KAW
Titre: Kaw
Réalisateur: Sheldon Wilson
Interprètes: Sean Patrick Flanery

 

Stephen McHattie
Kristin Booth
Rod Taylor
John Ralston
Michelle Duquet
 
Année: 2007
Genre: Fantastique / Horreur
Pays: USA / Canada
Editeur  
Critique:

Sheldon Wilson s’est signalé aux amateurs de fantastique via l’intéressant L’ECORCHE, réalisé en 2004, un métrage ne payant pas de mine mais agréable et relativement original. Sa troisième réalisation (sa première étant le thriller NIGHT CLASS en 2001) marque malheureusement le pas tant KAW s’avère prévisible et dénué de la moindre surprise. Toutefois, les films consacrés aux oiseaux meurtriers étant étonnamment peu nombreux, l’ensemble se laisse regarder sans déplaisir.

KAW se situe dans une petite ville de 600 habitants et suit le quotidien du sheriff Wayne, lequel s’apprête à quitter la campagne pour suivre sa brillante épouse Cynthia. La dame ayant décroché un poste important dans une mégapole, Wayne se prépare à vivre sa dernière journée de représentant de la loi, administrant quelques contraventions pour conduite en état d’ivresse ou stationnement illicite. Bref, la routine absolue dans ce bled paumé où il ne se passe jamais rien de notable. Mais, en ce jour, le sheriff Wayne aura pourtant beaucoup à accomplir car, inexplicablement, les corbeaux se mettent à attaquer les humains et rien ne semble pouvoir arrêter leurs attaques meurtrières.

Après quelques victimes isolées, les oiseaux de malheur, à l’intelligence très développée (ils sont plus malins que les chiens précise le dialogue) s’en prennent à toute la ville ! Très linéaire, KAW débute classiquement par la découverte de l’une ou l’autre victime puis passe aux affirmations du poivrot local qui prétend avoir été attaqué par des corbeaux. Le bonhomme n’est bien sur pas pris au sérieux mais les agressions se multiplient rapidement, d’abord à petite échelle (une voiture conduite par un jeune couple, un bus scolaire) puis à plus grande échelle, tandis que la ville entière subit les assauts des volatiles.

Entre film catastrophe et épouvante, KAW déroule donc un scénario balisé à souhait, y compris dans son explication finale conventionnelle et pourvue d’une certaine portée écologique tout à fait dans l’air du temps. Pas vraiment surprenant, le métrage de Sheldon Wilsons essaie simplement de divertir et y parvient parfois, sans chercher le moins du monde à renouveler un schéma bien connu. En effet, tant par son intrigue que par la présence de Rod Taylor dans un rôle secondaire, KAW renvoie immédiatement au classique LES OISEAUX d’Alfred Hitchcock dont il est, ni plus ni moins, le remake pirate. Difficile de vouloir se mesurer à un tel monument du cinéma fantastique et inutile de dire que KAW y échoue assez piteusement. Pourtant, Sheldon Wilson offre une mise en scène plutôt efficace quoique sans génie, privilégiant un rythme soutenu entretenu par les nombreuses agressions commises par les redoutables volatiles.

Les scènes d’attaques restent donc bien ficelées dans l’ensemble et les effets spéciaux s’avèrent relativement corrects pour ce type de petits budgets, largement au-dessus de la concurrence représentée par les productions Nu Image par exemple. Evidemment, les corbeaux paraissent parfois un peu « faux » et certains passages (le lancer de pierres par les bestioles contre un bus immobilisé) demandent une certaine bonne volonté au spectateur qui devra jouer de la fameuse « suspension d’incrédulité » pour y croire. Néanmoins, dans l’ensemble, les images de synthèse restent acceptables à condition de ne pas attendre du métrage qu’il puisse concurrencer les grosses productions hollywoodiennes. Les effets gore, pour leur part, sont peu nombreux et timorés, donnant à KAW une allure de téléfilm peu audacieux assez préjudiciable à un spectacle manquant un peu de mordant.

Au niveau du casting, les trois ou quatre acteurs principaux se montrent globalement convaincants dans les limites qui leur sont imparties. Le rôle principal se voit dévolu à Sean Patrick Flanery (qui fut « le jeune Indiana Jones » dans la série télé homonyme), lequel accomplit le boulot de manière très professionnelle même si la caractérisation de son personnage reste très schématique. Le vétéran Rod Taylor, âgé de 77 ans, se voit confié un rôle secondaire de médecin de campagne et accentue encore davantage la filiation entre KAW et LES OISEAUX, dans lequel il tenait le rôle principal voici un demi siècle. Par contre les personnages annexes, caricaturaux à souhait (l’ivrogne repenti, le fanatique religieux, les écolières stupides, l’adjoint héroïque) manquent de crédibilité et sont esquissés à gros traits. Enfin, une fois encore, on a vu pire et personne ne cherche dans ce type de métrage des personnages élaborés ou des dialogues très intelligents.

Même si il reste correct dans le genre « attaque d’oiseaux, KAW n’est donc pas une grande réussite. Si Sheldon Wilson fait mieux que la concurrence, assez restreinte (le mexicain BIRDS OF PREY et deux téléfilms, PEUR NOIRE et LES OISEAUX 2), l’ensemble s’avère toutefois sans grand intérêt, quoique plutôt distrayant.

Les amateurs de long-métrages consacrés aux « agressions animales » peuvent donc se laisser tenter par ce KAW assez rythmé et référentiel, lequel se voit sans passion mais sans déplaisir. Un métrage très moyen mais qui parvient à ne pas trop ennuyé. Sans plus ni moins.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2010