KICKBOXER II - LE SUCCESSEUR
Titre: Kickboxer 2: The Road Back
Réalisateur: Albert Pyun
Interprètes: Sasha Mitchell

 

Dennis Chan
Michel Qissi
Peter Boyle
Cary-Hiroyuki Tagawa
John Diehl
Heather McComb
Année: 1991
Genre: Arts martiaux
Pays: USA
Editeur  
Critique:

A la fin des années ’80, le cinéma martial redevient brièvement très populaire grâce aux premiers longs-métrages de Jean-Claude Van Damme, en particuliers BLOODSPORTS et KICKBOXER. Tous les films de Monsieur Muscles from Brussels se doivent dès lors d’hériter de séquelles majoritairement destinées aux vidéoclubs. Les franchises se succèdent et, outre les deux titres précités, CYBORG, TIME COP, KARATE TIGER et UNIVERSAL SOLDIER reçoivent de nouveaux épisodes. Point commun de toutes ces sagas ? Van Damme refuse d’y participer et les scénaristes doivent donc ruser pour entretenir une filiation compromise.

Dans ce KICKBOXER 2 apparait ainsi un nouveau protagoniste, jamais mentionné dans l’épisode liminaire, à savoir David Sloan, troisième frère de la famille. Après la mort de ses frangins (et le meurtre de Kurt Sloan – joué par Van Damme dans le premier volet – par le redoutable Tong Po), David Sloan ne désire plus combattre de manière compétitive et préfère entrainer des gamins des rues aux arts martiaux. Toutefois, sa salle de sports se trouve au cœur de difficultés financières importantes et David envisage de retrouver les rings. Dans le même temps, un représentant du gouvernement thaïlandais, Mr Sangha, désire laver l’affront consécutif à la victoire de Kurt Sloan sur Tong Po. C’est donc à David de relever le gant, aidé par Xian venu spécialement de Thaïlande pour l’entrainer.

Ecrit par David S. Goyer, déjà auteur de COUPS POUR COUPS et futur scénariste à succès (la trilogie THE DARK KNIGHT, MAN OF STEEL, BLADE 2, DARK CITY), cette séquelle constitue une belle surprise en dépit de l’absence regrettable de Van Damme, ici très brièvement remplacé par Emmanuel Kervyn (réalisateur de RABID GRANNIES) dont pratiquement toutes les scènes furent coupées au montage, ne laissant que la vision rapide de son cadavre.

La véritable star de KICKBOXER 2 est donc le nouveau venu Sasha Mitchell, précédemment acteur de télévision vu dans « Dallas » et « Notre belle famille ». Il campe ici David Sloan, rôle qu’il reprendra d’ailleurs dans KICKBOXER 3 et 4. Pour assurer la continuité entre ce deuxième épisode et le premier, le scénariste rappelle heureusement le vieux maitre Xian (joué par Dennis Chan) qui réitère son numéro à la KARATE KID et le toujours aussi hargneux Tong Po, de nouveau incarné par Michel Mohammed Quisi. L’habitué du cinéma martial bis Matthias Hues vient lui-aussi effectuer un petit tour de piste.

Rodé à ce type d’entreprise, Albert Pyun (CYBORG, BLOODMATCH) emballe adroitement le métrage et se repose sur un montage nerveux qui dynamise grandement les combats chorégraphiés par Benny The Jet Urquidez, un des plus grands champions de l’histoire des arts martiaux célèbre pour son hallucinant combat dans DRAGONS FOREVER de Sammo Hung.

Ponctué d’intermèdes musicaux (popularisés par ROCKY 3 et 4 mais repris notamment dans BLOODSPORTS) typiques de son époque, KICKBOXER 2 constitue une longue suite de combats, d’entrainements et scènes « familiales » gnangnan (toutes celles impliquant les jeunes du quartier) ou amusantes (dès qu’intervient le vieux maître sarcastique). Les inévitables punchlines et autres répliques cultes indissociables de ce style de cinéma burnés s’avèrent également efficaces, la meilleure étant déclamées par le méchant thaïlandais à l’organisateur de combat ripoux : « Certaines choses ne sont pas à vendre. Heureusement pour moi vous n’êtes pas de celles-là»

Pour beaucoup, KICKBOXER 2 ne sera qu’une séquelle « vite faite mal faite » d’un succès du box-office mais le film ne démérite pas et offre exactement ce qu’on attend : du fun, du divertissement et des combats dans l’ensemble enthousiastes.

Dans la masse des innombrables productions à petit budget consacrées au kickboxing sorties à la charnière des années ’80 et ’90, KICKBOXER 2 s’impose sans hésiter comme le haut du panier.

 

Fred Pizzoferrato - Janvier 2015