JESUS CHRIST CHASSEUR DE VAMPIRES
Titre: Jesus Christ Vampire Hunter
Réalisateur: Lee Demarbre
Interprètes: Phil Caracas

 

Murielle Varhelyi
Ian Driscoll
Jeff Moffet
Johnny Vegas
 
 
Année: 2001
Genre: Comédie / Horreur / Culte
Pays: Canada
Editeur  


Critique:

Exemple typique du film amateur tourné dans le seul but de s’amuser et de devenir vaguement culte (en quoi il a d’ailleurs en partie réussi), JESUS CHRIST VAMPIRE HUNTER est un délire complet qui devrait faire sourire, voire rire, les plus réceptifs. Les autres s’abstiendront en évitant de faire sauter des cinémas…ça n’en vaut pas la peine.

Tout commence par l’attaque de la vampire Maxine Shreck à l’encontre d’une pauvre demoiselle qui finit la gorge arrachée. Le Père Eustache et le Père Alban, un punk circulant sur une motocyclette, décident qu’il faut éradiquer la menace vampirique. Quel meilleur allié que Jésus-Christ pour cette mission divine ? Les deux prêtres découvrent rapidement le Messie en train de baptiser les croyants au bord de l’eau. Hélas, Eustache et Alban succombent sous les crocs de Maxine et de ses femmes vampires.

Jésus décide donc de passer inaperçu en se faisant couper les cheveux et raser la barbe. Il visite ensuite la Grande Ville et improvise un grand numéro musical (sous les regards des passants qui se demandent visiblement ce qui se passent). Peu après Jésus doit subir une nouvelle attaque : une trentaine d’athées experts en kung-fu surgissent d’une jeep pour défaire le Fils de Dieu. Mais ce dernier est également versé en arts martiaux et il ne fait qu’une bouchée des infidèles (toujours sous le regard d’enfants jouant tranquillement alors que le salut du monde est en jeu…les aléas du petit budget).

Néanmoins, Jésus a besoin d’aide et la très sexy Mary Magnum viendra la lui fournir afin de coincer le Dr Pretorius. Ce vil personnage a en effet décidé de rendre les vampires invulnérables au soleil en leur greffant de la peau humaine prélevée sur les lesbiennes de la ville. Il faut stopper le savant fou et Jésus se choisit une tenue plus passe-partout pour travailler à l’évangélisation des masses à coup de pied dans le cul. Lui et Mary Magnum partent affronter le Serviteur de Satan dans son antre. Malheureusement les choses tournent mal pour Mary et Jésus qui sont vaincus par les vampires menés par Johnny Golgotha. Mais il faut bien que quelqu’un éradique la menace et Dieu se manifeste à Jésus, lequel déprime tristement, avant de lui envoyer un allié inattendu en la personne du légendaire lutteur masqué El Santo.

Le métrage se poursuit par la visite de Jésus et El Santo dans une boite qui se révèle uniquement peuplée de vampires. Après la défaite d’El Santo sous les pouvoirs magiques de Maxine, J-C est forcé de se rendre non sans avoir empalée une tripotée de vampires. Johnny Golgotha se propose finalement de démembrer le pauvre Messie mais heureusement El Santo s’évade et sauve la mise au Fils de Dieu. Finalement, nos deux héros vont triompher des forces du mal et El Santo finira même par se trouver une petite copine parmi les lesbiennes en détresse, laquelle se découvre heureusement bisexuelle. Jésus, pour sa part, verra par contre Mary tomber dans les bras de Maxine, guérie de ses pulsions vampiriques. Tout est donc bien qui fini bien !

JESUS CHRIST VAMPIRE HUNTER n’a rien de commun avec la majorité des films que l’on peut voir habituellement et ne s’adresse surement pas aux spectateurs gavés de blockbusters à gros budget. En tant que « long métrage de cinéma » traditionnel il est d’ailleurs, avouons le, pratiquement irregardable. Le scénario repousse les limites de la stupidité, les acteurs sont affligeants, les moyens rudimentaires et l’ensemble a été tourné dans des conditions de complet amateurisme, au milieu de passants peu concernés et sans doute dans la maison des copains du réalisateurs.

Lee Demarbre a mis deux ans à tourner ce film, sans budget, sans décor, sans moyens et avec juste des copains pour comédiens. Il serait donc malvenu d’user des mêmes arguments critiques à son encontre qu’à un blockbuster de Michael Bay. Complètement Z, le métrage assume son aspect bricolé, sa photographie terne et granuleuse, ses maquillages gore exécutés avec de la saucisse et du ketchup, ses chorégraphies kung-fu totalement approximatives, son montage inexistant (tout parait tiré en longueur) et sa script girl surement partie boire un verre au bistrot. A moins qu’il n’y avait tout simplement pas de script-girl…ni de script d’ailleurs.

Il est toutefois difficile de dire du mal d’une telle entreprise tant le metteur en scène fait preuve de bonne volonté. Au lieu de décalquer avec quelques dollars une œuvre plus nantie, il utilise son temps et son énergie à produire un spectacle complètement décalé et plein de bonne humeur.

 

Quelques scènes très drôles suffisent d’ailleurs à justifier la vision de JESUS CHRIST VAMPIRE HUNTER : l’attaque des athées, Jésus bénissant sa bière avant de la cracher au visage des vampires, Jésus affrontant plusieurs adversaires en différents lieux et déclarant « I’m everywhere », …Dommage pourtant que, passé les vingt premières minutes, Jésus adopte le look d’un type normal. Il eut était tellement plus amusant de le voir évoluer dans le monde moderne avec sa tenue « traditionnelle », ses cheveux longs et sa barbe.

Compte tenu du sujet, le métrage use hélas de peu d’érotisme et reste avare en scènes gore même si le cinéaste ne se prive pas de plusieurs empalements saignants (et techniquement maladroits) à coup de pied de chaise ou de débouche-chiotte. Les dialogues pas toujours très subtils et le son post-synchronisé tirent pourtant le long-métrage vers le bas, tout comme une musique piètre et pas franchement adaptée. Reste que le final grand-guignolesque et délirant rachète en partie un film sinon beaucoup trop long pour convaincre.

Comme beaucoup de mini productions tournées avec une « bonne idée » en guise de scénario, JESUS CHRIST VAMPIRE HUNTER s’avère rapidement un peu pénible. Le rythme plus que défaillant et l’aspect répétitif du film empêche de s’amuser vraiment passé la première demi-heure.

Beaucoup trop long, le film ennuie donc durant la majeure partie de son temps de projection mais la multitude d’idées débiles sauve un minimum les meubles. Néanmoins on ne peut s’empêcher de penser que ce genre de métrage ne devrait pas dépasser une heure de projection (90 minutes c’est vraiment beaucoup trop) et qu’il vaut mieux le voir avec des copains et dans une ambiance détendue (ou dans un festival comme le BIFFF par exemple) pour éviter l’indigestion.

On peut donc saluer l’entreprise et l’énergie investie sans totalement adhérer à un métrage au choix à moitié raté ou…à moitié réussi.

A chacun de choisir son camp…celui de Jésus bien sûr !

Fred Pizzoferrato - Aout 2008