KICKBOXER VENGEANCE
Titre: Kickboxer
Réalisateur: John Stockwell
Interprètes: Alain Moussi

 

Jean-Claude Van Damme
Dave Bautista
Gina Carano
Sara Malakul Lane
Darren Shahlavi
 
Année: 2016
Genre: Arts Martiaux
Pays: USA
Editeur
Critique:

Sorti en septembre 1989 KICKBOXER avait permis à Jean-Claude Van Damme de s’imposer comme l’étoile montante des arts martiaux et, accessoirement, d’initier une franchise d’intérêt variable avec Sasha Mitchell (les deuxième, troisième et quatrième volets) puis Mark Dacascos (l’ultime KICKBOXER 5 en 1994).

Plus qu’un quart de siècle après l’original, Van Damme revient donc dans ce reboot où, âge oblige, il tient à présent le rôle du maître entraineur Durand, laissant au jeune Alain Moussi le soin d’incarner Kurt Sloane. Quoique doué pour le combat, Moussi manque clairement du charisme de son ainé qui, avec les années, cultive un jeu plus efficace associée à une patine bienvenue dans le genre « revenu de tout ». L’intrigue, elle, n’a guère changé : Kurt Sloane cherche toujours à vaincre l’affreux Tong Po qui a massacré son frère, le champion d’arts martiaux Eric. Entrainé en Thaïlande par Maître Durand, Kurt apprend à la dure comment combattre dans les arènes clandestines du Muay Thai.

Pour étoffer un peu cette trame rachitique, KICKBOXER VENGEANCE développe une petite romance inutile (qui apporte une touche de nudité féminine) avec une fliquette décidée à stopper les combats clandestins et une sous-intrigue liée, à base de pari, sans grand intérêt. Rien de grave, cela ne suffit pas à ralentir un film qui avance à bonne vitesse en alternant séance d’entrainement et combats correctement emballés.

Aux côtés de Van Damme et Moussi, KICKBOXER VENGEANCE donne la vedette à la star du catch Dave Bautista qui reprend le rôle emblématique de Tong Po, jadis campé (dans les deux premiers films) par Michel Qissi. Ce-dernier bénéficie d’un petit caméo sous forme de clin d’œil puisqu’il demande à Van Damme « est-ce que tu m’as oublié ? ». Vedette du précédent long-métrage de John Stockwell (IN THE BLOOD), Gina Carano, ex star du MMA, s’octroie ici un rôle important mais malheureusement non physique qui ne lui donne nullement l’occasion de démontrer ses pourtant impressionnantes capacités martiales.

En résumé, KICKBOXER VENGEANCE est un remake plaisant et satisfaisant pour les amateurs de cinéma martial à la façon des années ’80. On y retrouve tous les clichés popularisés par l’original (et les dizaines d’imitations plus ou moins réussies qui suivirent comme KING OF THE KICKBOXER, AMERICAN SHAOLIN, BLOODFIST ou BLOOD MATCH) mélangée à une certaine naïveté héritée des films de kung fu orientaux eux-mêmes recyclés via les sagas KARATE KID ou BEST OF THE BEST. Aucune originalité et un certain manque de hargne par rapport aux récents THE RAID, MERANTAU ou encore SPL. Mais il est agréable de revoir ce style de chorégraphie, plus travaillées que réellement brutales quoique Bautista se montre impérial en grand méchant aussi sadique qu’impassible.

Bref, les afficionados de l’original en retrouveront les moments emblématiques comme le fameux Nok Su Kow (« le guerrier blanc ») scandé par les spectateurs du combat final. Et, lors du générique, Moussi se livre à une « dance battle » contre Jean-Claude Van Damme reprenant la célèbre (et souvent moquée) scène du premier KICKBOXER.

En dépit d’un script prévisible, d’un comédien vedette fade et d’une mise en scène simplement fonctionnelle KICKBOXER VENGEANCE se regarde donc avec plaisir à condition bien sûr de ne pas en attendre monts et merveilles.

Fred Pizzoferrato - Septembre 2016