JU-ON, THE GRUDGE: WHITE GHOST (OLD LADY IN WHITE )
Titre: Ju-on: Shiroi rojo
Réalisateur: Ryûta Miyake
Interprètes: Akina Minami

 

Marika Fukunaga
Hiroki Suzuki
Chinami Iwamoto
Chie Amemiya
Shûsei Uto
 
Année: 2009
Genre: Epouvante
Pays: Japon
Editeur  
Critique:

Lancée en l’an 2000 directement pour le marché de la vidéo, la série « Ju On » débute avec JU ON THE CURSE tourné par Takashi Shimizu, rapidement suivi par JU ON THE CURSE 2. Le succès des « histoires de fantômes asiatiques » s’avère à ce moment important et, à la suite de RING, Shimizu dirige une suite / remake de son propre film, cette fois destiné aux écrans de cinéma et intitulé JU ON THE GRUDGE. Commercialement rentable, ce troisième épisode se voit suivi d’un quatrième, JU ON THE GRUDGE 2.

Comme souvent, les Américains s’emparent alors de la saga mais proposent à Shimizu en personne de s’occuper de la mise en scène, lequel accepte de refaire une nouvelle fois (!) son métrage avec THE GRUDGE, sorti en 2004. En dépit de critiques mitigées, ce remake ricain plutôt réussi fonctionne efficacement au box-office et une séquelle se voit rapidement mise en chantier. Shimizu rempile à nouveau pour ce THE GRUDGE 2 mais passe ensuite la main pour un THE GRUDGE 3 tourné en 2009 pour le marché de la vidéo.

Dix ans après le premier film, les Japonais reprennent les rennes de la saga et lancent deux nouveaux épisodes, chacun d’une courte durée (environ 60 minutes) : JU ON THE GRUDGE : OLD LADY IN WHITE (aka WHITE GHOST) et JU ON THE GRUDGE : GIRL IN BLACK (aka BLACK GHOST). Dans de nombreux pays, les deux titres seront d’ailleurs édités ensemble en vidéo sous le titre JU ON : WHITE GHOST / BLACK GHOST.

Réalisé par Ryuta Miyake, JU ON THE GRUDGE : OLD LADY IN WHITE adopte la structure éclatée, divisée en segments apparemment indépendants, typique de la franchise. Différents personnages sont mis en contact avec une malédiction et la jeune lycéenne Akane, dotée de pouvoirs psychiques, capte l’influence d’un fantôme mort dans la souffrance, celui de la jeune Mirai. L’intrigue nous transporte ensuite à l’origine du mal, dans une maison où vivent différentes personnes, dont un type possédé (ou simplement cinglé) qui finit par commettre une série de meurtres, tuant toute sa famille, dont sa sœur Mirai, avant de se pendre et d’enregistrer sa mort sur une cassette audio.

Le métrage, que l’on peut qualifier de « préquelle » des premiers volets, rappelle le travail effectué sur AMITYVILLE 2 LE POSSEDE en revenant aux supposées origines de la malédiction. Les vingt dernières minutes détaillent ainsi les différents meurtres des membres d’une même famille et, sans verser dans la surenchère et en usant essentiellement de suggestion, le réalisateur offre de grands moments horrifiques comme une jeune fille aspergée d’essence et immolée dans une baignoire ou une gamine décapitée à la scie. Pas étonnant que son fantôme crie ensuite vengeance et ne revienne hanter différentes personnes…

Quoique réalisé avec un budget restreint et filmé en vidéo, JU ON THE GRUDGE : OLD LADY IN WHITE se révèle plaisant et bien ficelé. L’approche fractionnée transforme un scénario relativement banal en un fascinant puzzle allant d’une époque à l’autre avec une belle fluidité et parvient à ne pas perdre en route le spectateur occidental, défaut dont souffre nombres de productions horrifiques asiatiques difficilement abordables par un plus large public.

La présence d’une grand-mère fantomatique se déplaçant avec un ballon de basket allège considérablement la tonalité du métrage, parfois à deux doigts de verser dans la parodie plus ou moins assumée, le comique involontaire ou le ridicule mais sans sombrer réellement dans le grotesque. Cependant, le final, sombre et sinistre, se révèle bien plus tendu et violent, rendant au final JU ON THE GRUDGE : OLD LADY IN WHITE angoissant même si la plupart des scènes chocs, déjà vues et revues dans moult productions japonaises similaires, ont perdus une bonne part de leur potentiel.

En dépit des limitations imposées par le budget, le tournage en vidéo et d’une mythologie à présent bien connue, JU ON THE GRUDGE : OLD LADY IN WHITE reste un agréable divertissement horrifique bien rythmé et agréable à suivre. A condition de ne pas en attendre un chef d’œuvre mais un « simple » tour de manège conçu pour distraire et effrayer le spectateur conciliant une heure durant, le métrage constitue une réussite sympathique et devrait plaire aux inconditionnels des « ghost stories » asiatiques et aux fans de la J-Horror.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2011