KOLOBOS
Titre: Kolobos
Réalisateur: David Todd Ocvirk / Daniel Liatowitsch
Interprètes: Amy Weber

 

Donny Terranova
Nichole Pelerine
John Fairlie
Promise LaMarco
Ilia Volokh
Linnea Quigley
Année: 1999
Genre: Slasher / Gore
Pays:  
Editeur ESI
4 /6
Critique:

Petit slasher ne payant guère de mine, KOLOBOS se révèle, au final, plutôt agréable. L'intrigue n'est pas vraiment révolutionnaire mais se suit sans ennui: cinq jeunes gens sont invités à passer quelques temps dans une maison où ils seront filmés en permanences par un cinéaste amateur. Mais, rapidement, l'inoffensif petit jeu tourne au tragique: toutes les issues sont fermées par de lourds volets mécaniques et des pièges mortels commencent à décimer le petit groupe…

Les personnages de KOLOBOS ne sont pas particulièrement originaux: une fille artiste avec des troubles mentaux et une tendance à l'automutilation (pfff!), une jeune un peu sotte et délurée, une actrice de série Z plutôt jolie, un comédien / comique minable et obsédé et, enfin, un étudiant en cinéma intello. Heureusement, les cinéastes ne semblent pas dupes de ce qu'ils filment et ils glissent dans leur scénario de nombreuses touches d'humour, y compris référentielles et auto parodiques. La scène où le petit groupe visionne les chef d'œuvres (les six "slaughterhouse factor") de l'apprentie actrice se révèle même franchement drôle ("on regarde lequel là?" - "le 3" - "seulement"), de même que la défense / justification très intellectualisée des slashers Z par un des protagonistes.

En référence supplémentaire à la glorieuse époque du genre, on retrouve aussi au générique Linnea Quigley, une des plus fameuses scream-queen des années 80, vues (par très peu de spectateurs!) dans des titres aussi improbables que BEACH BABES FROM BEYOND, ROBO NINJA, VICE ACADEMY, HOLLYWOOD CHAIN SAW HOOKERS, ASSAULT OF THE PARTY NERDS et, surtout, LE RETOUR DES MORTS VIVANTS, son métrage le plus fameux où elle se livre à un torride strip-tease avant d'être dévorée par les zombies! Elle fut aussi une victime de cette ordure de Père Noël dans le slasher culte DOUCE NUIT, SANGLANTE NUIT. Ici, âgée de 40 ans, Linnea Quigley n'a qu'un rôle accessoire mais ce petit clin d'œil ravira les nostalgiques.

Au niveau du gore, KOLOBOS ne démérite pas et laisse le sang couler en abondance. Les meurtres très inventifs doivent davantage aux giallos qu'aux slashers, ce que souligne d'ailleurs la musique de William Kidd, très très inspirée du travail des Goblin sur les films d'Argento avec, parfois, de petits emprunts aux partitions synthétiques de John Carpenter. On trouve pires références! Tête et dents éclatées, énucléation contre un trophée de cerf empaillé, éventration à la lame circulaire, jets d'acide,…De l'horreur brute de décoffrage qui hisse KOLOBOS au niveau des slashers les plus gore des années 80, comme CAUCHEMARS A DAYTONA BEACH, INTRUDER, CARNAGES ou THE MUTILATOR.

Pour la mise en scène, KOLOBOS ne se révèle pas franchement original mais parvient à trouver un certain look, une fois encore proche du giallo, en privilégiant les éclairages contrastés, l'obscurité complice et les jets de lumière rouges ou bleutés.

Le gros problème de KOLOBOS réside cependant dans une accumulation de twists idiots, alors que l'identité de l'assassin, elle, est évidente depuis le début. Les cinéastes pointent du doigt une des personnes et, alors que l'on s'attend à un retournement, une machination ou que sais-je encore il n'en est rien: c'est bien le coupable! Pour gâcher un peu plus la bonne impression, les dix dernières minutes versent dans le fantastique psychologique de bazar et s'avèrent - globalement - incompréhensibles, pour ne pas dire embarrassantes et longuettes. En gros, les cinéastes remettent tout en question et ne répondent à aucunes des interrogations légitimes du spectateur: qui est Kolobos? Existe t'il réellement? Est-il la matérialisation des pensées négatives de "Bip!"?, La maison existe t'elle?, Tout cela est il rêve?, Qui veut gagner des millions? etc.

Croisement entre CUBE et VENDREDI 13 (bref, du SAW 2! avec six ans d'avance), cette petite production se laisse pourtant regarder avec beaucoup de plaisir et n'est jamais ennuyeuse, sauf lors du désastreux final.

Dans l'ensemble, une bonne surprise, qui justifie pleinement une vision!

Fred Pizzoferrato - Février 2007