KICKBOXER
Titre: Kickboxer
Réalisateur: Mark DiSalle & David Worth
Interprètes: Jean-Claude Van Damme

 

Dennis Alexio
Dennis Chan
Michel Qissi
Rochelle Ashana
Haskell V. Anderson III
Ka Ting Lee
Année: 1989
Genre: Arts martiaux
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Réalisé à la fin des années ’80 et au tout début de la brève « heure de gloire » de Van Damme, KICKBOXER constituait le parfait film d’arts martiaux susceptible de perpétuer la flamme allumée par l’excellent BLOODSPORT. Par rapport à ce dernier, la recette ne change guère et l’intrigue reprend un schéma vu et revu dans d’innombrables petits kung-fu des années ’70, additionné d’une large rasade de KARATE KID et de ROCKY IV, deux énormes succès récemment (à l’époque) sortis. Tourné pour un budget restreint (un million et demi de dollars), il en récolta dix fois plus uniquement aux Etats-Unis et attira les foules dans les salles (plus de 900 000 entrées en France).

Kurt Sloane (Van Damme) entraine son frère Eric (Dennis Alexio), le champion américain de kickboxing qui vient de remporter une nouvelle victoire. Lorsqu’un journaliste lui parle de la Thaïlande, patrie du muay-thai, le fougueux Eric prend un billet pour Taiwan, pardon Bangkok, et se retrouve sur un ring face au monstrueux Tong Po (Michel Qissi), lequel frappe son adversaire et lui brise la colonne vertébrale. Apprenant que son frère restera paralysé, Kurt décide de s’adresser à une école de muay-thai afin de perfectionner ses aptitudes martiales mais les instructeurs lui rient au nez. Après plusieurs désillusions, Kurt échoue chez un vieil ermite, Xian, qui accepte de lui enseigner son art.

Linéaire, KICKBOXER se conforme à tous les clichés attendus, notamment dans la caractérisation du vieux sage asiatique stéréotypé joué par Dennis Chan, lequel possède heureusement une ravissante nièce qui saura atténuer la rigueur de l’entrainement. Ce-dernier, tout droit sorti d’une kung fu comedy de Jackie Chan, inclut un apprentissage de la respiration, des étirements pour rendre Mr Muscles from Brussels capable d’effectuer un grand écart, des instants de « méditations » dans une cité en ruines où s’entrainaient jadis les guerriers, etc. Et, pour la bonne bouche, la célèbre séquence où Van Damme, ivre, improvise quelques pas de danse sur la piste d’un bar miteux avant de se battre avec une poignée de voyous. Une scène aussi mémorable qu’enthousiasmante !

Hélas, le jeu de Van Damme se montre ici particulièrement limité (le bonhomme s’améliorera nettement par la suite) et les séquences d’émotion ou romantiques font souvent peine à regarder. Cependant, elles sont rares et le roi du coup de pied retourné se montre nettement plus convaincant durant les séquences d’entrainement et les combats. Les seconds rôles assurent eux-aussi le boulot et proposent dans l’ensemble de bonnes prestations. Ami d’enfance de Van Damme, Qissi s’avère ainsi très crédible en champion d’arts martiaux à demi fou, un violeur assassin qui trempe dans les sales combines de la mafia locale.

Dennis Chan, en ermite excentrique, apparait au croisement du vieux maitre de KARATE KID et du personnage de Chiun vedette des romans de gare « L’Implacable ». Il apporte sa bonne humeur à l’entreprise et rend toutes ces scènes sympathiques, tout comme Haskel V. Anderson, amusant en Américain combinard et débrouillard exilé en Asie après la guerre du Viêt-Nam. Le champion de kickboxing Dennis Alexio, pour sa part, incarne avec moins de réussite le frère au destin funeste de Van Damme après avoir fréquenté les tréfonds du bis bourrin dans le PICASSO TRIGER d’Andy Sidaris.

Le succès de KICKBOXER entrainant une franchise fructueuse dans les vidéoclubs, les deux frères s’en découvrirent un troisième prénommé David (Sasha Mitchell) qui, entrainé par Dennis Chan, revint affronter Qissi dans l’efficace KICKBOXER 2. Le combat final, joliment parodié par HOT SHOTS 2 (ce qui démontre, quelque part, la popularité de KICKBOXER à l’époque) voit Van Damme et Qissi combattre à « l’ancienne mode », c’est-à-dire les mains entourées de cordages enduits de résine sur lesquels sont collés des morceaux de verre. La baston se montre donc brutale et sanglante (dans les limites d’un divertissement grand public) d’autant que Van Damme ne peut répliquer suite à l’enlèvement de son frère par la mafia locale décidée à truquer le match pour empocher l’argent des paris. Mais la libération in extremis de l’otage donnera à JCVD l’opportunité de rendre coups pour coups et de délivrer quelques coups de pieds aériens bien placés.

Ponctué de chansons FM Rock délicieusement kitsch chantées par Stan Bush (lequel avait déjà pareillement sévi sur BLOODSPORT), le métrage se revoit aujourd’hui avec un véritable plaisir empreint d’une indéniable nostalgie pour cette époque hélas révolue. Sans égaler BLOODSPORT, cette solide série B demeure un petit classique du cinéma martial américain des années ’80 et un des Van Damme les plus divertissants de son début de carrière.

D’une durée adéquatement restreinte à 97 minutes, KICKBOXER offre de la pure évasion pop-corn sans prise de tête et se suit avec le sourire, de la bière et du popcorn. A voir et à revoir.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2015