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Critique: |
Pour s'emparer du trône de Thessalie, le roi Pélias assassine le roi Aristo et sa fille. Seul Jason, le prince, échappe à la mort. Le félon apprend alors qu'un homme pourvu d'une seule sandale reviendra le tuer… Vingt ans plus tard, Jason sauve la vie de Pélias mais perd sa sandale et le roi, comprenant la vérité, décide d'envoyer le jeune homme à la recherche de la Toison d'Or, espérant le voir mourir dans l'entreprise. Jason recrute un équipage, les Argonautes, et part à la recherche de l'objet sacré. Ce classique de la carrière de Ray Harryhausen demeure un enchantement des plus agréables, en dépit de quelques défauts mineurs. Comme toujours, l'animation image par image est fort réussie en elle-même mais pas toujours bien intégrée au reste du métrage. Plus grave, la séquence de Poséidon, filmée avec un vrai acteur maquillé, jure horriblement avec le reste des séquences. C'est vraiment le passage le plus faible de l'ensemble et il dénote franchement au sein du reste, tellement plus merveilleux et réussi. Harryhausen s'est véritablement surpassé, désirant produire des effets encore plus incroyables que dans l'excellent SEPTIEME VOYAGE DE SINBAD.
L'histoire est simple mais, malgré tout, JASON ET LES ARGONAUTES permet de réviser la mythologie grecque de manière à la fois instructive et amusante, procurant un véritable divertissement qui se regarde les yeux grands ouverts. Les prophécies sont donc présentes, tout comme les dieux qui s'amusent des joies et des peines humaines. Zeus, Posédion, Hera, etc. apparaissent au fil du récit, afin d'aider ou de contrecarrer la quête de nos héros. Parmi les passages les plus réussis, citons le final au cours duquel six squelettes surgissent du sol pour s'en prendre à Jason et ses amis. De la belle ouvrage pour les cinéphiles nostalgiques. Même aujourd'hui, la séquence demeure impressionnante. Tout aussi réussi, le réveil de Talos permet à Harryhausen de dépasser les limites de la stop-motion et même de les utiliser, les mouvements légèrement saccadés inhérents au procédé étant "expliqué" par la nature du monstre: une statue de bronze vivante produisant des sons terrifiants.
La musique de Bernard Hermann, la beauté des décors et le faste de la production ajoutent au charme de ce classique. On ne s'ennuie donc pas une minute devant les nombreuses péripéties qui surviennent à Jason et ses amis même si on peut regretter une fin un peu abrupte. Ce métrage a toujours été intemporel et il a donc plutôt bien subi les ravages du temps. Beaucoup le considèrent d'ailleurs comme l'œuvre la plus aboutie de Ray Harryhausen et certains l'on carrément élu "meilleur film du monde". Sans aller jusque là, il fut une date importante du cinéma de fantasy, qui a su plaire et influencer de nombreux cinéastes au fil des ans (cf. par exemple le final du EVIL DEAD 3 de Sam Raimi). Malgré ses quarante ans d'âge, JASON ET LES ARGONAUTES reste le meilleur film consacré à la mythologie grecque et, à l'image d'un whisky single malt, le temps ne le rend que meilleur. |
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Fred Pizzoferrato - Janvier 2007 |
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