KILLER CROCODILE

Titre: Killer Crocodile
Réalisateur: Fabrizio De Angelis
Interprètes: Richard Anthony Crenna

 

Pietro Genuardi
Van Johnson
Ennio Girolami
Sherrie Rose
John Harper
Bill Wohrman
Année: 1989
Genre: Horreur / Aventures
Pays: Italie
Editeur Neo Publishing
Critique:
Sorti à la toute fin de la grande vague du bis italien, KILLER CROCODILE se savoure, paradoxalement, davantage aujourd’hui qu’en 1989. Moins populaire que le requin, le crocodile a, en effet, été mis à toutes les sauces et pour de sympathiques réussites comme LAKE PLACID ou SOLITAIRE combien d’indignes séries Z à base de sauriens en images de synthèse désastreuses ? Nous suivons donc une bande de militants écologistes venus faire quelques prélèvements dans l’eau infestée de produits chimique d’un quelconque supposé paradis tropical. Alors qu’ils tentent de découvrir l’identité des coupables (d’infâmes patrons capitalistes), ils doivent également affronter un gigantesque crocodile mutant affamé.

Tout modeste qu’il soit, KILLER CROCODILE s’apprécie aujourd’hui comme un petit film à l’ancienne, avec ses comédiens pas très convaincant, son has been en fin de carrière (Van Johnson, vu dans OURAGAN SUR LE CAINE), son vétéran du bis (Ennio « Thomas Moore » Girolami aperçu dans LES GUERRIERS DU BRONX) et même son « fils de » en la personne du jeunot Richard Anthony Crenna, fils de Richard Crenna, le fameux colonel de RAMBO, pour son unique tête d’affiche. Evidemment, KILLER CROCODILE se distingue encore par une mise en scène souvent à la ramasse de Fabrizio De Angelis (la trilogie THUNDER) et un rythme lénifiant (tous les plans s’éternisent pour atteindre la durée réglementaire au point qu’un montage plus resserré permettrait sans doute un film plus rythmé mais dont la durée n’excéderait pas les 60 minutes).

Le monstre en plastique est, lui, confectionné par Gianetto de Rossi. Il n’est guère crédible et bouge très peu mais, en ces temps de CGI envahissant, son aspect rétro s’avère plutôt réjouissant, d’autant que les scènes d’attaque sont nombreuses et se permettent, parfois, de beaux bouillons écarlates. Enfin, Riz Ortolani assure la bande sonore et livre une des copies les plus évidentes du thème des DENTS DE LA MER, laquelle s’avère appropriée tant De Angelis pille le classique de Spielberg sans la moindre honte en y ajoutant une pincée d’écologie tout aussi classique (on trouvait déjà ce genre de considération dans PROPHECY). Le climax voit logiquement le héros campé par Richard Anthony Crenna confronter le saurien et en triompher quoique les dernières images nous promettent déjà une séquelle, laquelle fut tournée dans la foulée pour rentabiliser au maximum le maigre budget.

 Bref, tout cela est bien paresseux et sans grand intérêt, souvent lénifiant, bien ringard à présent mais, quelque part, assez charmant pour les nostalgiques…et à tout prendre cela reste plus divertissant que LAKE PLACID IV.

Fred Pizzoferrato - Mars 2017