUGE ne tient, hélas, pas la distance une fois la réalité de la menace extraterrestre avérée. L’enchaînement des situations sombre alors dans la facilité, le gamin réussissant à convaincre une jolie infirmière en quelques secondes avant d’être conduit auprès d’une sommité de l’astronomie absolument pas sceptique des révélations énoncées. S’ensuit un passage soporifique d’un bon quart d’heure durant lequel le scientifique annone des banalités ou des inepties complètes visant à persuader le public d’une possible invasion en provenance de Mars. Didactique, illustrée de croquis et autres peintures, voire même de maquettes de soucoupes volantes, la séquence ennuie et se noie dans les redites et les répétitions.
L’intrigue, linéaire, se termine par un twist purement gratuit voyant le jeune héros se réveiller (ouf !) juste à temps pour apercevoir une soucoupe volante se poser près de sa maison (non !). En dépit d’une durée restreinte (environ 80 minutes), le film parait en outre très longuet et le recyclage en boucle des mêmes images sape peu à peu tout intérêt pour cette histoire, en particuliers durant la seconde partie, bien trop prévisible pour passionner. Considéré comme un classique de la SF parano des années ’50 et « remaké » avec un certain bonheur par Tobe Hooper au milieu des eighties, LES ENVAHISSEURS DE LA PLANETE ROUGE s’avère, hélas, très décevant.
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Fred Pizzoferrato - Août 2011 |
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