MYGALE - LE BAISER DE LA TARENTULE
Titre: Kiss of the Tarantula
Réalisateur: Chris Munger
Interprètes: Suzanna Ling

 

Eric Mason
Herman Wallner
Linda Spatz
Beverly Eddins
Patricia Landon
 
Année: 1976
Genre: Epouvante / Thriller / Drame
Pays: USA
Editeur  
Critique:

Réalisé en 1976, MYGALE – LE BAISER DE LA TARENTULE est le second et dernier long-métrage du méconnu Chris Munger. Bien évidemment, le film s’inspire du succès de WILLARD et de ses rats utilisés comme instrument de vengeance par un type mis à l’écart de la société. Un schéma déjà réutilisé par STANLEY (et ses serpents à sonnettes) ou SNAKES – HOLY WEDNESDAY et qui resservira à l’occasion de JENNIFER – HORRIBLE CARNAGE en 1978.

L’intrigue, plus proche du drame que de l’horreur, nous présente Susan, une fille un peu spéciale vivant à l’écart des gens de son âge à qui elle préfère la compagnie de ses araignées domestiques. Un jour, Susan découvre que sa mère vit une relation adultérine avec son oncle et que les amants ont projetés l’assassinat de son père. Prenant les devants, l’adolescente place une de ses tarentules sur le corps endormi de sa génitrice, laquelle se réveille et meurt littéralement de peur. Quelques années s’écoulent et Susan vit avec son père, un croquemort, sans avoir renoncé à sa passion pour les arachnides. Lorsqu’une bande de jeunes tue accidentellement une de ses tarentules apprivoisées, la demoiselle devient folle de rage et décide de se venger en utilisant ses petites protégées à huit pattes.

Petite série B sans aucune originalité, MYGALE – LE BAISER DE LA TARENTULE semble avoir été conçue dans la précipitation pour profiter du succès de WILLARD sorti peu de temps auparavant. L’intrigue ne cherche donc nullement la complication en s’intéressant à une jeune fille mise à l’écart par ses camarades et vivant en compagnie de son père, tout aussi isolé socialement à cause de sa profession de croquemort. Peu à peu, notre héroïne s’enfonce dans la folie en assassinant divers personnes ayant eut le malheur de croiser la route, ce qui attire l’attention de son oncle, un policier amené à dissimuler les preuves de sa culpabilité car il nourrit à l’égard de la demoiselle des pensées lubriques.

Aux influences évidentes des métrages à base d’animaux exotiques utilisés comme instruments de revanche, MYGALE – LE BAISER DE LA TARENTULE ajoute un côté fort proche de CARRIE dans sa description du personnage principale d’une jeune fille mal dans sa peau, mentalement instable, tentée par une existence plus conforme à la « normalité » mais également décidée à utiliser ses particularités (les araignées remplaçant la télékinésie) pour se venger de son entourage.

Pour son unique contribution au Septième Art, la belle Suzanna Ling se montre particulièrement convaincante et attachante, au point qu’elle évite, par sa seule présence, au métrage de sombrer complètement. Car, mis à part cette interprétation de grande qualité, MYGALE – LE BAISER DE LA TARENTULE ne propose rien de vraiment transcendant. Les mises à mort, relativement nombreuses durant les trois premiers quart d’heure du film, utilisent à bon escient les araignées velues pour générer le frisson et le cinéaste ne se prive pas de prendre tout son temps pour détailler les bestioles avançant lentement vers leurs proies. Ces dernières sont, la plupart du temps, coincées dans un espace clos qui les empêchent de fuir et Chris Munger joue adroitement de l’arachnophobie naturelle du public.

Dommage que les séquences impliquant les bestioles paraissent souvent languissantes, pour ne pas dire interminables, tant le montage paresseux et la mise en scène sans imagination rendent le métrage lassant. Notons d’ailleurs que les araignées ne tuent leurs victimes pas puisque la panique s’en charge, la plupart mourant de peur ou d’un accident causé par la terreur.

Durant la dernière demi-heure, MYGALE – LE BAISER DE LA TARENTULE délaisse d’ailleurs cet aspect revanchard et néglige les tarentules au profit d’un crime particulièrement sadique orchestré par la jeune Susan, décidé à éliminer son oncle trop entreprenant. Un climax bien pensé mais, hélas, pauvrement exécuté au point que la conclusion, attendue, tarde terriblement à venir.

Toute petite production probablement destinée à amuser les teenagers fréquentant les drive-in, MYGALE – LE BAISER DE LA TARENTULE manque terriblement de frissons et de mordant pour convaincre. Le nombre de mort reste timoré (une demi-douzaine) et l’érotisme est totalement absent (pas même une poitrine dévoilée), rendant, au final, le film de peu d’intérêt. A réserver aux curieux acharnés.

 

Fred Pizzoferrato - Mars 2011